Michel Laurent

Biographie

Auteur de romans, nouvelles, fictions brèves et pièces de théâtre, je suis passionné par les formes d’écriture mêlant absurde, onirisme, humour et regard critique sur le réel. s.

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3
@Antoine Guy Beau texte vertigineux ! On y monte marche après marche, porté par le souffle du chêne, de l’humanité réconciliée et de la métaphore spiralée. J’avoue toutefois une petite déception, presque existentielle : une double révolution pour finir… en escalier (je n’ai pas parlé d’esprit...). Avouez que, dans un monde en manque de renversements décisifs, on espérait secrètement au moins une élévation morale immédiate, ou à défaut une sortie par le toit. Non : 178 marches, impeccablement sages, qui ramènent finalement à l’effort, à la sueur et au genou qui craque à mi-parcours. La révolution, décidément, reste très civilisée. //***// Mais l’escalier se rattrape vite. Car en tournant sur lui-même sans jamais se confondre, il nous suggère quelque chose de plus intime encore : la double hélice de l'ADN, cette œuvre magistrale, sans compagnon charpentier mais avec quelques milliards d’années d’expérience. Deux brins, deux chemins qui se frôlent, s’observent, se répondent, sans jamais se percuter, une leçon de coexistence que nos géopolitiques gagneraient à copier, même en contreplaqué. //***// Là où l’escalier élève les corps, l’ADN élève la question : sommes-nous condamnés à répéter la spirale, ou capables d’y introduire un pas de côté ? Peut-être que la sagesse consiste justement à accepter la rotation, tout en choisissant ce que l’on transporte dans sa besace génétique : un peu de beauté, un peu de coopération, et suffisamment d’humour pour ne pas prendre la montée pour une fin en soi. //***// En attendant la prochaine double révolution — la vraie, celle qui change autre chose que d’étage — continuons à monter à pied. Pour le cardio, bien sûr, mais surtout pour nous garder suffisamment essoufflés afin de penser autrement.
Publié le 27 décembre 2025
3
@Antoine Guy Superbe ! Votre nouvelle pétille comme une flaque de rosée qui aurait avalé un rayon de lune de travers. Humour grinçant, style impeccable et délicieusement affûté, vocabulaire riche et taillé sur mesure : vous bercez le lecteur avec cette tanche de vie — pas très glorieuse, certes — mais ô combien universelle, de celles que l’on croyait avoir laissées moisir dans un coin obscur de l’âme, quelque part derrière le vestibule où Freud entrepose nos anciennes bêtises. Le gestionnaire de tri métamorphosé en psy de fortune, consolateur de divorces chaotiques et de cœurs brisés, est un petit bijou de cocasserie tendre. Il résonne comme une note de clarinette tombée par erreur dans un orchestre municipal, dissonante et pourtant tout à fait à sa place. Et puis ce parfum de Souchon qui flotte sur la fin du récit, ce sourire mélancolique qui plane sur la banalité de nos jours, c’est d’une justesse rare. Vraiment, très bien vu. Bravo !
Publié le 08 décembre 2025
3
@Sansberro Un ouvrage (si, si, on peut le dire!) aussi barré qu’un sosie de Johnny surgissant en pleine nuit sur la route de la Corniche ! Pierrot nous embarque dans un road-trip littéraire où les dingueries s’enchaînent plus vite qu’un rot de Jean-Mi après trois Kro. Ça sent la sueur, la vodka, la mauvaise idée… et pourtant on en redemande. Une fausse enquête, de vrais cinglés, et une bonne dose de poésie trash : bref, un régal pour tous ceux qui, comme moi, aiment quand la littérature dévisse joyeusement de son axe. Et puis, tu parles d’Higelin, alors ça mérite encore 5 étoiles de plus...
Publié le 07 décembre 2025
3
@Laurance Tallergé Ce conte enchanteur nous plonge dans une atmosphère tendre et mystérieuse. La transformation intérieure de Miranda, guidée par la bienveillance fantasque de Kimbala, est racontée avec poésie et finesse. Vous parvenez à créer un univers lumineux, où l’imaginaire devient chemin de découverte. Ainsi, la phrase : « Son phare, finalement, dont la lanterne, à la nuit tombée, balayait Paris de ses feux. », condense joliment l’idée de lumière intérieure et de souvenir, tissant peut-être un lien entre l’enfance et l’âge adulte. Bref, un très beau récit initiatique, sensible et inspirant.
Publié le 07 décembre 2025
3
L’intrigue est menée avec un réel savoir-faire : la disparition de Jules devient peu à peu un mystère prenant, construit par touches pointillistes. Un simple rendez-vous manqué entraîne le lecteur dans un univers mêlant amitié, monde de l’art, faussaires et menaces. Le récit avance avec méthode, sans précipitation, tout en installant une tension croissante qui donne envie de suivre Dercol jusqu’au bout. /**********/ Le style, solide, fournit un exposé clair des faits. Malgré tout, il me semble pécher par excès de linéarité. Tout est décrit avec précision, méthodiquement, souvent plus dans la logique d’un rapport que dans celle d’un récit incarné. Les impressions et autres nuances émotionnelles restent en retrait, ce qui crée une distance entre le lecteur et les personnages. Ainsi, le dialogue entre Dercol et Annie, lors de leur tout premier échange, reste impersonnel, un peu comme s’ils étaient en train de commenter une procédure et non un inquiétant silence d’ami, alors qu’ils sont amants. Le manque d’affect atténue la tension dramatique. Un peu plus de subjectivité, de trouble ou de sous-texte permettrait sans doute d’humaniser davantage ces scènes.
Publié le 28 novembre 2025

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