Interview
Le 04 oct 2019

Sélection septembre Prix Concours monBestSeller "La vie est belle" de Josef Reyskeed

Sélection de septembre au Prix Concours monBestSeller avec "La vie est belle", Josef Reyskeed répond sans se cacher derrière son nez de clown aux questions que nous lui avons posées. A lire l’un et l’autre (son roman et son interview)
La vie est belle de Josef ReyskeedLa vie est belle
Question: 

Josef Reyskeed, votre photo de profil est vraiment très... spéciale ! Un petit mot d’explication pour les lecteurs de monBestSeller à qui elle aurait fait trop peur pour commencer – ou commenter – votre roman ?

Réponse: 

Josef Reyskeed. Il est vrai qu’un clown ne laisse jamais indifférent, il nous reconnecte à l’enfant que l’on a été, c’est un miroir dans lequel se réfléchissent de nombreuses émotions. Je peux comprendre que ma photo de profil puisse surprendre, mais faire peur ? Ah oui ? C’était pourtant juste pour rire.
Je l’ai choisi avant tout par humilité, pour ne pas trop me prendre au sérieux. Peut-être suis-je plus à l’aise derrière mon nez rouge…

Question: 

"La vie est belle", c’est une double histoire où les vies du personnage du roman et celle de l’auteur se croisent un peu. D’où cette histoire vous est-elle venue ?

Réponse: 

C’est avant tout l’histoire d’un ressenti. Ce que je percevais parfois en écrivant m’a considérablement orienté. Au commencement… je racontais une autre histoire (non pas celle du verbe), celle de Max et cette… « Schizophrénie » a émergé par l’incarnation de mon rôle d’auteur en personnage, si je puis dire. Les doutes, les projections, les sensations que je croisais au détour d’une page ou d’une ligne… accouchèrent de cette double histoire.

Ecrire est une opération à cœur ouvert, une déclaration d’amour.
Question: 

C’est un premier roman. C’est donc (un peu) autobiographique ?

Réponse: 

Ecrire est-il un acte délibéré ? Pas toujours me semble-t-il. C’est une incitation à l’ébauche de soi. Une proclamation, une expiration, une opération à cœur ouvert… Une déclaration d’amour. Alors ? Serait-ce autobiographique ?... Oui en quelque sorte.

"La vie est belle" de Franck Capra
Question: 

Le titre de votre roman est très "feel good". L’article du "livre le +" que vous a consacré monBestSeller demandait si feel good rimait avec happy end ? Qu’en dîtes-vous ?

Réponse: 

Si j’ai bien compris ce que la catégorie littéraire « feel good » veut dire, je pense qu’en effet cela rime évidemment avec Happy end, le feel good tente de faire oublier le quotidien par distillations de doses de légèreté, la chute se doit donc d’être douce et agréable. Je ne sais pas si « La vie est belle » fait partie de cette catégorie, parce que la vie des personnages n’est pas aussi belle qu’elle n’y parait dans le titre. Toutefois, si par feel good, vous entendez : espoir,  perfectibilité de l’être humain, humanité, fraternité, amour, alors peut-être que je me laisserais faire… En attendant, je laisse aux lecteurs le choix de s’en faire une idée.

Ecrire, pour moi, relève plus de l’expérience sensorielle que d’un exercice intellectuel.
Question: 

Vous êtes clown (à vos heures perdues). Etes-vous (donc) un auteur "feel good" !?

Réponse: 

Le clown peut être triste, déçu, en colère… J’ai l’impression que la catégorie « feel good » est dans l’air du temps, je ne suis donc pas dans l’air du temps ☺ sauf si… (voir plus haut).
Je ne pense pas être un auteur feel good (ça reste à démontrer donc). Je me suis aperçu qu’écrire, pour moi, relève plus de l’expérience sensorielle que d’un exercice intellectuel. J’écris comme je joue, avec les émotions présentes au creux de mon ventre. Parfois ce n’est ni joyeux ni léger.

Josef Reyskeed
Question: 

Vous écrivez un roman illustré pour la jeunesse, ainsi que des nouvelles par-ci par-là. Y a t-il un lien entre ces différents exercices littéraires ? Un auteur a t-il un "genre" littéraire ?

Réponse: 

Je m’aperçois que peu à peu un lien s’est tissé dans les entrelacs de mes écrits en effet. Je pense que de façon récurrente mes personnages sont guidés par une quête, celle de faire de son mieux pour parvenir à atteindre l’inaccessible étoile. Ce n’est pas un genre littéraire me direz-vous. Un auteur peut être tenté par différents genres, il conserve néanmoins sa couleur me semble-t-il.

Ce roman est resté longtemps dans le placard de mes doutes avant de voir le jour. J’ai dû lutter contre les relents de l’illégitimité.
Question: 

Vous avez reçu de nombreux commentaires élogieux. Evidemment très encourageants pour un auteur en herbe. Vous vous attendiez à ce succès en publiant "La vie est belle" ici ?

Réponse: 

Ce roman est resté longtemps dans le placard de mes doutes avant de voir le jour. J’ai dû lutter contre les relents de l’illégitimité. Par conséquent cette mise en lumière aujourd’hui, est une savoureuse surprise et un réel souffle de liberté.

Question: 

Un des commentaires dit que vous êtes assurément un auteur à suivre… Vous avez un deuxième roman en préparation ?

Réponse: 

Je suis très flatté par cette remarque et cette expérience relance mon enthousiasme.
Je viens de terminer un roman jeunesse que ma fille va illustrer, toutes les planches ne sont pas encore réalisées, je pense publier le texte sur mBS pour avoir des retours. J’ai deux autres projets qui cheminent. Un petit recueil de nouvelles pour la jeunesse avec pour chaque nouvelle un thème sociétal, j’ai également commencé un roman noir, avec, sur fond d’enquête de police, la difficulté morbide d’exister dans sa différence.

Question: 

On dit qu’on écrit ce qu’on aime lire. Quel lecteur êtes-vous ?

Réponse: 

J’ai délaissé les thrillers pour orienter, depuis quelques années, mes choix vers des romans sociétaux, contemporains ou encore urbains. Mes auteurs de prédilection sont Virginie Despentes, Charles Bukowski, Nicolas Mathieu, Michel Houellebecq, Alexis Jenni, Alice zeniter…
J’aime les gueules cassées par la vie, les personnages ambigus, non lisses, les failles qui laissent pénétrer la lumière et les routes qui se croisent. Je ne recherche pas l’inspiration dans des histoires déjà écrites, l’influence opère par immersion, je suis également passionné de cinéma. La source où je puise mes idées, c’est…"juste" le monde qui m’entoure et ses vibrations il y a là de quoi écrire des milliers d’histoires.

Question: 

Vous avez commenté deux livres, tout à fait différents du votre. Quel commentateur êtes-vous ? Comment avez-vous choisi vos lectures sur monBestSeller ?

Réponse: 

Je suis un commentateur enthousiaste, ni démago ni donneur de leçon. Je suis admiratif de ce que les gens savent écrire. Pour être exact j’ai commenté trois livres, il y en a un qui a disparu. Il y a tant d’histoires à lire, je parcours les récits et j’écoute la résonnance de mon ressenti. Pour les deux livres restants, il y a eu un écho, des sensations, un cri… de la vie !

Question: 

Vous êtes devenu le numéro 1 non des ventes… mais des lectures de monBestSeller 1 mois après votre arrivée. Comment expliquez-vous cette position ? La force du bouche à oreilles ? Les mises en avant sur le site (article "Livre le +" et le Pack Audience que vous avez pris) ?

Réponse: 

La « vitrine » mise à disposition par les différentes propositions du site, offre effectivement une jolie mise en lumière des ouvrages. Toutefois, je vous avoue que je suis le premier surpris quant à ma position, je vous assure Monsieur le président que je n’ai pas demandé à des centaines d’amis de cliquer comme des fous pour assurer ma progression. 

monBestSeller permet à des gens comme moi, simple mortel du clavier entrant sur la pointe des pieds pour ne pas faire trop de bruit, d’être mis en lumière et d’offrir un peu de rêve et de reconnaissance.
Question: 

Vous êtes nouvellement arrivé sur le site. Comment êtes-vous venu ? Avec quelles motivations ? On imagine que vos premières semaines sur monBestSeller ont dépassé vos attentes ?

Réponse: 

J’ai découvert monBestSeller par hasard en naviguant sur le net en quête de documentation sur l’édition. J’ai trouvé ce site particulièrement intéressant, mais j’ai mis beaucoup de temps pour me lancer. Je souhaitais me confronter à des avis de lecteurs. En quelque sorte, répondre à la question existentielle de tout auteur en herbe : Que vaut mon écriture ? Je ne voulais pas d’avis de complaisance.
Je vis cette expérience comme une belle aventure et effectivement je ne pensais pas sortir du bois. J’en profite, sans démagogie aucune, pour saluer l’équipe de monBestSeller, de permettre à des gens comme moi, simple mortel du clavier entrant sur la pointe des pieds pour ne pas faire trop de bruit, d’être mis en lumière et d’offrir un peu de rêve et de reconnaissance.

Question: 

Le mCL de monBestSeller sélectionne un livre chaque mois qui est ainsi nominé au Prix Concours de l’Auteur Indépendant que nous organisons chaque année. Cinq auteurs ont ainsi été repérés par les éditeurs membres du jury 2018 et seront édités cette année. Si vous deviez défendre votre livre devant un jury d’éditeurs, que leur diriez-vous en quelques lignes ?

Réponse: 

Au bord de l’abîme le vertige est de mise, face contre terre, des hommes tombent de chaque côté du miroir, touchés dans leur humanité, la pente est raide, mais l’espoir est dans l’autre. Je ne vous parlerai pas d’exercice de style mais d’écriture incarnée, c’est comme cela que je la ressens, avec les émotions à fleurs de peau. Les doigts tremblants, la peur au ventre parfois, peut-être par trop d’implication, l’aventure fut intense, les pages en sont marquées par endroit.

@Benoit Otis Inspiration et...expiration, comme vous l'avez bien dit, écrire est un souffle de vie, une respiration, une conversation avec notre Moi profond. Certains peignent ou scultent, d'autres écrivent parfois pour éviter d'exploser par encombrement de leur réalité devenue trop grande. Merci Benoit pour votre commentaire si bienveillant. Le partage enrichit celui qui donne autant que celui qui reçoit. Au plasir.

Publié le 21 Novembre 2019

@Josef Reyskeed
Se raconter, c'est presque une thérapie en soi.
Et pour nous auteurs, il en va d'une inspiration et d'une grande motivation.
Merci de partager avec nous cette belle intimité. Vous avez une belle «Âme», pourrait-on dire.

Publié le 21 Novembre 2019

@MURIEL LAROQUE
Nous sommes souvent en apnée dans notre existence, par l'héritage pesant de l'inconscient collectif, les non-dits, la culpabilité...Nous portons des poids considérables et l'on en ajoute par notre propension à l'auto-mutilation de notre créativité. Et pourtant...c'est là, à l'intérieur, ça pousse, ça tire, ça pleure, ça gonfle. Et puis, comme une irrépressible envie de respirer, comme l'air qui est indispensable à la vie, ça sort...
Merci Muriel pour ce partage.

Publié le 14 Octobre 2019

@josef Reyskeed
J'ai beaucoup apprécié lorsque vous mentionnez qu'écrire est " une expiration , une opération à cœur ouvert ."
Je vais m'empresser de lire La vie est belle d'autant que je partage vos écrivains favoris .
Bonne chance

Publié le 13 Octobre 2019

@Colette Bacro
N'ayez crainte Colette, je ne suis pas le clown de stephen King, vous ne risquez rien en ouvrant le livre, vous pouvez vous promener ça et là au fil de l'histoire ;-)
Merci pour vos encouragements !

Publié le 06 Octobre 2019

@Josef Reyskeed. Comme les clowns m'impressionnent toujours, je n'avais pas osé cliquer sur votre nez rouge malgré mon envie de vous lire. Mais après votre interview, qui abolit la distance mais garde le mystère, je ne vais plus me priver de ce plaisir ! Bienvenue dans la sélection !

Publié le 05 Octobre 2019

@Catarina Viti
Bonjour Catarina, merci pour vos encouragements !

Publié le 04 Octobre 2019

Bonjour Josef, et bienvenue dans la sélection. Bonne chance à votre livre !

Publié le 04 Octobre 2019