Pourquoi les Best-sellers sont-ils indispensables à la littérature et à l'édition ?

Actualité
Du 23 oct 2020
au 23 oct 2020
Les jugements radicaux vont bon train quand il s'agit de littérature commerciale. La supériorité méprisante de certains lecteurs qui ne daignent pas considérer les ouvrages à succès comme de vrais ouvrages, tant il leur semble qu’ils ne sont pas dignes d’eux, est parfois consternante. Le plus souvent, ils ne les ont pas ouverts. Mais surtout, ils ne savent pas qu'il y a une énergie, une vérité dans la littérature populaire. Enfin qu'il n'y aurait pas de littérature du tout sans ces locomotives qui font vivre les Maisons d'édition.
Ne critiquons pas systématiquement ce qui se vend !Ne critiquons pas systématiquement ce qui se vend !

Il n'y a pas de littérature mineure ou de littérature majeure, il ya la bonne et la mauvaise littérature

Critiquer est un art qui exige une forme de talent supérieure aux auteur(e)s de l’ouvrage critiqué. Et pourtant la pauvreté des arguments est souvent palpable si on les interroge vraiment.
Legardinier, Levy, Musso,… Lisez les avant de les mettre à bas. Non ce n’est pas Flaubert, ni Balzac, ni Zola...

Lisez en un, non pas pour vous persuader que c'est bon ou mauvais. Mais seulement pour comprendre pourquoi ils ont tant de succés, quel est leur ressort, quelle est leur technique ? Et pourquoi ces livres, quand vous les commencez, vous les terminez. S'il yavait une recette, il n'y aurait que des Best-sellers, ils sont donc uniques.
Il y a des histoires dans cette littérature, qui portent des messages contemporains, signifiants de notre temps, témoins de nos comportements. C'est l'esthétique du moment. 

Les best-sellers de la littérature, ce sont des livres avant tout

Et puis ce sont des livres, c'est un loisir intelligent, la lecture. ll faut cultiver la lecture, la défendre et surtout ne pas être sentencieux.
Il est préférable de lire Musso que de ne pas lire du tout. Il vaut mieux lire un digest de Balzac que de regarder "Les anges de Los Angeles". Car c'est cela, la vraie alternative.

Tout acte de lecture est élévateur

« Trop commercial, pas plus de 500 mots, pas de temps à gaspiller ». Voilà les arguments tous faits des sachants quand ils parlent des livres commerciaux. 
Et voilà comment sont traités ceux qui accèdent aux livres par la littérature populaire. Décourageant. Pour eux. Pour tous.
Si cette littérature n'est pas parfaite, on peut le concéder, elle remplit le rôle d’initiation à la lecture et crèe des habitudes auprès des Français. Passer par là, c'est aussi la possibilité d'un tremplin vers d'autres types d'ouvrages, plus difficiles, plus littéraires, plus écrits.

La littérature commerciale fait vivre l'édition, c'est aussi en cela qu'elle est centrale pour la culture

Cette dizaine d’écrivains qui font plus de 20 % du Chiffre d'affaire de l’édition dégage des marges qui autorisent les éditeurs à investir, à rechercher de nouveaux auteurs et à courir des risques sur des ouvrages parfois plus audacieux, plus intellectuels, plus risqués.

Auteur populaire ne veut pas dire mauvais auteur

Les réhabilitations sont multiples à commencer par Agatha Christie, Simenon dont les ouvrages sont passés du statut de "roman de gare" à monuments de la littérature.
Et si on remontait le temps ? Ces feuilletons si critiqués dans la presse du XIX et du XX è, considérés comme communs (conçus pour augmenter les tirages des journaux) coïncident avec les noms de Balzac, Eugène Sue, Charles Dickens, Dumas père.

Ces textes parfois rassemblés, reconstitués en roman comme "La vieille fille" de Balzac permettent d’intégrer l' "éthique" d’une période. Ce sont les reflets d’une époque, d’une esthétique.
Et peut-être que Levy, Pancol, Musso, Nothomb sont plus légitimés que d'autres à parler de notre époque, puisqu'ils semblent mieux toucher leurs lecteurs.

10 CommentairesAjouter un commentaire

Point de vue intéressant et légitime. Financer la littérature avec la littérature et respect de TOUS les publics

Publié le 25 Octobre 2020

@la miss 4, je suis rassuré sur votre état mental ! Enfin un éclair de lucidité. Quoique... la lucidité ne vaut que pour ce qui concerne votre personne. Et vous avez raison de le répéter, à la manière de : Mea culpa, mea culpa, mea maxima culpa. Si vous persévérez, peut-être éviterez-vous le transfert en urgence au CMP.

Publié le 25 Octobre 2020

@lamish
Vous comprendrez sans doute que j'applaudisse des deux mains (en regrettant de n'en avoir pas plus) à votre dernier paragraphe. Je sais bien que vous désapprouvez grandement mes manières d'intervenir sur le site, mais je suis contente de voir qu'on se retrouve au moins dans l'exigence qu'on est en droit d'attendre d'un auteur, fût-il amateur comme vous et moi. Bonne journée.

Publié le 25 Octobre 2020

@Michel CANAL
Mon Dieu, que je dois être conne ! Conne, très conne, parce que je n'entraperçois même pas en quoi votre nouveau commentaire infirme en quoi que ce soit ce que je vous écrivais... Conne ! Conne ! Conne !

Publié le 25 Octobre 2020

Ah, ah ! @la miss 4. Le gros bêtassou que voilà ! Mon petit doigt, lequel se manifeste parfois avec pertinence, m'avait informé que vous alliez sauter à pieds joints sur la notion de "critique" (élitiste) pour le plaisir de déblatérer avec la prétention et la stupidité que l'on vous connaît, malgré ma différentiation avec ce que nous pratiquons ici pour les retours aux auteurs : avis, commentaires.
Alors, pour votre gouverne, un petit rappel sur le "métier" de critique. Certes, ce sera un peu long, mais nécessaire.
Je vous invite à lire l'étude de Marie Carbonnel : Profession : critique ? Les défis de l'Association syndicale professionnelle de la critique littéraire de la Belle Époque à la fin des années trente.
Depuis la fin du XIXe siècle, l’entrée dans l’ère de la culture de masse transforme considérablement la structure du champ littéraire français, affectant autant les auteurs que leurs indispensables relais auprès d’un public sans cesse élargi, les critiques littéraires (…) Engager une réflexion sur l’histoire, les conditions et les modalités de la professionnalisation de la critique littéraire française au XXe siècle incite à méditer la célèbre définition que propose Albert Thibaudet dans la préface de sa Physiologie de la Critique, publiée en 1930 : « la critique, écrit-il, est un corps d’écrivains plus ou moins spécialisés, qui ont pour profession de parler des livres ».
Qu'en est-il actuellement ?
Dans le cas de la critique littéraire, la question de la codification en « métier » se pose avec une acuité particulière.
Le critique est avant tout un journaliste d’un genre un peu particulier. Il est spécialiste d’un secteur culturel ou de loisir très ciblé, dont il possède une profonde connaissance. Le critique fait partager ses enthousiasmes et ses déceptions au public. Il exprime ses avis dans des revues spécialisées, des journaux généralistes, des émissions radiodiffusées ou télévisées.
— Compétences & actions : Posséder d’excellentes aptitudes rédactionnelles et orthographiques. Avoir une bonne culture générale. Être un expert de son domaine. Exposer et défendre ses idées de manière logique, structurée et argumentée. Être bon vulgarisateur. Suivre l’évolution des tendances. Poser un jugement personnel sur une œuvre, un film, un plat, etc. Posséder un bon carnet d’adresses. Maîtriser plusieurs langues.
— Savoir-être : Sens critique, honnêteté intellectuelle, objectivité, éloquence, pédagogie, persuasion, passion, sociabilité, mobilité et disponibilité, sens des responsabilités.
— Cadre professionnel : La plupart des critiques commencent comme journalistes, pour intégrer ensuite le service culture du média concerné, grâce à l’expérience et au talent qu’ils auront acquis. Le critique évolue généralement dans le domaine qu’il suit depuis de nombreuses années. Il s’agit souvent d’un journaliste très spécialisé ou parfois d’un expert doté d’une excellente plume. Le critique est rarement un salarié, sauf cas exceptionnels. Il travaille pour différents médias et mène une vie sociale très riche.
Avouons modestement que nous en sommes tous très loin, mais que nous n'avons pas votre prétention quasi constante de donneur de leçons. La pauvreté affligeante de vos écrits encore visibles ne témoigne pas en faveur de votre compétence. Faites-vous oublier, vous rendrez service à cette plateforme et à ses auteurs.

Publié le 25 Octobre 2020

Bonjour, et merci pour ce billet qui rejoint, entre autres, les plaidoyers de récentes newsletters. Il y aurait beaucoup à dire, aussi vais-je me limiter aux grandes lignes, histoire de ne pas être "envahissante" ;-).
/ Qu’un best-seller soit utile aux maisons d’édition me semble indubitable. Qu’il leur permette de financer des choix plus audacieux, plus littéraires, plus…, également. Qu’il soit utile à la littérature, beaucoup moins. En tout cas pas systématiquement... Ce serait trop beau :-) ! Car s’il fidélise des lecteurs avides de facilité ou sujets à mimétisme, c’est bien trop souvent son seul mérite.
/ Quoi qu’il en soit, je ne suis pas sûre que les auteurs cités aient besoin d’un soutien ;-). La célébrité, le nombre d’exemplaires vendus, étant leurs motivations premières, j’imagine que les critiques ne les touchent pas outre mesure ou que, pour le moins, ils la considèrent comme un désagréable mais juteux revers de médaille.
/ Que tout acte de lecture soit élévateur, par contre, j’en suis beaucoup moins convaincue que vous. Je comprends l’inquiétude face à la raréfaction des lecteurs, mais affirmer cela, c’est comme partir du principe qu’un cinéphile s’élève par le seul fait de se poser devant son téléviseur et de regarder le pire des navets.
/ Enfin, et pour en revenir à MBS, je constate une confusion des genres et un besoin de le justifier. Un refus d’admettre une règle de base, rédhibitoire pour tout éditeur digne de ce nom, d’ailleurs : un auteur se doit en priorité de ne pas esquinter la langue, quel que soit son genre, quel que soit son sujet, sa profondeur, son message. Qu'un roman comportant trop nombreuses fautes, ou (et) problèmes de syntaxe, ou (et) difficultés dans la concordance des temps, ou (et)... ne devrait pas faire l’objet d’une nomination, par exemple. A mes yeux, c’est déprécier l’image de la plateforme que nous partageons, ne pas la distinguer des autres, et par là-même, faire fuir des partenaires éventuels déjà trop rares.
/ Bon dimanche à tous. Amicalement, Michèle

Publié le 25 Octobre 2020

@Michel CANAL
Si vous me le permettez (je suis bien certaine que vous ne me le permettez pas, mais tant pis, je passe outre), vous écrivez une belle sottise dans votre prolixe commentaire (lequel, pour une très grande part, se contente de répéter ce que dit la rubrique et, donc, aurait pu aisément être plus bref), et c'est ce que vous dites de la critique. "Critiquer, nous assénez-vous, péremptoire, est un art qui exige une forme de talent supérieure à celle de l'auteur de l’ouvrage critiqué". Eh bien, j'ai déjà lu, c'est vrai, sur mBS, nombre d'incongruités, mais celle-ci mérite assurément d'être marquée d'une pierre blanche. Car, à supposer que la critique soit un art (ce qui demeure tout de même, pardonnez-moi, à prouver), en quoi cet art devrait-il être supérieur (drôle de jugement de valeur !) à celui de l'artiste ? Là, je vous avoue tout uniment que je suis perdue... Qu'un critique soit aussi un artiste (je pense ici, par exemple, et en ce qui concerne la seule littérature, à Sainte-Beuve, Jean-Paul Sartre, Roland Barthes, François Nourissier ou Angelo Rinaldi), pourquoi pas ? mais je crois évident que vous les auriez tous sidérés en leur disant que leur activité de critique valait mieux que leur activité de littérateur... Brèfle, ce que je me demande, c'est si vous savez bien ce que vous dites, si vous n'entretenez pas en votre esprit une grave confusion quant à la définition des termes.

Publié le 25 Octobre 2020

Excellent sujet de tribune, @monBestSeller, qui appelle à la réflexion, persuadé que la majorité d'entre nous ne manifeste pas le jugement négatif exprimé en introduction : "Les jugements radicaux vont bon train quand il s'agit de littérature commerciale. La supériorité méprisante de certains lecteurs qui ne daignent pas considérer les ouvrages à succès comme de vrais ouvrages, tant il leur semble qu’ils ne sont pas dignes d’eux, est parfois consternante..."
Tout à fait d'accord avec ce qui est exprimé sur la critique : Critiquer est un art qui exige une forme de talent supérieure à celle de l'auteur de l’ouvrage critiqué. A défaut de ce niveau "élitiste", nous nous contenterons de donner un "avis", reflet de notre "opinion", en toute objectivité et sans prétention, utile à l'auteur. Il y aurait beaucoup à dire sur la teneur de certains commentaires exprimés sur cette plateforme.
Encore d'accord avec le rôle des livres, exprimé plus loin, dans le paragraphe "Les best-sellers de la littérature, ce sont des livres avant tout"... La lecture est un loisir intelligent. ll faut cultiver la lecture, la défendre et surtout ne pas être sentencieux. Et dans le paragraphe suivant : "Tout acte de lecture est élévateur". Pas (ou très peu) de livres commerciaux sur cette plateforme, et c'est très bien ainsi. Pas de risque donc, de trouver un commentaire du genre « Trop commercial, pas plus de 500 mots, pas de temps à gaspiller » émanant d'un "sachant infatué".
Au pire, la littérature autopubliée ici par des auteurs débutants, amateurs sans prétention pour l'essentiel (écrivaillons selon l'expression consacrée par certains d'entre nous), si elle cherche à tendre vers la perfection, n'est pas parfaite ; mais elle remplit le rôle d’initiation à la lecture puisque tous les genres y sont présents... gratuitement ! Et si elle ouvre la possibilité d'un tremplin vers des d'ouvrages plus difficiles, plus littéraires, elle aura atteint un des objectifs de la plateforme.
Chacun d'entre nous, auteur, doit être conscient que la littérature commerciale fait vivre l'édition, qu'elle est centrale pour la culture... qu'une dizaine d’écrivains à succès, en dégageant des marges aux maisons d'édition, les autorisent à investir sur de nouveaux auteurs (parfois l'un d'entre nous) en prenant des risques.
Enfin, lequel d'entre nous se risquerait à prétendre qu'un auteur populaire serait un mauvais auteur, tant il est vrai qu'ils ont peut-être été nos inspirateurs, ou pour le moins qu'ils nous ont ouvert le goût pour l'écriture après les avoir dévorés comme lecteurs.
Je suis impatient de lire ce que les auteurs de mBS exprimeront.

Publié le 24 Octobre 2020

L'important dans la littérature n'est pas d'être grand ou petit, mais d'être à la hauteur d'une suave communion entre l'auteur et son lecteur.

Publié le 24 Octobre 2020

Bravo pour votre défense de la littérature populaire !!! Ne serait-ce que parce que, comme vous le faites remarquer, sauf à être tombé tout petit dans la marmite littéraire, il n'est pas rare qu'on commence par Arsène Lupin (c'est un exemple) pour en arriver à Alexeï Karamazov (c'est un autre exemple). Je vous propose d'ailleurs humblement une devise : Lire d'abord, élire ensuite.

Publié le 24 Octobre 2020