Cher @Philippe RIBAGNAC. Après la lecture (jusqu'à la fin ! :-)) de Passion et flétrissures, je rejoins la cohorte des lecteurs qui estiment que vous avez du courage. Il en faut effectivement pour se livrer ainsi, dire les profondeurs de son intime sur tous ces sujets existentiels, la passion amoureuse, le désir sexuel, les inhibitions culturelles, familiales et religieuses ... il y en a sûrement d'autres. Je salue donc cette témérité littéraire sur le fond (Heather vous a-t-elle lu ?), mais également la forme, votre langue, maîtrisée, précise, sans ornements roboratifs mais épaisse et sincère pour narrer avec honnêteté toutes ces tempêtes éruptives, qui se succèdent sur 20 ou 30 ans.
Il me reste cependant à vous poser une ou deux questions qui me taraudent, à la lumière de mon expérience personnelle. Vous évoquez la "bipolarité" de cette femme écossaise, personnage central de l'histoire. Pour avoir de mon côté beaucoup souffert également, dans le domaine affectif et amoureux, de la proximité d'une personne très affectée (selon moi) par un ou des troubles psychiques, j'ai osé ces mots de "troubles" mais très tardivement dans mon histoire.
N'avez vous pas souhaité enquêter sur l'origine / les causes de ces troubles (innés ou acquis ou les deux), sur une incapacité forte de la médecine (psychiatrie) à les déceler, les caractériser, les diagnostiquer, les prendre en charge ; et enfin l'impéritie de l'institution judiciaire qui, n'ayant pas de tableau médical clinique affirmé devant les yeux, considère ces personnes affectées comme des justiciables " normaux " et standards. Ce qui induit des monstruosités judiciaires, financières, et psychiques pour celle ou celui qui en est la vraie victime.
Mon expérience longue et douloureuse jusqu'à un divorce interminable a montré (pour moi, ceci n'engage que moi) combien le droit et la justice sont incapables de désigner véritablement les bourreaux et les victimes dans ce genre de contexte. Inutile de rajouter que les enfants issus d'une telle union sont les vraies et principales victimes, durablement marqués par ces traumatismes lourds, et que la justice ne reconnait pas. Ils vont porter cela toute leur vie, c'est absolument certain. Les dégâts sont immenses.
Vers la fin de votre opus, vous mentionnez votre générosité financière et les transferts d'argents vers le compte de cette personne (Heather). Ceci a terriblement résonné chez moi, eu égard à mon expérience. J'ai d'ailleurs écrit aussi (ma petite psychanalyse perso !) une saga relatant tout ce parcours de vie cahotique et chaotique intitulé " Adolphine ou les lésions dangereuses " ( Hommage à Boris Vian).
Je suis arrivé à la conclusion que ces troubles font croire à de beaux et vrais liens (on croit à la magnifique " symbiose " ). Il n'en est rien. Les véritables intentions qui se cachent derrière ces troubles qui corrompent tous les liens sociaux, familiaux, affectifs, en les monétisants sont des intentions de parasitisme. J'ai même inventé pour ce faire un néologisme : la parasitopraxie, c'est à dire l'ensemble des pratiques et comportements d'un être qui en faisant croire à son amour et à sa fougue affective (sexuelle), ne recherche (comme un champignon sur un arbre) qu'a assurer sa survie au dépend d'un parasité. Les ressorts utilisés sont le mensonge, le leurre, la victimisation, la calomnie dans votre dos, la perversion, une forme de mythomanie, et j'en passe ... vous serez aimés uniquement parce que vous êtes bankable. Comme un arbre vous êtes un fournisseur de sève, au sens métaphorique du terme. N'oubliez pas que le champignon pille l'arbre car en tant que champignon il ne sait pas faire de la photosynthèse. Il prend donc la matière carbonée prête à l'emploi produite par un autre qui fait le travail.
Je ne sais pas si votre histoire va " jusque là " mais elle a réveillé la mienne de manière brûlante. C'est un gage de qualité s'agissant de votre écrit et je lui décerne donc trois cœurs avec joie.
Merci et je vous souhaite de continuer une belle route en compagnonnage de la lecture et de l'écriture.
Publié le 14 septembre 2026