Interview
Le 08 avr 2021

Journal Intime

Magistrale cette nouvelle policière ! Comme quoi, un format contraignant n'empêche en rien les performances littéraires. Au contraire, il les valorisent. Une contribution thriller à l'appel à l'écriture monBestSeller sur le thème du Faux coupable. Merci Deman.
Je vois là un indice qui fait de vous un coupable idéalJe vois là un indice qui fait de vous un coupable idéal

15 FÉVRIER 2016 – J.I. de Monique B.      

… la nuit dernière, Christian m’a cognée. Après qu’il se soit assoupi, j’ai fouillé dans sa veste et j’ai découvert sa carte d’inspecteur de police. Il m’a giflée si fort que j’ai fait un tour sur moi-même. Il m’a traitée de mangeuse de foin, c’est sa façon de qualifier les criminels et a dit que si je recommençais à farfouiller dans ses affaires, il me tuerait. Pour me faire pardonner, je lui ai donné le double des clefs de mon appart…

20 FÉVRIER 2016 – J. I. de Sébastien D.

Quand le tramway s’est arrêté à la station, j’ai foncé à l’intérieur pour m’installer au côté d’une femme qui ne m’accorda aucune attention. Elle écrivait son journal personnel, avec passion, sans relever le nez de son cahier, alors que je me contorsionnai pour accéder au fauteuil près d’elle. Sa frénésie d’écriture attira ma curiosité. Je lus par-dessus son épaule :          
… Sans lui ce n’est plus possible. Pourtant, je lui ai donné le double des clefs. Pourquoi veut-il me quitter ? Parce que je suis un cas désespéré ! Je ne suis plus bonne à rien. C’est décidé ! Ce soir, je me taille les veines…             
Après avoir lu ces quelques mots, je me souviens avoir osé un regard dans sa direction. Mais elle avait déjà replié son journal et rapide comme une ombre, elle quittait le tramway. Je suis resté assis et abasourdi. Pourtant, je devais la raisonner et l’empêcher de faire ça ! Je suis descendu du tram et avec une sérieuse boule à l’estomac, je l’ai suivi. Après dix minutes de filature, nous sommes entrés rue Vauban et je l’ai vu disparaître derrière la porte du n° 12. Il y avait trois noms sur l’interphone. En bon détective, j’ai pris la décision d’entrer dans la boulangerie située en face de l’immeuble, me faisant passer pour un amoureux timide. J’ai demandé au boulanger des renseignements sur la charmante dame, environs la cinquantaine, qui habitait l’immeuble d’en face. Il m’a dit que je venais de la louper, qu’elle se nommait Monique Boileau. Je suis retourné devant l’immeuble, j’ai sonné plusieurs fois, mais n’obtenant aucune réponse, je suis reparti la conscience tranquille. J’avais fait tout mon possible.

Le lendemain, j’ai reconnu le boulanger à la télé. Il disait : « Hier en fin d’après-midi, un homme bizarre est entré dans ma boulangerie. Il voulait des infos sur Monique. Il était louche, la démarche de quelqu’un qui cache quelque chose… » Puis, le présentateur a enchaîné, rappelant l’info du jour : « Hier en fin d’après-midi, le corps sans vie de Mme Boileau Monique, domiciliée au 12 de la rue Vauban, a été retrouvé au milieu de son salon. Poignardée à plusieurs reprises, la piste criminelle ne fait aucun doute… » Sidéré, j’ai pris la décision de me présenter au commissariat. J’ai expliqué au policier à l’accueil, détenir des infos capitales au sujet du meurtre commis hier. Il décrocha son téléphone et aussitôt, deux hommes en civil se présentèrent : inspecteur Roquaye, moustachu dont la bedaine donnait du fil à retordre à sa chemise et le grand tout maigre, l’inspecteur Farge. J’ai commencé par donner mon adresse, puis j’ai tout raconté, de l’épisode du tram, à la filature rue Vauban, jusqu’au lendemain, lorsque j’ai appris la triste nouvelle. En quittant le commissariat, j’étais encore plus troublé et perdu que lorsque j’y étais entré.

23 FÉVRIER 2016     
Quand les inspecteurs Farge et Roquaye sonnèrent chez Sébastien. Celui-ci, surpris, leur demanda :      
— Bonjour Messieurs, que puis-je faire pour vous ?           
— C’est une perquisition ! s’écria l’inspecteur Roquaye en lui agitant un formulaire sous le nez avant de le bousculer pour se diriger vers les chambres.       
— Tout se passera bien, tenta de le rassurer l’inspecteur Farge.      
Cinq minutes après leur intrusion légale, la grosse voix de Roquaye s’écria :        
— BANCO !  
Il revint dans le salon, tenant fermement un sac plastique à l’intérieur duquel se trouvait un cahier que Sébastien reconnut tout de suite pour l’avoir vu sur les genoux de Monique Boileau dans le tram.           
— Mais, c’est impossible… C’est une machination…        
— C’est original, tous les criminels disent ça !        
— Christian, calme-toi un peu ! marmonna l’inspecteur Farge.      
— Tu es en état d’arrestation, mangeur de foin, hurla fièrement l’inspecteur Roquaye.

DEMAN Sébastien

27 CommentairesAjouter un commentaire

Bonsoir@Pantinois merci beaucoup pour le défi, je chercherai du fil et une aiguille lorsque je serai sortie de chez Zola qui m'assomme ! M'autoriseriez-vous à citer l'une de vos phrases croustillantes trouvée sur votre "Retour d'Ursalim" ? RV sur votre page. Bonne soirée à vous. Patricia

Publié le 14 Avril 2021

@FANNY DUMOND
Eh eh ! Chiche, Patricia. Je vous aide ? Votre personnage pourrait s'appeler Christ…ian, comme le personnage de ce texte et aurait pour nom de famille Le Loup, soit Lupus en latin. Christian Lupus serait, à l'image de votre personnage dans « Madame Poigret », un dirigeant de site. Dans le vôtre, il est assassiné, mais dans cette nouvelle histoire, il serait l'assassin. Sa victime : la littérature.
Je vous laisse broder autour de cette amorce d'histoire…

Publié le 14 Avril 2021

Bonjour@Pantinois ne serait-ce pas un bon scénario pour me lancer dans une troisième nouvelle sur le sujet faux coupable ? Coupable de ne pas savoir lire et de commenter sans agiter l'encensoir ! Nul besoin de me creuser les méninges, les exemples sont pléthores et me sont servis sur un plateau. Bonne journée à vous. Fanny XD

Publié le 14 Avril 2021

@FANNY DUMOND
Moralité : quand on parle à un mur, il ne faut pas attendre autre chose que de l'écho.

Publié le 13 Avril 2021

Moralité : ne pas confier la bêta lecture d'un roman policier au premier venu...

Publié le 13 Avril 2021

Bonjour@Vincent Emmanuel Nauda ou bien un petit malin peut s'ingénier à tripatouiller l'avant dernière phrase en y ajoutant l'indice manquant sur l'original (nom et prénom) ! De toute façon il est inutile d'épiloguer à n'en plus finir, car le scénario est totalement bancale de A à Z et plein d'incohérences. N'est pas Agata Christie qui veut ! Cordialement. Fanny

Publié le 12 Avril 2021

J'ajouterais d'autant plus, que des pages ça s'arrache ; ou encore qu'il est possible que le Christian n'est pas cru bon voir ce qu'il y avait au journal.
(Remarquez comme je me retiens d'émettre l'hypothèse - ma foi complètement farfelue - selon laquelle il serait toujours bien possible qu'un policier soit imbécile...)

D'une manière ou d'une autre - si de la grosse vague déplaisante l'attend certes -, j'anticipe un dénouement heureux pour le protagoniste.

Publié le 11 Avril 2021

@tous Relue et tout à fait cohérente, cette nouvelle... Christian au début, Christian Roquaye à la fin. L'innocent qui se jette dans le gueule du loup (Roquaye, le loup) qui déplace une pièce à conviction pour le confondre... Élémentaire, mon cher Watson ;-) ! Merci @monBestSeller, merci à l'auteur et bonne soirée à tous. Michèle
PS : @Vincent Emmanuel Nauda "Sans lui ce n’est plus possible. Pourtant, je lui ai donné le double des clefs. Pourquoi veut-il me quitter ? Parce que je suis un cas désespéré ! Je ne suis plus bonne à rien. C’est décidé ! Ce soir, je me taille les veines… " rien de compromettant pour le loup dans ces mots ;-)...
PPS : @monBestSeller Effectivement ;-)...

Publié le 11 Avril 2021

@monBestSeller
mangeuse de foin, elle le dit dans son journal. Il le répète à la fin : "Tu es en état d’arrestation, mangeur de foin". cqfd.
En plus, elle écrit dans le journal qu'il s'appelle Christian et est policier. Il ne doit pas y en avoir des tonnes, des Christian policiers avec cette expression. Et si elle donne ses clefs, c'est que ce n'est pas une liaison de passage, donc on a du les voir ensemble. Un bon avocat tirera profit de tout cela, ou même un Columbo ! XD

Publié le 10 Avril 2021

@ FANNY DUMOND Occasion unique de vous faire expliquer la nouvelle...
@Pantinois : Vous avez raison la victime va ressusciter pour témoigner des expressions de son ex amant. Gasp...

Publié le 10 Avril 2021

@monBestSeller les deux policiers sont-ils une même entité ? Allez, comme vous voulez avoir raison, je vous laisse avec vos certitudes et je romps là, car j'ai rendez-vous avec l'humilité de mon ami écrivain, primé par l'Académie française, et avec qui je peux échanger et débattre en toute simplicité. Comme quoi... Bonne fin de semaine. Cordialement. Fanny

Publié le 10 Avril 2021

Oui ! Enfin, il n'est pas très malin l'inspecteur Roquaye ! Il brandit la preuve que lui même connaissait la victime et qu'il la battait !

Publié le 10 Avril 2021

le premier commentaire donne en effet la solution. Limpide.

Publié le 10 Avril 2021

Bonjour@monBestSeller @Vincent Emmanuel Nauda @Pantinois dans toute cette histoire j'en suis à me demander qui sait lire les autres ? et si je vis sur la même planète que certains ? A noter que, d'une, le premier commentaire souligne la même incompréhension que la mienne et j'en déduis que cette nouvelle, demande à ce que le hiatus de sa chute soit retravaillé et, que de deux, l'auteur comme plus que très très souvent ne se manifeste pas soit pour apporter des précisions, soit pour dire un petit "Merci" objet d'une tribune spéciale dernièrement (je lui laisse, pour l'instant, le bénéfice du doute qu'il n'est pas encore au courant de la publication). Tout est tellement contradictoire dans la période que nous vivons qu'une de plus ne m'étonne même plus. Les rares commentaires de ceux qui lisent (pas en diagonale, rerelu, n'ai je pas précisé), qui osent commenter à leurs risques et péril se voient gaussés, ou pire, étêtés en à peine le temps de dire "ouf". Et vive "la nouvelle", cet art à part entière de la littérature ! Bonne fin de semaine à vous. Cordialement. Fanny qui a lu les CGU qui ne devraient pas être unilatérales.

Publié le 10 Avril 2021

@monBestSeller
Eh oui ! Don Quichotte, ça doit vous parler, sans doute !

Publié le 09 Avril 2021

@Pantinois Je vois que vous en avez fait une spécialité

Publié le 09 Avril 2021

@monBestSeller
Je préfère les combats perdus d'avance ! Ce sont eux les plus nobles.

Publié le 09 Avril 2021

@Vincent Emmanuel Nauda
Merci de ce soutien inattendu. Les paresses de lecteurs sont en effet épuisantes. Lire est une fonction aussi importante que celle d'écrire. Qu'on ne comprenne pas, c'est une chose légitime et l'on peut débattre du sens, que l'on critique de manière acide alors qu'on n'a pas compris est déplaisant.
@Pantinois Si vous jouez à des jeux dont vous ne connaissez pas les règles, ne vous étonnez pas de perdre

Publié le 09 Avril 2021

Tout est cohérent. Il faut bien lire - MonBestSeller.

Je seconde. (L'histoire m'est apparue parfaitement claire, et ce, à ma première et seule lecture.)

J'en tire d'ailleurs quelques (re)précisions édifiantes - profitant ici, pour une fois, d'une perspective à la troisième personne - quant à ce que j'appelle dans mon for intérieur des avaleurs de mots ; à savoir ceux qui, par une technique quelconque, "lisent" en surfant sur les phrases ; les consomment sans toutefois les lire. Absorber des mots les uns à la suite des autres n'est pas lire ; et loin de là.
Si un ou une auteur(e) a ses "responsabilités" face à son lectorat, la personne en faisant la lecture en a bien elle aussi d'une certaine manière ; et envers elle-même qui plus est. Pourquoi lire, si ce n'est pour en faire que cela ?
Peut-être est-ce là le syndrome du consommateur de cinéma ? Tout y est du premier coup d'oeil.
Quoique, encore, si on vous y présente une clé en gros plan durant 2 secondes, êtes-vous du genre surpris qu'intervienne une porte insoupçonnée d'ici la fin du film ?
C'est bien là que réside (à mon humble avis) la véritable question.

Publié le 09 Avril 2021

@ Pantinois Vous n'avez décidément pas lu les CGU, et je pense que c'est désespéré. Nous publions les textes des auteurs. Il est bien précisé que ces textes paraitront tels quels. Malgré cela, nous relisons et corrigeons les plus grosses fautes. Et vous voulez en plus que nous ne corrigions pas celles qui nous sont signalées.!!! Quel esprit ! Bravo ! Si votre honnêteté intellectuelle consiste à laisser des fautes dans les textes pour ridiculiser les auteurs, c'est une morale toute personnelle. Ce n'est pas la nôtre. Il est clair que vous n'avez pas saisi l'esprit monBestSeller. Je vous le rappelle : il consiste à encourager à l'écriture et non pas écrabouiller les auteurs, et les maltraiter. .. Attaquez -vous à Flaubert ou à Rimbaud, ce sera plus courageux, mais pas à ceux que nous stimulons à écrire. Bien à vous et bon week-end.

Publié le 09 Avril 2021

Bonjour@monBestSeller je vous remercie de votre compliment qui me dit que je ne sais pas lire et pour vos corrections ! Je suis désolée, tout cela me fait penser aux jeux "logigramme" que je pratique de temps en temps qui donnent des indices, sauf que là, il en manque un dans l'énoncé, à mon avis. Le fameux Christian est soit Roquaye soit Farge, pas Sébastien qui a pour initiale D. Après tout , je ne vais pas en faire une pendule à 13 coups, c'était juste pour signaler mon incompréhension et poser une simple question, car je ne suis pas une lectrice qui s'extasie sur tout. Et je continue de penser et j'ose espérer que mBS, qui réclame des commentaires, approuve ceux qui osent participer justement pour aider les participants et leurs lecteurs. Mon intervention n'était pas une critique, loin s'en faut ! Je serais bien curieuse de savoir qui a la solution sur le meurtrier et si vous en avez une de me l'indiquer et je l'admettrai bien volontiers. Bon week-end à toute votre équipe. Cordialement. Fanny

Publié le 09 Avril 2021

Ah ! enfin une mise en ligne avec correction de certaines fautes, grâce à la lecture attentive de ces dames !
L'intervention de mBS est ambiguë. Elle donne la sensation que les fautes n'y étaient pas… J'ai vu mieux en honnêteté intellectuelle ! Mais tout le monde peut avoir une faiblesse !
Cordialement, naturellement !
PS :
mon commentaire plus haut vient de subir la censure. Oups !
Vive Rimbaud !

Publié le 09 Avril 2021

Tout est cohérent. Il faut bien lire. Les deux premiers paragraphes sont écrits par les protagonistes, et le dernier paragraphe est un récit rapporté. Vous avez en effet raté un épisode.
C'est comme pour les participes, tout le monde peut avoir une faiblesse. Néanmoins , je vous remercie de commenter.

Publié le 09 Avril 2021

Une histoire bien tirée par les cheveux et à la rerelecture avec tous ces personnages (noms, prénoms) je ne comprends toujours pas pourquoi le fameux Christian se trouvait chez Sébastien alors que lors de la perquisition ils n'étaient que deux Farge et Roquaye ???? J'ai du louper un épisode. Les erreurs d'accord de participe passé sur le fameux incipit m'ont également emmêlé les pinceaux ! Christian m'a cognée, il m'a giflée. Il s'agit d'une femme, non ? Désolée, néanmoins je salue l'effort de vouloir participer à cet exercice difficile.

Publié le 09 Avril 2021

C'est très bien.
Merci pour le partage - j'aime bien les histoires courtes qui pourraient être longues, mais qui s'en tiennent à ça. (Je pense qu'en soi c'est une forme aussi agréable que valable ; même si en général ça ne manque pas de s'attirer la critique.)

Publié le 09 Avril 2021

Bon scénario qui décrit avec brio la fabrication d'un faux-coupable. C'est bien vu et ça reste très plaisant à lire malgré fautes, problèmes de choix et de concordance des temps... Merci pour le partage et bonne soirée, Michèle

Publié le 08 Avril 2021

Merci pour ce partage, @DEMAN Sébastien.
Toutefois si on comprend bien, non seulement Sébastien n'est pas coupable, mais on pourrait soupçonner les policiers d'avoir déposé la "faute" preuve pour en faire le coupable.
A qui peut-on se fier ?

Publié le 08 Avril 2021