Michel Laurent

Biographie

Auteur de romans, nouvelles, fictions brèves et pièces de théâtre, je suis passionné par les formes d’écriture mêlant absurde, onirisme, humour et regard critique sur le réel. s.

Michel Laurent a noté ces livres

3
@Odile Maudrijat Votre plume est indéniablement magnifique : précise, fluide, rythmée, sans l'ombre d'une emphase inutile ni le moindre soupçon de mièvrerie. Votre sens du récit est incontestable, les rebondissements maintiennent le lecteur en haleine, au point qu'il se surprend à dévorer les chapitres comme s'ils allaient soudain disparaître (peut-être un peu moins vers la fin, mais cela, c’est une autre histoire). Cependant, comme l'a dit La Rochefoucauld, « quelque soit le bien que l'on dise de nous, on ne nous apprend rien de nouveau ». Alors, je range mes lauriers (pourtant bien mérités) pour essayer de me montrer constructif. //*****// Là où le bât blesse, selon moi, c’est dans le choix de la narration à la première personne. Racontée par une jeune fille, dont on suit le parcours de l'enfance jusqu'à l’âge de quatorze ans (en sachant que sa route ne sera sans doute pas plus longue), l’histoire débouche parfois sur des situations un tantinet incongrues. Ainsi page 155 : une enfant de moins de onze ans lance une pique ironique au pasteur à propos de sa "proximité" avec son personnel, montrant qu’elle connaît la vérité sur sa liaison avec l'une d'elles. Or, cette petite fille n’a pas la moindre familiarité avec le pasteur, et ce dialogue un brin surréaliste qui s'ensuit paraît invraisemblable. De même, l’épisode de la photo compromettante glissée dans les missels est certes cocasse, mais là encore, monter un piège avec une logistique si élaborée paraît peu probable pour une enfant de cet âge. //*****// Autre exemple, cette fois dans le style, p. 24 : « Quand les problèmes financiers eurent fini d’asphyxier ma mère, nous pliâmes bagage et atterrîmes chez ma grand-mère. J’avais sept ans. » À cet âge-là, et avec une scolarité disons... mouvementée, ces passés simples sonnent faux. Le ton général oscille entre celui d’un enfant et celui d’un adulte, ce qui rend l’ensemble un peu bancal. //*****// À mon sens, vous pourriez considérablement renforcer l’impact du récit en confiant certaines descriptions à un narrateur externe. Ce regard distancié vous permettrait d’éviter les incohérences d’un point de vue limité à une enfant, qui ressent sans toujours comprendre. Et sans doute aussi, de mieux brosser le portrait de personnages secondaires. À n’en pas douter, vous avez le talent pour le faire. Cela transparaît en particulier au chapitre 9, où la grand-mère expose pourquoi, selon elle, seuls les Noirs peuvent utiliser le terme "nègre". Ou encore à la page 315, avec ce magnifique passage, riche en images, sur le bien et le mal.//****// Mais, une fois encore, un grand bravo pour ce partage.
Publié le 15 Septembre 2024
3
@Cristina Leg Dans les toutes premières lignes, on se dit qu’il faudra que les feuilles voltigent à l'extérieur pour que celles de cette nouvelle se mettent à frémir. Puis la simplicité éclatante de votre texte éclot alors sous nos yeux. Passe la nostalgie d’un morne quotidien. Avant que n’entre en scène la banalité de l’extraordinaire, un tas de ferraille qui disparaît en fumée. Mais c’est pour laisser place au merveilleux, au sentiment amoureux. La fin est très subtile, vous avez une très jolie plume, un vrai talent d’écriture.
Publié le 17 Juin 2024
3
Des phrases pleines de mots, des mots remplis de lettres, le tout dans le bon ordre, sans faute de syntaxe, encore moins d’orthographe. Peut-être parfois quelques cheveux inutilement coupés en quatre. Ainsi, dès la première page, on apprend qu’au feu rouge, c’est son pied droit qu’elle a posé par terre pour arrêter sa trottinette. C’eut été la main gauche qu’il aurait été incontestablement nécessaire de le mentionner. L’héroïne connaît par coeur la disposition des lettres QSDF MLKJ sur sa console. Bon début pour la future écrivaine qu’elle rêve d’être. J’en ai conclu qu’il s’agissait d’un clavier AZERTY. Comme quoi, avoir l’esprit de déduction, c’est utile quand on attaque le roman dur moderne ! /*****/ Dans ce livre, on aime en brisant les tabous de genre avec audace mais grande délicatesse. Quel autre écrivain aurait raconté ainsi ses amours ? J’ai imaginé un moment Vernon Subutex, ce va-et-vient entre des existences et des destins qui se mélangent, s’écharpent, s’aiment, se détestent ! Non, ce n’était qu’un rêve, j’étais décidément à côté de la plaque. /*****/ Je vous le dis, du bon et bel ouvrage, bien propre, que cette « Coiffeuse, Rue de la poste ». Désolé, je n’ai pas le numéro, mais vous trouverez facilement, c’est juste après la boulangerie...
Publié le 30 Mai 2024
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Comme les beaux esprits flagellent En pensant à l’huile de nigelle. Mains, pieds, cou, même les aisselles, Le corps entier s’passe la gamelle. Et en hiver pour pas qu’elle gèle, Dans ma voiture sans manivelle, Mon antigel, c’est le nigelle !
Publié le 29 Mai 2024
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@Marc Jaouen Bravo ! De jolies trouvailles, ainsi dans les 100 premières pages (je ne spoile pas !) : le Directeur de banque qui se nomme Kerviel, l’ecclésiastique qui confond beach et bitch, la réplique : « tu m’entends au moins, Lazare », etc. Bon, il y a aussi le crucifix-baromètre directement importé de Wuhan . En 1960, c’est un peu anachronique, mais les voies du Seigneur sont souvent impénétrables…//******// C’est bien écrit, enlevé, on ne s’ennuie pas, mais il y a quand même 800 pages, faut disposer de loisirs. Heureusement que Marc Jaouen écrit des romans et non des modes d’emploi de couteaux suisses. Il aurait réussi à décourager toute vocation de scout, plus rapidement que ne l’aurait fait une congrégation de prêtres pédophiles.
Publié le 28 Mai 2024

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