Dans une époque où l’écriture devient de plus en plus formatée — voire artificielle —, articulée en genres, sous-genres et catégories répondant scrupuleusement — de l’illustration de couverture, au texte de 4e et à tout son contenu — à une panoplie de règles et de codes auxquels il semble fou de déroger… on trouve encore des textes libres. C’est assez remarquable pour qu’on s’y arrête, ne serait-ce que quelques minutes, le temps de lire une feuille d’Oxy Dey.

Difficulté avec le manque d'amphétamine.
Mais aussi…
Vision très personnelle de la mort.
Réflexion sur l'utilité de l'enfermement d'une personne déclarée coupable.
Vision de comment devrait se comporter les gens s'ils étaient civilisés.
Réflexion sur la valeur que l’auteur accorde à sa vie.
Déclaration d'amour authentique dans un style propre à Oxy Dey.
…
Montpelliérain, 30 ans d’expérience en toxicomanie, artiste original par besoin, il découvre l’écriture depuis peu et partage ses feuilles sur monBestSeller.
Son écriture est cash, alerte, sans recherche de style. Le style c’est lui, sa peau, ses nerfs, ses visions, et son histoire avec l’addiction et ses suites épouvantables :
" Tout est dur, en manque et j’y suis plus souvent qu’en forme. J’ai un gros acouphène à droite, les dents qui poussent et je ne suis pas bien dans ma peau. J’ai faim et en plus, j’ai mal au dos. Le bip dans mon oreille est insupportable comme une mobylette trafiquée qui arrive dans le quartier. Je n’arrive pas à avoir de la suite dans les idées. J’ai les yeux qui clignent et le bordel chez moi me paraît insurmontable. Je fais une crise de y a plus de place. C’est insupportable comme état. Je tressaute et ce n’est pas terrible pour mon dos. J’écris pour faire passer le temps, mais les minutes sont interminables. »
De marginales réflexions qui nous interrogent : "Le loup et l’agneau, c’est une vision de l’humanité écrite par un mec qui croit mériter plus que les autres."
Un rapport à l’étrangeté de la médecine qui n’est pas sans rappeler un autre Momo : "Je veux vivre et si je me chignole à ce point, c’est pour arrêter de souffrir. Les médecins souhaitent que je serre les dents, mais je n’y crois plus que ça va passer et je ne parviens pas à déguster ma douleur trop longtemps sans anesthésie."
C’est pour ces échanges avec vous qu’il publie ses textes sur monBestSeller.
J'adore le mélange des genres : nouvelles, haïkus, poèmes, réflexions philosophiques !
@Oxy Dey
Texte instructif, documentaire, habité, et sans calcul.
Question style, Buffon l'exprimait déjà : " le style est de l'homme". De façon galvaudée, reprise par raccourci abusif et erroné : "le style c'est l'homme."
Merci pour ce partage, Oxy Dey.