Conseil
29 nov 2016

Comment reconnaître et utiliser les figures de style et procédés littéraires. 1/3 : Figures de répétition

Une figure de style, c’est une manière de s’exprimer. C’est tordre le langage traditionnel pour fabriquer des effets, des images, des sonorités, des évocations. Il existe différentes types de figures de style : répétition, analogie, substitution, opposition, atténuation… Ce sont autant de procédés d’écriture qui permettent de rendre ce que l’on veut dire plus expressif en créant un effet de sens ou de sonorité. Pour commencer cette encyclopédie de la figure de style, les figures de répétition.
Tout savoir sur les figures stylistiques de répétition en littératureLa maîtrise des figures de style donne de la grâce, du rythme, du relief... aux écrits

Les figures de répétition

On les appelle aussi figures d’insistance. Elles visent à mettre en relief une description de la réalité et peuvent aussi intervenir dans une argumentation. La répétition peut alors être sémantique ou grammaticale. Ces procédés d’écriture permettent de varier l’intensité du propos.
Anaphore, pléonasme, gradation, parallélisme et répétition sont les figures stylistiques les plus simples. Mais leur pertinence dépend de l’intention du locuteur et du sens général de son énoncé. Mal maîtrisés, ils peuvent apparaître comme des maladresses d’écriture.

> L'anaphore

Une anaphore est la répétition d'un mot, d’un nom ou de plusieurs mots en début de phrase. Elle permet de mettre l’emphase sur une idée, un objet, une personne…
> Son effet littéraire
Elle rythme un énoncé, souligne un mot, une idée, une obsession...
En créant un effet musical, elle donne une dynamique au texte ou renforce une affirmation, un plaidoyer. L’anaphore crée aussi une forme d’urgence.
Figure très courante en poésie, elle place son insistance en début de vers ou de strophe.
> Exemples d’anaphores et citations
A toi, à la façon que tu as d’être à moi / A toi, à nos déboires et à nos joies / A toi…, chantait Joe Dassin.
Je veux, sans que la mort ose me secourir / Toujours aimer, toujours souffrir, toujours mourir, prophétisait Eurydice dans Suréna de Corneille.
Et Corneille encore, exprimant la véhémence de la colère de Camille face à son frère Horace qui venait de tuer son fiancé Curiace : Rome, l’unique objet de mon ressentiment ! / Rome, à qui vient ton bras d’immoler mon amant ! / Rome, qui t’a vu naître, et que ton cœur adore ! / Rome enfin que je hais parce qu’elle t’honore ! 

> Le pléonasme

Il s'agit de l'emploi d'un terme superflu, un enchaînement de plusieurs mots qui ont le même sens. Ce peut être une figure stylistique volontaire ou une maladresse de langage.
> Son effet littéraire
Le pléonasme renforce ou précise une idée. Il la met en relief.
S’il est une précision inutile en termes de compréhension du sens, il permet de raviver le sens ou les qualités d’un mot galvaudé, de donner de l’énergie à une expression, et ainsi créer une image plus forte.
> Exemples de pléonasmes et citations
De nombreuses répétitions redondantes (répétitions pléonastiques) émaillent le langage courant : monter en haut, descendre en bas, sortir dehors…
En littérature :
Je l’ai vu, vous dis-je, de mes propres yeux vu, affirmait Tartuffe (Molière).
… cette horreur qui fait se dresser les cheveux sur la tête et qui glace le sang dans les veines. Télémaque de Fénelon.
Et encore, L’azur bleu de Mallarmé, le frêle esquif de Victor Hugo ou de Lamartine, le pauvre hère de Molière (Le Dépit amoureux), que l'on retrouve aussi chez Beaumarchais (Le Barbier de Séville), Paul Morand (Londres), et jusque dans le Roi Arthur de la série télévisée Kaamelott...
> Le saviez-vous ?
Aujourd’hui est un pléonasme, « hui » signifiant « en ce jour », mais il n’y a pas de mot pour caractériser une expression devenue courante : au jour d’aujourd’hui, si ce n’est qu’il dit trois fois la même chose !

> La gradation

C’est une énumération de mots ou de groupes de mots ordonnés selon leur degré d’intensité de manière croissante (gradation ascendante) ou décroissante (gradation descendante). Dans son mode ascendant, elle aboutit souvent à une hyperbole.
> Son effet littéraire
Aussi considérée comme une figure d’amplification, la gradation ascendante est très employée en littérature. Elle crée un rythme dans la phrase et un effet musical persuasif.
Elle rend saisissante la progressions de l’idée, de la description ou de l’émotion. Elle permet aussi de créer une attente.
Elle peut prendre une tournure ironique selon les termes juxtaposés.
> Exemples de gradations et citations
Va, cours, vole et nous venge. Corneille, Le Cid.
Ah ! Oh ! Je suis blessé, je suis troué, je suis perforé, je suis administré, je suis enterré. Alfred Jarry, Ubu roi.
Moi, quand on m'en fait trop, je correctionne plus : je dynamite, je disperse, je ventile ! dans le film Les Tontons flingueurs, dialogues de Michel Audiard.
C'est un roc ! C'est un pic ! C'est un cap ! / Que dis-je, c'est un cap ? C'est une péninsule ! Edmond Rostand, Cyrano de Bergerac.
> Le saviez-vous ?
La gradation peut aussi être descendante (du terme le plus fort au plus faible) sans minimiser sa force comme l’exprime la loi du Talion : Œil pour œil, dent pour dent.

> Le parallélisme

Cette figure de style utilise une structure syntaxique qui repose sur des éléments symétriques. Elle se fonde donc principalement sur la juxtaposition et la coordination de deux phrases ou de deux vers identiquement construits.
> Son effet littéraire
Cette figure de construction crée un effet d’harmonie ou d’insistance pour convaincre.
> Exemples de parallélismes et citations
Partir pour tout laisser, quitter pour tout abandonner.
Tu dis que tu aimes les fleurs et tu leur coupes la queue, / Tu dis que tu aimes les chiens et tu leur mets une laisse, / Tu dis que tu aimes les oiseaux et tu les mets en cage / … Jean Cocteau.
Et jamais je ne pleure, et jamais je ne ris. Baudelaire, La Beauté / Les Fleurs du mal.
Présente, je vous fuis ; absente je vous trouve. Racine, Phèdre.

> La répétition

Le même mot, ou la même expression, est repris plusieurs fois sans modification. La répétition peut être considérée comme une faute de style, mais elle peut aussi véhiculer et mettre en valeur une idée.
> Son effet littéraire
Elle crée un rythme, et renforce l’idée, la sensation, l’émotion.
> Exemples de répétitions et citations
Jean Giono traduit ainsi la monotonie qui se dégage du paysage : La terre était grise, le blé était gris, le ciel était gris.. 
Et Alexandre Dumas fait durer la chute : En même temps, Dantès se sentit lancé, en effet, dans un vide énorme, traversant les airs comme un oiseau blessé, tombant, tombant toujours avec une épouvante qui lui glaçait le cœur. (Le Comte de Monte-Cristo)

À retrouver :

Les figures d’analogie

Les figures d’amplification et d’atténuation

 

Des conseils fabuleux que je lis tardivement. Une véritable perte pour ceux qui les méconnaissent. "Je vais donc m'atteler à la tâche".

Publié le 20 Juin 2017

Bonsoir,
Pour moi c'est l'histoire, le paragraphe, la phrase... dans leur contenus qui appelle le style et non l'inverse. Il faut pour cela être très attentif à soi quand on écrit, pour ne pas enfermer l'idée, le sentiment, l'émotion, trop vite dans les premiers mots qui nous viennent. Le meilleur est de laisser murir l'histoire en soi un certain temps pour qu'elle nous devienne naturelle et ainsi la mettre en forme se fera tout seul...comme un acteur qui travaille son personnage, de son coté, bien avant de commencer le tournage.

Amicalement.

Publié le 01 Décembre 2016
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