Conseil
19 nov 2014

Qu’est ce qu’une maison d’édition ? Comment approcher un éditeur

Les maisons d’édition sont nombreuses sur le marché. Comment travaillent-elles, comment choisissent-elles les manuscrits qu’elles éditent, qu’apportent-elles aux auteurs, comment choisir celle(s) à approcher ? Autant de questions qui se posent à l’auteur au moment de chercher la sienne. Réponses et bons conseils pour savoir à quoi s’attendre et mettre toutes les chances de son côté.
Tout savoir sur les éditeurs pour bien choisir sa maison d'éditionPas si facile de naviguer dans le monde de l'édition... Mieux vaut tout savoir sur les maisons d'édition pour bien approcher les éditeurs

Les maisons d’édition : quelques chiffres clés

Le site du syndicat national des éditeurs (SNE) annonce 10 000 éditeurs en France.
Un chiffre à moduler car parmi eux, seulement une vingtaine de « grandes » maisons d’édition avec 5 000 titres chacune à leur catalogue et environ 5 000 éditeurs ayant moins de 10 titres chacun. Les autres sont des éditeurs particuliers –souvent ponctuels- qui peuvent être des collectivités territoriales, associations…
Le SNE précise qu’environ 1 000 structures d’édition ont une activité d’édition régulière, c’est à dire vivent du livre lui-même. Elles n’ont pas toutes le même fonctionnement, la même organisation, économie, logistique, mais toutes sont des « passeurs de texte » vers les lecteurs.

1. Que fait l’éditeur ?

C’est un chef d’orchestre. À partir d’un manuscrit auquel il croit, l’éditeur déclenche toute la machine de l’édition et la gère de A à Z, c’est à dire du perfectionnement éventuel de l’écriture et du récit jusqu’à la distribution et la vente du livre.
Éditeur, c’est « le plus beau métier du monde » disait la « papesse de l’édition » -comme elle fut souvent qualifiée- Françoise Verny (Grasset, Gallimard, Flammarion) en titre de ses mémoires. Pour l’écrivain, un éditeur c’est le graal, mais déclencher son coup de cœur n’est pas évident.

  • La maison d’édition choisit les ouvrages qu’elle édite.
    Elle publie des œuvres originales sélectionnées parmi les manuscrits qui lui sont adressés, mais aussi des textes qu’elle commande à des auteurs qu’elle choisit et des traductions d’œuvres étrangères. Ce qui réduit encore la place des auteurs peu ou pas encore connus.
    Son premier critère de sélection est que l’ouvrage corresponde à la ligne éditoriale de sa ou de ses collections. La ligne éditoriale, c’est le genre de livres qu’elle édite, ce qui fait sa personnalité, les critères sur lesquels elle a construit son image, sa notoriété et donc sa clientèle (eh oui, les lecteurs sont des clients !). La maison d’édition est une entreprise comme une autre, la création littéraire n’est pas son seul objectif, elle veut aussi vendre donc elle fait du marketing et sa ligne éditoriale en est un des éléments.
  • Lecteurs et comités de lecture font la loi.
    Toutes les maisons d’édition n’ont pas un comité de lecture en tant que tel, mais toutes ont un système de tri à l’arrivée des manuscrits pour écarter ceux qui a priori ne rentrent pas dans leur ligne éditoriale. En général, une deuxième étape de tri est effectuée par les éditeurs de la maison avant de faire lire les manuscrits sélectionnés par des lecteurs.

    Ces lecteurs, rarement intégrés à la maison d’édition, sont généralement payés au manuscrit. Chacun remet une note de lecture à travers une grille d’appréciation (l’action du personnage, la trame de l’histoire, les plus, les moins, etc. selon les maisons d’édition).

    Dans le cas d’un comité de lecture, il peut comprendre cinq à quinze membres lecteurs, parfois plus (chez Gallimard par exemple, 17 membres sont élus à vie). Les membres se réunissent régulièrement et défendent chacun le livre qu’ils aimeraient voir publié. Si le lecteur convainc, une deuxième lecture du livre est effectuée. À l’issue, l’avis favorable est confirmé ou non. Il arrive parfois qu’un éditeur envoie un manuscrit à un confrère qu’il pense plus apte à le publier. Mais ce n’est pas une règle donc il ne faut pas trop compter dessus.

    Qui sont ces lecteurs ? On ne sait pas bien. Quelle est leur légitimité ? On parle de passe droit, de coteries, de cooptation, de recommandations qui mettent certains manuscrits sur le haut de la pile, de lecteurs fils ou fille de…, de journalistes… Face à ces attaques, les éditeurs opposent aujourd’hui un recentrage de leur recrutement basé sur les connaissances que la personne peut avoir du monde de l’édition (anciens éditeurs, critiques, auteurs qui ont déjà été publiés…). Reste qu’ils sont rois et que 99 % des auteurs ne sont pas édités.

  • L’éditeur finance toute la filière d’édition jusqu’à la distribution.
    L’auteur n’a pas à investir d’argent. Une fois qu’il a fini d’écrire son livre, c’est l’éditeur qui prend en charge la correction, la mise en page, l’impression, la promotion, la diffusion et la distribution. Selon sa taille, il dispose de plus ou moins de ressources internes ou fait appel à des professionnels extérieurs pour certaines étapes (correcteur, maquettiste, photographe, illustrateur, documentaliste, attaché de presse…). Il confie à des prestataires extérieurs l’impression et, s’il n’a pas de réseau de distribution propre –ce qui est le cas de la majorité des éditeurs hormis quelques grosses maisons d’édition-, la diffusion (le diffuseur démarche les librairies et circuits de diffusion, et prend les commandes) et la distribution (le distributeur achemine les livres aux points de vente).

  • L’auteur signe un contrat et cède ses droits d’auteur à l’éditeur.
    > Ce contrat fixe le cadre de la collaboration, les domaines d’exploitation dans lesquels les droits sont cédés (édition, traduction et vente à l’étranger, éditions dérivées –illustrée par exemple, adaptation pour les enfants, livre audio…-, adaptation cinématographique…) et le pourcentage de droits que l’auteur percevra sur les ventes du livre.
    > Dans certains cas, l'éditeur peut verser un à-valoir à l'auteur c’est à dire une avance sur les droits qu’il percevra sur les ventes. Les contrats d'édition prévoient la plupart du temps que les à-valoir restent acquis à l'auteur, quoi qu'il arrive.
    > Propriétaire des droits d’auteur, l’éditeur s’engage à ce que le livre soit toujours disponible. Ce qui induit qu’il procède à une réimpression s’il est « épuisé ». Tant que c’est le cas, l’auteur n’est pas libre d’éditer son livre avec un autre éditeur ni dans les domaines dans lesquels il a cédé ses droits.

2. Les avantages clés pour l’auteur qui se fait éditer

Outre la signature de la maison d’édition sur la couverture de son livre qui lui apporte une satisfaction personnelle et une caution professionnelle, l’auteur tire des avantages de sa collaboration avec un éditeur.

  • Un accompagnement pour parfaire son manuscrit
    Un manuscrit est rarement édité tel qu’il a été reçu. Un bon sujet peut nécessiter un travail de style ou de restructuration du récit, une écriture originale peut exiger de renforcer une intrigue… Les auteurs qui ont cette expérience témoignent souvent d’un travail qui peut prendre une année entre la remise du manuscrit et son édition. Pendant tout ce temps, l’écrivain n’est plus seul, il peut échanger, confronter ses idées, en débattre… et forcément il avance et progresse.
  • Une aide éditoriale précieuse
    Une fois le manuscrit terminé, un correcteur assure la correction des fautes de syntaxe, d’orthographe, de ponctuation, des coquilles et des erreurs typographiques. C’est un travail minutieux dont l’auteur est libéré. Une fois le texte mis en page, il le relit sur épreuve.
  • Un produit fini de qualité
    L’auteur signe un bon à tirer qui valide la version finale de la mise en page et de la couverture avant l’impression.
  • Un réseau de distribution
    L’auteur sait à l’avance sur quel réseau de distribution de son livre il peut compter selon l’éditeur choisi.
  • Un cadre de promotion et parfois un dispositif
    Mais quand on n’est pas encore connu, il ne faut pas s’attendre à ce que les attachés de presse vous fassent inviter aux micros des radios nationales et sur les plateaux de télévision. Même si l’auteur profite des contacts de l’éditeur et de sa caution sur sa couverture, il doit faire sa promotion sur le terrain en sollicitant les librairies pour faire des dédicaces et en participant aux salons du livre et événements culturels. Il doit aussi communiquer pour se constituer un réseau à travers un blog et/ou une page Facebook personnelle, intervenir dans les forums de lecteurs… Bref, profiter de la formidable caisse de résonnance offerte aujourd’hui par Internet pour se faire connaître et faire connaître son livre.

3. Comment approcher un éditeur : 3 règles incontournables

 

# Règle n° 1. Ne pas envoyer de manuscrit en dehors de la ligne éditoriale de l’éditeur.

C’est peine perdue d’avance. La ligne éditoriale, c’est le genre des livres que la maison édite habituellement. Il ne viendrait à l’idée d’aucun auteur d’envoyer un conte pour enfants à un éditeur spécialisé dans le roman noir, pourtant des éditeurs de petits ouvrages reçoivent des trilogies, des auteurs adressent des récits de voyage à des maisons d’édition spécialisées dans le roman de science fiction, etc. Même très original, même très bien écrit, vous ne persuaderez aucune maison d’édition de créer une nouvelle collection pour accueillir votre ouvrage. Pourquoi passerait-elle à côté de cette perle rare ? Parce qu’elle n’a pas construit son image sur ce type d’ouvrage, que ses lecteurs ne la connaissent pas pour cette spécialité, et qu’elle n’a donc pas de poids auprès des amateurs du genre.

# Règle n° 2. Consulter les catalogues des maisons d’édition avant d’envoyer votre manuscrit.

C’est le meilleur moyen de vérifier que votre livre a une place de leur catalogue et de ne pas se tromper d’interlocuteur. Pour cela, deux moyens infaillibles : 1. consulter leur site Internet et explorer leurs collections et les ouvrages qu’ils éditent ; 2. se rendre en librairie, demander au libraire un ouvrage dans le style du vôtre et noter les éditeurs qui semblent pouvoir être intéressé. Attention, il ne s’agit pas bien sûr de chercher la même histoire que vous, ce serait le meilleur moyen d’être écarté d’office.

# Règle n° 3. Expliquer dans votre lettre d’accompagnement pourquoi vous avez choisi cette maison d’édition.

Ne pas être conforme à la ligne éditoriale de l’éditeur est le premier motif de refus. Il faut donc en quelques mots persuader l’éditeur ou son lecteur que votre texte est parfaitement adapté au genre, au style, aux sujets dans lesquels il s’est spécialisé.

4. Les différents types de maisons d’édition qui s’offrent aux auteurs

  • Les « grandes » maisons
    Elles reçoivent entre 3 000 et 6 000 manuscrits par an dont peu sont édités. Et elles éditent peu ou pas de premiers romans. Les lettres de refus, les formules type du genre « ne correspond pas à notre ligne éditoriale », l’impression que le manuscrit n’a même pas été lu sont légion et l’auteur doit s’armer de courage et de persévérance.
  • Les petites maisons
    Elles reçoivent moins de manuscrits que les grosses (jusqu’à 5 par jour), mais encore beaucoup plus qu’elles ne peuvent en éditer. Cependant, ces petites structures ont souvent des comités de lecture restreints, c’est parfois même l’éditeur lui-même qui sélectionne les manuscrits qu’il reçoit ce qui donne une petite chance supplémentaire de retenir l’attention avec une idée originale. De plus, elles sont souvent plus audacieuses dans leurs choix éditoriaux.
  • La micro édition 
    Ce sont des micro maisons d’édition qui fonctionnent en micro équipe : l’éditeur et une ou deux personnes souvent bénévoles. Elles sont souvent spécialisées, offrent une chance à des auteurs inconnus ou marginaux qui ne parviennent pas à trouver leur place et assurent la survie de genres peu commerciaux. Le revers de la médaille, c’est qu’elles s’occupent elle-même de la distribution de leurs livres qui est forcément plus confidentielle.
  • Les éditeurs de la première chance 
    Certains petits éditeurs ont choisi de n’éditer que des nouveaux auteurs et des premiers livres. Ils éditent peu d’ouvrages chaque année mais leur spécialité donne une chance supplémentaire aux auteurs de premiers manuscrits. Certains sélectionnent parmi ceux reçus, d’autres font des appels à manuscrits pendant une période donnée.

La maison d’édition, c’est le Graal
Entre temps, il faut se poser d’abord toutes les questions nécessaires avant d’en chercher une.
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Article complet, merci.
Plutôt que des refus, vu la politique des Éditeurs face aux jeunes auteurs, il est préférable de mettre ses énergies ailleurs que, dans un démarchage voué à l'échec. Il est plus probable de se faire repérer par un Editeur, sur le site référence @http://www.monbestseller.com/lecteur/admin-mbs ou les réseaux sociaux. Alors faites entendre la voie du site, Les éditeurs vous observent ... ;-)

Publié le 20 Juin 2016

merci

Publié le 24 Mai 2016
J'ai beaucoup de mal a croire que des "comites de lecteurs" donnent leur avis sur le dernier bouquin de recettes pour maigrir de tel ou telle vedette de la television, ou celui de telle ou tel acteur qui donne ses conseils pour perdre 10 kilos en 10 jours. Or il sont legions ces livres, y compris dans les grandes maisons d'edition. L'autre chose qui me gene un peu, c'est que le nombre d'exemplaires vendus en moyenne, pour un roman se situe aux alentours de 500-1000 si j'en crois les statistiques publiees regulierement. Ca me fait penser que ces comites de lectures ne sont pas la panacee, loin de la. Ca explique en partie que desormais les editeurs gardent un oeil sur les blog qui ont du succes. Un blogueur qui est suivi par 100000 personnes et qui decide de publier une histoire a potentiellement un grand nombre de lecteurs.
Publié le 01 Juin 2015
Merci pour cet article qui fait une très bonne synthèse. J'ai tenté 3 fois l'expérience avec mes 3 romans. Mon dernier "Dénis, non-dits, mensonges, etc." est dans le circuit. Pour l'instant je n'ai toujours eu que des refus par les grandes maisons. La Résolution est édité par Mon Petit Editeur, qui a l'avantage de ne coûter rien à l'auteur, mais qui ne fait aucune promotion du livre et n'est pas distribué en librairie. Quelques sentiments tirés de mon expérience. 1/ Il n'est pas plus facile d'être pris par une petite maison que par une grande. Dans les grandes, parallèlement aux passe-droits, il y a au moins un vrai système de sélection, et donc une petite chance sans copinage. 2/ Il y a une chance supplémentaire pour les auteurs régionaux. Pas mal d'éditeurs trouvent des financements publics locaux. 3/ Contrairement à ce qui a été dit dans un article précédent, les éditeurs ne font pas de veille sur les plate-formes d'auto-édition. 4/ Déjà, ils n'acceptent pas les manuscrits par mail. J'ai toujours pensé que c'était une première sélection par la motivation (vu le prix des envois .. et retours)
Publié le 01 Juin 2015
pol
Merci pour cet article! On ne se rend pas toujours compte de la complexité d'approcher un éditeur. Pas de secret: essayer encore et encore. Enfin c'est ce que je pense.
Publié le 26 Mai 2015
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