4 Raisons de quitter un roman
- Les clichés
Quand ils se bousculent, on se dit, en tant que lecteur-auteur, qu'on pourrait faire mieux. C’est alors que nait un certain dédain du lecteur pour le récit. Il guette le lieu commun, et bien sûr le trouve. Si l’on est un lecteur régulier, les intrigues et les schémas se reproduisent souvent, et l’on est en quête d’originalité. On aime se faire bousculer, être emmené sur une mauvaise piste, méjuger, ou tout simplement ne pas y croire, c’est préférable
- Les personnages incernables
Les longues descriptions physiques, d’attitudes, de costumes, de contextes n’aident pas à s’attacher aux personnages. Si le contexte historique ou narratif l’exige parfois, il est bon que l’auteur nous laisse un espace pour juger, pour réagir, pour s’immiscer dans le récit du personnage. Comprendre ou ne pas comprendre pourquoi un héros agit ou réagit d’une certaine manière, c’est laisser un espace d’émotion au lecteur, L’espace qui le rend actif dans la lecture et lui rend du même coup sa capacité critique. C’est souvent le défaut de certains romans du XIX, particulièrement dans les premières pages ou le campement des personnages prend trop d’importance.
- Les intrigues qui n’en finissent pas, avec peu de révélations.
C’est là une question de rythme. Bien sûr, on ne doit pas lire un livre avec un mode d’emploi, sur-expliquer les étapes. Il faut donner de la matière à pétrir, laisser le lecteur dresser des hypothèses, le pousser à réfléchir. Mais, attention, le suspendre à un vide sidéral est aussi nuisible et peut lasser rapidement le lecteur.
- Les mauvais dialogues
Les dialogues qui répètent à chaque fois l’intrigue lorsqu’un nouveau personnage apparait relèvent du « débutantisme ».
Un simple « Il la mit au courant », ou « elle l’informa de l’affaire » suffit amplement. Et surtout nous soulage.
Les dialogues non naturels, trop écrits ou au contraire vide de sens qui ne font pas avancer l'intrigue, sont eux aussi rédhibitoires.
Le passé simple est parfois utilisé dans les dialogues. A faire fuir le lecteur le plus assidu.
Il est très fatigué. Je l’ai vu hier qui venait me remettre un article Il m’a paru comme épuisé … Mais il me certifia que sa santé était fort bonne et qu’il n’avait nul souci. Tout juste reconnut-il manquer un peu de repos.
» Ecriture et narration