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Le 20 juin 2019

L'écriture : une arme pour lutter contre l'amnésie collective .

La mémoire est "la vocation du romancier" déclare Patrick Modiano. Il juge que le romancier doit combler les pages blanches de l'oubli. Cette présence des écrits de la mémoire a entre autres origines les traumatismes de l'Histoire contemporaine et les séquelles qu'elles ont laissées...
Réfugiés Albanais en Italie en 91Réfugiés Albanais en Italie en 91

 La guerre du Kosovo est une guerre dont on ne parle plus ou si peu… Pourtant cela se passait il y a tout juste deux décennies, autant dire hier… aux portes de l’Europe, à notre porte...
La rébellion des Albanais visant à dénoncer la décision de Slobodan Milosévic d’annexer la province du Kosovo à la Serbie, va déclencher un conflit atroce et meurtrier. 
Guerre indépendantiste qui va dégénérer bientôt en épuration ethnique sous l’égide de Milosevic et quelques monstres sanguinaires…

L’actualité pour la mémoire immédiate

 L’amnésie collective ? Mais de quoi parle-t-on ? Nous ne sommes pas amnésiques, ni indifférents et hermétiques à ce qui se passe dans le monde, loin s’en faut !  
 Sur nos Smartphones, nos tablettes, via internet et la télévision, notre cerveau ingurgite une profusion d’informations tragiques et parfois à la limite de ce qui peut être supportable… Mais il faut rester connecté ! De l’info encore... et toujours !
Oui mais voilà, notre bonne vieille mémoire sature, notre carte est pleine, et aucune possibilité d’en effacer le contenu …
Alors comment faire ?             
L’homme moderne est plein de ressources… Afin de libérer un peu d’espace sur le disque dur de ses souvenirs, il oublie progressivement et méthodiquement les événements passés (même les plus tragiques !) qui ne le concerne pas directement…

 Pourtant la guerre du Kosovo, il l’a vécu… mais par procuration, par reportages interposés… Avec les inévitables correspondants de guerre dépêchés sur place qui l’interpellent au JT de 20h… Et de voir défiler ces hordes de fuyards sales et affamés, ces familles entières terrorisées … Tous ces petites gens traînant avec eux de bien maigres baluchons dans lesquels ils avaient jeté à la hâte quelques effets personnels…
Et ce n’était que le début… Quelques temps plus tard, la découverte de charniers le plonge dans l’horreur la plus absolue… entre la poire et le fromage… !

        Juste après la pub et le bisou du soir aux enfants, il s’installe sur son canapé bien moelleux pour regarder « X Files » avant de rejoindre la douce sécurité de son lit pour une nuit d ‘un sommeil bien mérité…La journée a été épuisante et son boss d’une humeur exécrable !
Ainsi va la vie pour les Européens nantis que nous sommes devenus, enfants de pays riches habitués au confort et à une certaine liberté...
Toute la palette de l’horreur et de la barbarie ayant été décliné, après les reportages sur les « Casques Bleus » qui étaient là pour maintenir la paix... (sic) mais qui n’avaient pas le droit d’intervenir, les journalistes sont partis… Ils ont mis le cap vers d’autres cieux encore plus sombres, n’ayant plus rien de sensationnel à relayer pour faire la Une du JT…

 La littérature pour la mémoire collective

 Et c’est ainsi que les jours et les années passant, notre mémoire s’est peu à peu  assoupie pour finalement s’endormir... et laisser place à une grande amnésie collective…Comme le chantait si bien Léo Ferré : « Avec le temps va… tout s’en va... »
Je faisais donc partie du lot et poursuivais ma route sans me soucier du destin de tous ces gens, les ayant « zapper » de ma mémoire…
Oui mais parfois la « belle endormie » se trouve bousculée et sollicitée par des rencontres émouvantes et inattendues …

Au cours d’un périple de deux semaines en Albanie où mon objectif premier était de découvrir la nature préservée de ce petit pays coincé entre le Kosovo, la Macédoine et la Grèce, j’ai découvert BEAUCOUP plus... J’ai rencontré LES Albanais... L’accueil authentique et extrêmement chaleureux qu’ils réservent aux touristes qui osent braver la vindicte populaire et la mauvaise réputation du pays, m’a laissé sans voix… Car qui n’a jamais entendu parler de la redoutable mafia Albanaise et de ses agissements ?
Eh bien il y a des préjugés qu’il faut savoir dépasser ! Leur gentillesse et leur patience n’ont d’égale que leur générosité et leur convivialité !                                                          

Et lorsqu’ils s’aperçoivent que vous êtes Français, leurs visages s’illuminent d’une fierté sans nom !
On vous réserve toutes les attentions, on vous parle de Napoléon et de Jules Verne, du capitaine Nemo…! C’est un honneur pour eux de faire référence à la culture française.
     Qui l’eût cru ? Je dois bien reconnaître que j’en fut la première surprise ! 
        
Sur le moment je n’ai pas compris cet état de fait. Puis après quelques recherches dans le disque dur de ma mémoire, le puzzle s’est reconstitué lentement.
          
J’ai réalisé qu’eux n’avaient rien « oublié »…
La FRANCE était le pays qui avait mis en place des ponts aériens pour les évacuer de l’horreur et ainsi les arracher aux griffes de l’ennemi Serbe.

La FRANCE, terre d’asile et pays des droits de l’homme, les avaient accueillis et hébergés...  J’avoue avoir été émue aux larmes devant tant de reconnaissance malgré les années écoulées… Et je me suis dit que je devais à mon tour leur rendre hommage et mettre à nouveau en lumière leur singulière et dramatique histoire…

       C’est pourquoi j’ai décidé d’écrire « Le petit lutin de Pristina » qui relate la tragique histoire du peuple Albanais vivant au Kosovo. Destinée d’un petit musulman pris dans la tourmente d’un conflit qui le dépasse. Ecartelé entre son pays et l’amour, il ne veut pas choisir…mais bientôt il est contraint de s’enfuir...  Un périple âpre et éprouvant qui va bouleverser son existence à jamais...

Sylvie Giraud

20 CommentairesAjouter un commentaire

@Sylvie Giraud

Bien sûr Sylvie vous pouvez m'appeler par mon prénom, et nous pourrons échanger encore et encore autour de tribunes ou d'articles, en attendant votre prochain roman.
Il se trouve que j'étais en mission au Kosovo en mars 1981, quand ont eu lieu les premiers massacres, alors que les Kosovars réclamaient le statut de république pour leur pays. Pendant plusieurs mois, j'ai vécu et observé la désintégration de la fédération, et le début des répressions sévères qui ne s'achèveront qu'en 1990. Au cours des semaines et des mois suivants, le Parti communiste, le gouvernement et l'administration locale du Kosovo sont entièrement purgés. À partir de là, l'état de droit n'existait plus et les snipers Albanais et Serbes commencèrent leurs terribles carnages... Les uns soutenus par les pays anticommunistes (dont la France), les autres par le bloc de l'Est. Votre roman a réveillé en moi d’horribles souvenirs, que je ne retrouvais pas dans votre récit. C'est la raison pour laquelle je suis intervenu, maladroitement, pour vous rappeler toute la complexité de l’histoire du Kosovo puisque Serbes et Albanais étaient à la fois bourreaux et victimes... Nous pourrions en parler en privé si vous le souhaitez.

Publié le 29 Juin 2019

@lamish @Catarina Viti @Kroussar @Georges F @Fanny Dumond @Henry Milliard @BernadetteL
Tout d'abord merci à tous d'avoir participé à cette tribune et d'avoir enrichie ce sujet ô combien brûlant de vos commentaires passionnants... et passionnés ! Car oui elle était bien là la passion, le sujet apostrophe c'est certain et on pourrait en discuter longtemps encore en y apportant de nouveaux éléments, de nouveaux points de vue ...
Ce qui en ressort à mes yeux, pour ceux et celles qui ont traversé l'horreur de la guerre, c'est leur légitimité à témoigner, à raconter pour essayer d'exorciser de tels faits et tenter de vivre un tant soi peu en paix...
Quand aux autres auteur(e)s, dont je fais partie (ceux qui ne sont pas historiens...! ) , avec les témoignages (de proches ou d'amis ) et nos incessantes recherches, nous allons tenter avec toute la passion et la détermination qui nous anime de donner vie à une histoire, pour ma part un roman d'aventures, qui va interpeller à sa manière les lecteurs qui voudrons bien s'y attarder...
Belle soirée à tous ! Sylvie
@Kroussar
Cher Jean-claude (si vous me permettez...), après nos échanges un peu musclés, je suis vraiment satisfaite que vous ayez perçu l'importance d'interpeller, action aussi essentielle à mes yeux que le devoir de mémoire !
Je tenais à vous remercier pour vos conseils d'écriture, même si j'ai assez mal perçu sur le moment que vous fassiez le procès de mon livre dans ce qui était ma première tribune et mon premier article...! J"avoue que cela m'a un peu déstabilisée et aussi un peu remontée ! Mais comme je ne suis pas rancunière pour un sou, j'espère que nous aurons d'autres échanges dans une prochaine tribune !
Je vais donc de ce pas me remettre à l'ouvrage ... ;-))
Sylvie

Publié le 28 Juin 2019

@GEORGES F
@FANNY DUMOND

Merci à vous deux, pour avoir su recentrer un débat rendu un peu trop passionnel par mon intervention.

Patricia d'abord, pour avoir perçu ma grande douleur, et pour insister sur le devoir de mémoire qui est important, autant que le devoir d’alerter l’est également.

Georges ensuite, rappelant qu'il n'est nul besoin d'être historien pour conter les drames de la guerre... À condition, bien sûr, de bien connaître à fond le contexte historique constituant l'ossature du récit. Et d'avoir épluché un certain nombre d'ouvrages de référence. De sources fiables comme des journaux. Bref, de s'être bien documenté avant de mettre la main à la pâte.

Car, trop souvent, les auteurs(es) qui prennent en toile de fond les conflits et leurs drames, ne se documentent que trop peu.

Publié le 27 Juin 2019

@Sylvie Giraud
@Kroussar
Bonjour à tous. Je me suis senti interpellé par cet intéressant article sur l'amnésie de la mémoire collective des peuples. Ayant récemment publié un roman historique sur ce site intitulé "LA DIXIÈME CHEVELURE", je me devais d'apporter ma petite contribution sans pour autant m'immiscer dans un débat me poussant à polémiquer (ce que j'abhorre...). Il est vrai que dans cette société moderne et ultra-individualiste dans laquelle nous vivons, le passé collectif des peuples semble, avec l'étiolement des années, être relégué dans les bas-fonds des oubliettes de notre disque dur mémoriel... Pour certains, il n'y a que le présent et le futur qui compte. Quant au passé, il faut dorénavant enseigner aux jeunes une version "javelisée" de l'histoire. Fade,fade, fade... Totalement épurée de tous les éléments conflictuels qui la constituent (guerres etc...) Comme si les conflits, aussi violents et sanguinaires qu'ils le furent, ne permettent pas d'actualiser et de bien saisir dans tous ces pans l'évolution actuelle de toute société. Cette façon de voir les choses est déplorable. Pour moi,c'est une forme de censure que de fermer les yeux d'une manière sélective sur des éléments du passé. Dans l'enseignement, cette tendance s'observe malheureusement pour le Québec, où j'habite. Et plus les guerres sont anciennes, plus elles sont ignorées et écartées de nos mémoires. Surtout quand elles ont laissé de profondes cicatrices. Refaire surgir le passé... C'est pour cette raison que je me suis lancé dans l'écriture de mon propre roman qui se déroule pendant la guerre de sept ans (1756-1763) en Nouvelle-France. Enfin, étant moi-même historien, je ne crois pas qu'il soit nécessaire de détenir une telle formation pour se lancer dans la rédaction d'une oeuvre de fiction historique. Quelqu'un d'autodidacte peut fort bien se lancer dans cette aventure, si la PASSION y est... Ce qui est l'ingrédient essentiel au même titre que la maîtrise de l'écriture. A condition, bien sûr, de bien connaître à fond le contexte historique constituant l'ossature du récit. Et d'avoir épluché un certain nombre d'ouvrages de références. De sources fiables comme des journaux. Bref, de s'être bien documenté avant de mettre la main à la pâte. Mais la PASSION pour le sujet qui nous motive est le moteur de tout. Cordialement

Publié le 25 Juin 2019

Bonjour à toutes et à tous. Je me permets de participer à ce débat pour partager avec vous. Grosse lectrice, j’en ai tant et tant lu de ces œuvres romanesques sur fond de guerres et de conflits mondiaux (anciens et plus récents) qui m’ont instruite dans le sens que j’en ignorais certains (hélas si nombreux sur notre terre). Entre autres, j’ai lu les témoignages de C. Bernadac sur l’holocauste et « l’enfant de la rizière rouge » de Sor Sisavang sur les atrocités commises par les kmers rouges. Ces témoignages ont un impact très fort en moi car je lis du vécu. Outre le fait que ces lectures me sortent de mon ignorance, elles me font relativiser mes petits soucis quotidiens de petite française ! Puis, en bonne curieuse que je suis du monde qui m’entoure, je vais à la pêche aux informations. @Kroussar (Jean-Claude), je vais vous dire avec mes mots : je comprends parfaitement votre tristesse, votre immense chagrin qui vous habite encore, vous qui avez vécu ce conflit dans votre corps et dans votre âme et votre besoin de dire que le roman de Sylvie Giraud ne vous satisfait pas. C’est tellement légitime et je vous remercie d’avoir éveillé ma curiosité sur le conflit des Balkans que, je l’avoue, je n’ai pas trop suivi à l’époque n’en comprenant pas la genèse et aussi par manque de temps pour approfondir (je travaillais). Le citoyen lambda comprenait-il cette guerre à nos portes. Il craignait surtout qu’il embrase le continent européen. Nous sommes là, devant nos écrans et nous gobons les infos en nous désolant. @Sylvie Giraud ayant des soucis oculaires, je lis très peu sur écran et, de fait, je suis désolée de n’avoir pu lire votre ouvrage dans lequel, comme chacun de nous, vous avez laissé vos tripes et votre cœur. Je vous souhaite de nombreuses lectures de votre roman d’aventures et la bienvenue sur MBS. Finalement, si j’interviens sur ce sujet c’est pour dire que le devoir de mémoire est important et que le devoir d’alerter l’est tout autant. Je pense que peu nombreux sont celles et ceux qui ont connaissance de ce qui se passe depuis de nombreuses années au Yémen pays oublié, pays dévasté qui connaît la plus grande catastrophe humanitaire récente. L’an dernier, Haissama mon petit-fils de cœur, adopté en tant que tel (rencontré sur ce site. Oui, je fais de très belles rencontres ici), jeune Djiboutien de 21 ans m’a envoyé le magnifique poème qu’il avait écrit un soir avant d’aller se coucher sur le calvaire des Yéménites. Quelle n’a pas été ma gêne de lui avouer que je n’étais au courant de rien (peut-être ceux qui lisent la presse le sont et je pense qu'ils sont une minorité !). Il m’a dit son amertume et sa profonde tristesse de constater que ce terrible conflit est ignoré des Occidentaux. Je ne suis pas scotchée 24 heures sur 24 devant ma télé, mais une seule fois j’ai vu un reportage d’à peine une minute sur la famine que subit ce pays. Pourquoi nous laisse-t-on dans l’ignorance ? Outrée que je fus ce matin, j’ai écouté dans un débat sur la canicule, un homme disant qu’on ne parle que de ce phénomène depuis des jours parce qu’il n’y avait pas d’autres faits d’actualité importants en ce moment !!! Je vous laisse apprécier. Pour fuir devant les bombes de l’Arabie saoudite, les Yéménites traversent la mer rouge sur des embarcations de fortune à leurs risques et périls (l’image de la tribune m’a interpellée). Nombreux sont ceux qui y laissent leur vie et leurs cadavres se retrouvent par dizaines sur les côtes djiboutiennes. Les rescapés errent et traînent leur souffrance et leur misère dans les rues de cette toute petite République de la corne de l’Afrique (où règne un semblant de démocratie). Ce qui est remarquable, c’est que les jeunes de ce pays sont de plus en plus nombreux à dénoncer et à alerter sur les réseaux sociaux (parfois au péril de leur vie). Je remercie Haissama qui a su dire la souffrance de ce peuple martyrisé et je loue son courage (pour lui c’est un devoir, il continue d’écrire) de prendre fait et cause pour ce peuple à bout de souffle ainsi que pour son si beau pays. Aussi, j’ai foi en la jeunesse bien trop souvent vilipendée. Je termine en vous remerciant pour ce partage. Patricia

Publié le 25 Juin 2019

@Kroussar, @Sylvie Giraud
Sur ce thème : est-ce l'expérience qui fait l'écrivain, il y a une jolie tribune qui pose exactement cette question. Cette tribune commence par une citation de Bataille : "j’ai toujours mis dans mes écrits toute ma vie et toute ma personne". Ensuite, il faut lire le développement de cette idée ici :
http://pierre-jourde.blogs.nouvelobs.com/archive/2016/09/03/est-ce-l-experience-qui-fait-l-ecrivain-590113.html
Si ça ne répond pas à la question définitivement, cela montre que cette question du vécu ou du non vécu reste ouverte en littérature.
Cordialement
HM

Publié le 25 Juin 2019

OUI, le site monBestSeller est un lieu de partage, d'échanges, d'entraide et de conseils, qui accueille les écrivains en herbe ou confirmés. C'est d'ailleurs la force de ce site, qui le rend unique dans son genre.
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OUI, L'ÉCRITURE EST UNE ARME CONTRE L'OUBLIE ! Mais pas contre l'amnésie générale. Ceux qui ont vécu un drame mettent des années à surmonter leurs traumatismes, restent longtemps silencieux, saignent dans leur cœur lorsque les mêmes drames se reproduisent encore et encore, mais ne sont pas amnésiques. Il faut juste leur laisser le temps de guérir. Puis, certains d'entre eux prennent la plume, se lancent dans une écriture salvatrice qui leur permet d'évacuer les vieux démons et fantômes qui hantent leurs nuits...
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OUI, il faut avoir vécu un drame, directement ou indirectement, pour pouvoir en parler. Avoir enduré ou partagé la souffrance d'un être qui nous est cher permet de mieux la partager.
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OUI, pour écrire un roman ayant pour cadre les fracas de la guerre, on se doit d'être HISTORIEN, ou de les avoir vécus. Le fait de classer son roman dans le genre aventure ne dispense pas son auteur(e) de faire l'impasse sur ce point. Car en déformant la réalité, en la décrivant de manière sommaire et approximative, l'auteur(e) rend confuse l'histoire d'un pays, et propage de mauvaises informations. Même si l'intention première est louable, elle ne peut pas être accepter. D'ailleurs, un autre roman publié sur ce site "Feux Follets", ayant pour cadre un camp de réfugiés sur la frontière Khmère-Thaïlande durant la guerre au Cambodge, m'avait fait bondir, hurler, tant la vérité y était déformée.
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OUI, le devoir de mémoire est important et permet de ne pas oublier les drames du passé. Mais, La Guerre, et les dégâts collatéraux, la honteuse géopolitique qui se cache derrière, les manipulations des médias aux ordres des puissants, rendent trop complexe, voire impossible, l'écriture d'un tel roman si on ne l'a pas vécue, si on n'a pas été meurtri dans sa chair et dans son cœur. Même l'historien reste prudent et prend beaucoup de précautions pour évoquer les tragiques destins des victimes.
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Lorsque vous aurez souffert, tout comme moi, des drames de la guerre, vous comprendrez que l'on ne peut pas imaginer ce genre d'histoire par respect envers ceux qui l'ont subi. Il se trouve aussi que l'un de mes amis, aujourd'hui disparu, était Albanais natif du Kosovo...

Publié le 25 Juin 2019

Je suis d'accord avec vous. Notre mémoire n'a pas une capacité d'extension illimitée Mais vous avez raison, celle ci a été oubliée un peu rapidement.
Et pourtant cette guerre est particulière, on a vu le monde chrétien voler au secours du monde musulman,( je ne sais pas s'il ya des précédents) ; et en dépit des abominables massacres, son enjeu géo-politique était finalement relatif (On a retrouvé les situations d'avant guerre... avec des nations confettis)... Peut être est-ce pour cela que nos mémoires sont plus courtes. sur certains évènements que d'autres.

Publié le 24 Juin 2019

@Lamish Merci Michèle d'ajouter une touche de douceur à cette tribune et de faire preuve d'indulgence à mon égard, ce qui n'est visiblement pas le cas de Monsieur kroussar !
J'aimerai que ce site reste un lieu d'échange, tout en respectant les particularités de chacun. Je ne suis pas historienne, je suis seulement un auteur amateur qui ne demande qu'à partager et se faire aider sans pour autant se sentir agressée et dépréciée de la sorte !
Sylvie

Publié le 24 Juin 2019

@Kroussar Je suis désolée que la fiction à la "sauce Giraud" (comme vous me le dites si bien) ne vous ai pas plu mais je l'ai rédigé avec mon cœur et mes tripes ! Et je n'ai eu à ce jour la prétention de croire que mon livre était une référence en la matière ! C'est un premier roman avec ses imperfections, à retravailler sans aucun doute, j'en suis tout à fait consciente !
Pourtant il me semblait que ce site était accessible aux amateurs car comme vous pouvez le constater je n'ai rien à vendre... seulement du partage...
Et le but de cette tribune ( qui n'a pas pour fonction première de faire le procès de mon livre ), était de débattre du sujet : " L'écriture ; une arme pour lutter contre l'amnésie collective. "
J'ai voulu interpeller sur le sujet en y incluant volontairement quelques clichés qui ont visiblement provoqués leur petit effet !
J'ai souhaité écrire cet article pour échanger avec les lecteurs et auteurs de MONBESTSELLER sans pour autant me faire agresser de la sorte ! Vous avez votre vision des évènements, moi j'ai la mienne, gardons chacun notre singularité voulez vous ?
Et pour info je n'ai pas classé ma fiction dans "roman historique" mais "roman d'aventure". Pas plus que je n'ai cherché à culpabiliser les Européens, chacun s'arrangera avec sa propre histoire et sa conscience ! La mienne est en paix…

Sylvie

Publié le 24 Juin 2019

@Kroussar Eh bien mon ami, tu as mangé du lion ;-) ? J'ai lu le roman de Sylvie, l'ai commenté en signalant effectivement quelques points à vérifier dans la forme, ce qui est le cas des deux-tiers d'entre nous, lorsque nous proposons en ligne un premier bébé dans l'intention de le partager et de recevoir des avis en vue de l'améliorer. Ce roman est classé dans la catégorie aventure, ce qui laisse entendre qu'il ne s'agit ni d'un témoignage, ni d'un roman historique. Alors, je te le demande, faut-il avoir vécu son récit, comme ce fut ton cas, ou être historien pour choisir comme lieu géographique une zone de conflit ? Et si ce roman interpelle les lecteurs, n'est-ce pas l'essentiel ? Ça m'a fait bizarre de lire ce commentaire de toi, car il ne te ressemble pas. Cela ne m'empêche pas de t'embrasser, ainsi que tes deux apsaras. Michèle

Publié le 24 Juin 2019

Par votre article, vous avez voulu nous interpeller, nous culpabiliser même, en nous laissant croire que vous aviez fait un devoir de mémoire, qu'il était important pour vous de témoigner. Peut-être !
/n
Alors, cela a relancé ma curiosité, et j'ai voulu finir votre roman, commencé en janvier dernier.
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Vous nous dîtes qu'au cours d’un périple de deux semaines en Albanie, vous avez découvert son histoire. Puis, vous vous êtes probablement documenté, renseigné auprès d'émigrés. Enfin vous avez inventé une fiction à la sauce Giraud. Une fiction qui s’éloigne parfois de la réalité au fil des pages. Une fiction, que l'on pourrait transposer dans n'importe pays en guerre, en changeant les noms des personnages et des lieux.
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Car l’histoire des Balkans est très complexe. Complexe de par la diversité des peuples qui les composent. Complexe de par son histoire, puisqu'il faut remonter jusqu'au XIV ème siècle pour bien la comprendre. L’histoire des Albanais ne se résume pas à la période que vous avez décrite. Et de nombreuses puissances étrangères sont à l'origine de leurs malheurs. Pendant plusieurs siècles, les grandes puissances ont décidé du sort des Albanais, les forçant à migrer, morcelant le pays, leur interdisant de parler leur langue...

Les tensions entre Serbes et Albanais ont de profondes racines historiques. Les rivalités régionales entre orthodoxes et musulmans ont exacerbé les sentiments. De même, le nombre relativement important de fonctionnaires albanais dans l'administration ottomane ont amené les Serbes à les considérer comme des oppresseurs au même titre que les Turcs, jadis.
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Alors, j'aurais aimé que vous nous racontiez avec force, ce qu'avaient ressenti les Albanais du Kosovo, insister sur les drames, lorsqu'ils furent contraints à l'exode, condamnés à l'exil. Eux qui étaient implantés très majoritairement dans ce pays depuis plus de cinq siècles, les Serbes ne représentant qu'un faible pourcentage de la population (inférieur à 15%). Eux qui ont subi les pires outrages, parce que les Serbes voulurent reconquérir le berceau de leur civilisation, perdu au cours du Moyen Âge. À cette époque, jusqu'à la défaite des chrétiens balkaniques, face aux armées ottomanes, en 1389, à Kosovo Polje, la région du Kosovo formait le cœur de l'Église orthodoxe et du royaume Serbe. Cette défaite marqua le début de la domination ottomane dans la région. Dès lors, les Serbes n'ont eu de cesse de reconquérir le Kosovo et de chasser les musulmans hors du territoire. Et les événements de 1991, ne sont que les dernières parties visibles de toutes leurs exactions.
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Ce récit imaginaire, basé sur quelques éléments réels, reflète peu ce qu'on subit les Albanais. Elle répète, malheureusement, ce cri de douleur trop connu. Celui qui résonne au bruit de l’horreur qu'engendrent les révolutions et les guerres, avec son lot de bestialité haineuse, et d'amours brisés...
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Malgré tout, votre récit, après beaucoup de corrections, fera une belle romance sur fond de conflit qui, même si elle est imparfaite, a été motivée par de bonnes intentions. Mais, s'il vous plaît, ne considérez pas votre roman comme une référence, qui pourrait éveiller la conscience de l'homo erectus aux drames du monde, car il ne vous a pas attendu pour cela !
/n
PS : Vous avez opté pour un style descriptif débridé, cassant la force de l'action et des émotions. Elles sont trop souvent noyées, diluées, dans un flot de détails empêchant l'imagination et, surtout, l’empathie du lecteur. L'émotion brutale n'est pas au rendez-vous, alors qu'elle aurait dû être la force de votre roman. Et puis, l'épilogue est déroutant, puisqu'il donne l'impression qu'Ismet existe réellement ! Alors, si c'est le cas je vous encourage à relire avec lui votre récit, revoir tous les passages qui traînent en longueur, mettre plus en valeur la force de ses sentiments et de ses émotions.

Publié le 24 Juin 2019

@lamish Bonsoir Michèle. Je suis heureuse que vous ayez apprécié mon billet . J'ai lu avec beaucoup d'intérêt vos deux commentaires qui me conforte dans ma décision de continuer à écrire et à témoigner sur des conflits parfois oubliés ou méconnus du grand public.
Les gens qui choisissent de lire mon roman font la démarche de se souvenir... En toute connaissance de cause ils s'approprient à nouveau une époque, un pays et leurs habitants. Ils acceptent de partager avec eux leur tragique destin…
Peut-être bien que cette lecture changera la vision qu'ils entretenaient jusqu'alors sur les réfugiés, et leur méfiance ou leur mépris se changera progressivement en compassion et en compréhension, entrainant peut-être des actes de solidarité ...
En faisant l'effort d'ouvrir un livre témoignage, les lecteurs vont eux même à la recherche de l'information . Ce n'est plus un matraquage subi, ce qui à mon avis change considérablement la donne !
Je suis peut-être un peu utopiste me direz vous? Mais comme vous j'ai encore foi en la jeune génération et en l'avenir, donc je vais persister dans ma démarche !

Amicalement,
Sylvie

Publié le 23 Juin 2019

@Catarina Viti Bonjour Catarina ! Je voulais vous préciser que si j'ai utilisé quelques clichés afin de démontrer que l'amnésie collective est une réalité ( pour les individus qui ne sont pas reliés moralement ou physiquement aux drames passés tels que les guerres, les massacres liés à l'épuration ethnique, les attentats et j'en passe... ), ce n'était en aucun cas pour RENIER toutes les autres personnes dont la vie à été bouleversé à jamais par de tel drame ! Je comprends tout à fait que vous ne puissiez oublier cette guerre qui a bouleversé à jamais votre enfance et votre destinée ! Votre rapport à la guerre est forcément devenu passionnel ! Car moi, contrairement à vous il semblerai, je rencontre de nombreuses personnes qui semblent indifférentes à ce qui se passe dans le monde et cela me laisse souvent perplexe... Tout y est presque devenu banal...Cette profusion d'images et d'infos sature notre mémoire et également nos affects... Et je ne crois pas qu'il soit à la mode de se sentir coupable, je pense au contraire, que malheureusement c'est souvent l'indifférence qui prime ...Pour ce qui est de l'image des Européens nantis que nous sommes devenus, nous le sommes forcément vis à vis de tous ces gens qui ont fuis leur pays pour sauver leur peau...Même si pour de nombreuses raisons, nous pensons vivre modestement (ex: les smicards, les chômeurs), notre vie sera toujours plus douce dans un pays en paix... Merci pour votre commentaire Catarina. Belle soirée ! Sylvie

Publié le 22 Juin 2019

@Kroussar Il me semblait important de préciser ma démarche d'écriture et de témoigner, d'évoquer à nouveau ces faits réels et atroces, parler de l'épuration ethnique afin de faire prendre conscience aux personnes non concernées, de la monstruosité de la chose... Réveiller les mémoires endormies et raviver leurs consciences afin qu'à l'avenir ils fassent preuve de plus de tolérance...
Il faut savoir garder l'espoir que l'on porte à l'humanité... n'est ce pas ? Même si parfois on s'octroie le droit d'être quelque peu dubitatif !

Publié le 22 Juin 2019

@Sylvie Giraud @Kroussar @Catarina Viti A mes yeux, il n’est pas nécessaire d’intégrer l’ensemble des horreurs perpétrées sur notre planète pour s’éveiller, tant nous assistons à une macabre répétition. Haineux, fanatisé, l’humain manque singulièrement d’originalité.
La prise de conscience culpabilisante, Dutronc la chantait déjà en 66, et deux générations ont dû vivre avec. L’attitude la plus aisée consistant à banaliser, à se considérer impuissant et à se retrancher derrière nos propres problèmes, sans réaliser que nous faisons fi de l’importance de notre contribution à une forme de conscience collective qui elle, pourtant, n’est pas impuissante.
Depuis, nous avons essuyé les plâtres, même si certains n’ont pas fini leur travail, mais les nouvelles générations, dans une grande majorité, ont une nette longueur d’avance sur nous. Cela me réjouit et renforce ma confiance en l’avenir.
La toile a énormément changé la donne en élargissant les horizons.
Dans un effet miroir, la prise de conscience qu'ont vécue les élèves d'Erin Gruwell en lisant le journal d'une jeune-fille de leur âge, déportée et assassinée, les a renvoyés à leur propre haine. Elle les a amenés à modifier radicalement leur comportement.
C’est là que le rôle des journalistes, des auteurs, des cinéastes… prend toute sa valeur. Interpeller, motiver. Nous avons également un rôle à jouer pour que cessent les conflits, quels qu’ils soient, en relayant leur travail, en se montrant solidaires de leurs prises de risques, autant que nous le pouvons.
De nos jours, cette prise de conscience est facilitée. Nous pouvons nous informer via des circuits parallèles qui permettent de contourner une information amputée, orientée, visant à nous lobotomiser pour mieux nous manipuler. Ces circuits se multiplient. Il nous incombe de faire un tri, bien sûr, puis de les relayer plutôt que de perdre notre temps en critiquant une info grand public immuable.
Elle est également possible grâce à des auteurs qui écrivent pour une cause et n’ont de velléités d’éditions que pour mieux la défendre. Je n’aurai de cesse de les féliciter d’oser encore, même si notre monde donne trop souvent l’impression d’être sourd, même si dans un phénomène de saturation, ils sont parfois pastichés ou mal accueillis. De ne pas céder, selon les cas, à la mode, à la peur, à l’indifférence, à la facilité, au découragement ou au fatalisme ambiant.
Amicalement,
Michèle

Publié le 22 Juin 2019

@Catarina Viti, voilà une belle analyse, qui me réconforte sur la capacité de l’humain à ne pas oublier, mais aussi sur le devoir d'écriture de ceux qui ont vécu des guerres et de révéler la vérité. Car jamais celle-ci n'est révélée au vulgum pecus . Honoré de Balzac, dans « les illusions perdues », avait raison d'affirmer : il y a toujours deux histoires : L’histoire officielle, menteuse ; L'histoire secrète, où sont les véritables causes des événements. Rares sont les reporters de guerres qui ont pu dire la vérité, trop souvent muselés à leur retour. Les grands de ce monde, les intouchables, n'aiment que l'on s'occupe de leurs affaires.

Publié le 21 Juin 2019

Pour en revenir à votre article, il y a quelques éléments sur lesquels j’aimerais ouvrir quelques courtes parenthèses.
Je ne pense pas que le genre humain souffre d’amnésie, mais il est vrai que s’il opte pour l’info en continue sa mémoire sature. D’autant qu’on peut facilement découvrir en l’analysant un peu que le « journal de 20h » n’est pas spécialement étudié pour qu’on puisse le synthétiser et en stocker la synthèse dans notre mémoire à long terme.
De la même manière que l’info en continu sature la mémoire, elle a aussi pour effet de saturer les affects. Comment un individu pourrait-il être en empathie avec tous les drames de l’humanité (ou plutôt : avec l’infime-infime partie qu’on lui distille) ?
Alors, plutôt que faire le procès du citoyen (être humain limité biologiquement), il serait préférable, je crois, de faire le procès de la « politique d’information », véritable arme de formatage de la pensée.
La culpabilisation systématique est à la mode : on culpabilise le citoyen de s’informer entre la poire et le fromage (salopard qui a encore à bouffer et qui, de plus, a même dû consommer de la viande animale et des produits importés), d’avoir un canapé moelleux (comble du mépris envers l’humanité souffrante), de regarder des conneries à la télé, d’être en sécurité dans son lit ; on lui reprochera même de dormir, de feindre la fatigue après une journée de travail (de quoi se plaint-il ce pauvre demeuré ? Il n’a qu’à aller bosser au Pakistan), d’être assez nul ou lâche devant son boss et tous les misérables petits tracas de sa vie pépère. Je ne sais pas si cela décrit la vie de l’Européen, mais depuis ma petite expérience, je parie mille fois que non.
Je ne pense pas que l’Européen moyen s’endorme en faisant de jolis rêves, et compte sur Morphée pour lui offrir l’amnésie.
Et je ne crois pas non plus que le temps passe et que la mémoire se soit endormie. Je crois au contraire qu’elle est là, bien là et qu’elle nous travaille.
Je crois aussi que la guerre n’a jamais cessé. Depuis des millénaires elle continue, c’est elle toujours, elle change de visage, elle change de nom ou d’endroit, mais elle est toujours là. Du coup, nous pourrions apprendre à en parler autrement qu’en terme de « c’est affreux ». Et chacun d’entre nous porte une guerre dans sa mémoire. Celle que nous avons vécue « en vrai » ou en imagination. Moi, je porte la guerre du Vietnam depuis mon enfance. Elle ne s’enlève pas de ma mémoire, elle est gravée à jamais. Rien, aucune cure de sommeil et aucun événement tragique de ma vie n’a pu en effacer les images. Et je sais qu’il en va de même pour tous les gens que je connais. On a chacun sa guerre. On a tous une guerre. Certains en ont même plusieurs. De la même manière que nous avons un « soldat inconnu », nous devrions avoir une « guerre inconnue », celle qui nous poursuit depuis l’aube de notre Histoire et qui résulte probablement du conflit intérieur personnel que nous entretenons dès notre plus jeune âge. Ce n’est pas Platon qui a dit « Seuls les morts on vu la fin de la guerre » mais quelqu’un qui parlait en connaissance.
Merci pour votre article qui m’a un peu remontée, j’ai l’impression !

Publié le 21 Juin 2019

@Sylvie Giraud Votre tribune m'évoque un film visionné tout récemment, "Ecrire pour exister", inspiré du livre "The Freedom Writers Diary", écrit par Erin Gruwell et ses élèves, élèves difficiles opposés par une violente guerre de gangs. Suite à la circulation dans son cours d'une caricature raciste, elle embraye sur l'holocauste, que tous ignorent ou presque, et c'est au travers de la lecture du journal d'Anne Frank, entre autres, qu'elle arrive à les interpeller et provoquer le miracle.
J'ai lu ici et ailleurs de très belles œuvres qui, en plus du devoir de mémoire, informent au delà de tout ce qu'ont pu relater les médias au moment des faits. Des œuvres qui supposent un énorme travail de recherches, de nombreuses investigations. Une prise de risque parfois, comme dans le cas du magnifique roman de notre ami @Kroussar. Un travail que certains auteurs ont vu récompensé en étant nominés au Prix Concours organisé par MBS, comme celui de Nadav Gouriel (Les rebelles du XXème siècle) et, plus récemment, de Jean-Noël Cadoux (Cottage des dunes).
Merci pour ce billet passionnant qui interpelle et rappelle que si nous ne pouvons que nous horrifier, nous lamenter, nous insurger face aux horreurs vécues trop souvent dans l’indifférence générale. Les écrire, les mettre en image, sont les armes les plus efficaces pour réveiller les consciences et soigner l’humanité de sa confortable amnésie. Amicalement, Michèle

Publié le 21 Juin 2019

@Sylvie Giraud Merci pour ce bel article.
/n
OUI ! La mémoire est "la vocation du romancier". Plusieurs auteurs de ce site ont publié de magnifiques romans historiques, basés sur des faits réels et parfois vécus.
/n
Comme vous, chère Sylvie, j'ai comblé les pages blanches de l'oubli, crié que la France, terre d’asile et pays des droits de l’homme, avaient par son passé commis trop de crimes et laissé trop de plaies non encore cicatrisées. En particulier, en ayant contribué au chaos du Cambodge de 1968 à 1991, dans le plus grand secret. Souvent, nos romans décrivent des pans d’histoire que le politiquement correct censure.

Publié le 21 Juin 2019