"Sous l’œil des poissons" de Pierre Manzon-Jolyon est la sélection d’octobre Prix Concours monBestSeller

Interview
Le 23 oct 2020
Interview d’un jeune auteur précoce et mature.
Pierre Manzon-JolyonPierre Manzon-Jolyon
Question: 

Pierre Manzon-Jolyon, vous avez 23 ans, vous publiez ici votre 3ème roman. Vous êtes tombé dans l’écriture comme Obélix dans le chaudron de potion magique ?

Réponse: 

Pierre Manzon-Jolyon Je vois que nous avons les mêmes références (rire) ! J’ai en effet grandi dans un milieu culturel et littéraire. Mes parents sont de grands lecteurs et je les vois dévorer des livres depuis toujours. À la maison, il y a des revues Lire et Télérama posées sur chaque meuble et des bibliothèques pleines à craquer. J’ai commencé l’écriture en primaire, dans un cahier à grands carreaux. Je m’initiais à l’art de la rime en écrivant des poésies pleines de fautes. Je me souviens des premières rédactions à faire à la maison. Comme dans le film Au milieu coule une rivière, je devais raccourcir, modifier, sans cesse recommencer, pour ne garder que le bon et l’essentiel. Ma mère m’enseignait une rigueur dont je bénéficie aujourd’hui. Mon père écrivait des textes qu’il nous lisait parfois. Je trouvais sa plume poignante et drôle et sans doute me donna-t-elle envie d’écrire.

 

Question: 

A 23 ans, quelle est la place de l’écriture dans votre vie ? Quelle est votre organisation pour écrire ?

Réponse: 

À 23 ans, ma vie ne tourne pas (encore) autour de l’écriture. J’aime sortir, bouger, m’aérer, voir du monde. J’ai beaucoup de loisirs, comme la photo, le sport et la pêche (encore des poissons). J’aime varier les plaisirs et toucher à tout. Petit, j’ai eu la chance de pouvoir multiplier les activités. En grandissant, aucune n’a jamais pris le dessus sur les autres et je suis content, aujourd’hui, d’avoir plusieurs cordes à mon arc. Je regarde beaucoup de reportages / documentaires sur des sujets très variés. Cela me donne des idées et me permet d’enrichir le contenu de mes histoires en étant précis et crédible.  

Mais à 23 ans, ma vie n’est pas que loisirs. J’ai aussi un travail et il est difficile de concilier écriture et job à temps plein. Pour ma part, j’ai beaucoup de mal à écrire le soir, après une journée au cabinet. Pas facile de faire le vide, de créer sa bulle, de replonger dans une histoire et ses personnages. J’écris alors des textes courts, des pensées, des idées... L’écriture demande un entraînement continu et j’essaie de ne jamais arrêter entre deux romans.

 

Écrire un 3ème roman, c’est la volonté de faire mieux que le 2ème et la peur de faire moins bien.

C’est aussi du masochisme, quand on sait ce qui nous attend.

 

Question: 

C’est quoi un 3ème roman (par rapport à un 1er, un 2nd ?) ? Vous l’aviez déjà en vous ? Vous l’avez fait patienter ? Qu’elle a été son déclic ?

Réponse: 

Écrire un 3ème roman, c’est la volonté de faire mieux que le 2ème et la peur de faire moins bien. C’est aussi du masochisme, quand on sait ce qui nous attend. C’est repartir au front pour une terrible bataille contre soi-même. C’est apprendre de ses erreurs et écouter les conseils pour s’améliorer.

J’angoisse toujours en sentant la fin d’un roman arriver. J’appréhende le vide qu’elle va laisser, ce sentiment d’être essoré, ce manque, cette solitude, la nostalgie d’une aventure qui se termine. Alors je reste à l’affût d’idées, de sujets, de thèmes, pour une prochaine histoire. Cela me rassure et m’aide à traverser le désert qui m’attend.

Avant de terminer mon deuxième roman, j’avais déjà cette envie d’écrire une histoire avec plusieurs narrateurs liés les uns aux autres. Je trouvais intéressante, l’idée d’un livre qui avance au rythme des rencontres. Je voulais également parler de la solitude, de l’ennui, et bousculer la vie de gens comme vous et moi. Il n’y pas vraiment eu de déclic. Je me suis lancé et me suis laissé porter.

 

Sous l’œil des poissons
Question: 

Sous l’œil des poissons est un texte assez particulier où vous construisez une histoire autour de 13 personnages qui se croisent, se racontent, se rencontrent. Que pouvez-vous dire à vos lecteurs au delà de ce que vous avez écrit dans le synopsis ?

Réponse: 

Sous l’œil des poissons met en scène treize personnages, de milieux et d’âges différents, s’exprimant les uns après les autres. Des liens se tissent entre eux, au fil de rencontres hasardeuses et émouvantes. Ils nous plongent dans leur quotidien et nous racontent leurs plaisirs, leurs névroses, leurs manques, leurs excès, leur mal-être et leurs espérances. Leurs chemins se croisent et leur vie change, de manière aussi belle qu’inespérée. Ils sont la preuve que tout peut arriver, que le destin nous joue des tours.

 

Question: 

Vous l’avez d’abord auto-publié sur Amazon. Qu’avez-vous tiré de cette expérience ? De bonnes ventes ?

Réponse: 

Amazon m’a procuré l’immense satisfaction de tenir entre mes mains mon propre livre relié. J’ai pu obtenir des encouragements, grâce auxquels j’ai entrepris la rédaction d’un deuxième, puis d’un troisième roman. À vrai dire, je n’attendais rien d’autre. Je n’ai jamais espéré faire fortune sur Amazon, vues les redevances (rire). J’étais parfaitement conscient d’être en concurrence avec des milliers d’ouvrages, mais je me suis rendu compte à quel point nous étions nombreux à écrire. Grâce à l’autoédition, j’ai également fait l’objet d’articles dans la presse locale. J’ai par la suite été contacté pour être membre du jury d’un concours littéraire amateur. Ces coups de projecteur ont valorisé mon travail, ce qui est fondamental pour persévérer. 

Mélissa da Costa, aujourd’hui éditée chez Albin Michel, a tout comme moi commencé sur Amazon, et m’a conseillé monBestSeller.

 

Question: 

Puis quelques mois après vous le publiez sur monBestSeller. Pour recueillir commentaires et critiques, des contacts avec vos lecteurs que vous n’aviez pas sur Amazon ? Comment êtes-vous venu ?

Réponse: 

L’histoire est plutôt folle. Il y a environ un mois, j’ai été appelé pour participer à un salon du livre réunissant des écrivains indépendants et édités. Parmi les « stars » conviées cette année, figure Mélissa da Costa, auteure de Tout le bleu du ciel. Je l’ai contactée pour connaître son parcours et obtenir des conseils. Sympathique et réactive, Mélissa qui avait, tout comme moi, commencé sur Amazon, m’a conseillé Monbestseller. Après une remontée dans le classement, son livre avait été sélectionné pour le prix concours annuel. Vous connaissez la suite, Mélissa est aujourd’hui éditée chez Albin Michel. Je me suis alors empressé de publier mon manuscrit sur mBS pour obtenir des retours constructifs et me voilà aujourd’hui, moi aussi, parmi les finalistes.      

Certains de mes lecteurs qui me suivent ont joué le jeu en se créant un compte pour poster un commentaire, je sais qu’ils iront lire d’autres auteurs sur monBestSeller.

 

Question: 

Dès les premiers jours, vous recevez de nombreux commentaires. De connaissances vous ayant déjà lu ? Croyez-vous que vos premiers lecteurs puissent l’être également d’autres livres sur mBS, répondant ainsi à un de nos principes fondateurs, que chaque nouvel auteur s’accompagne de 10 nouveaux lecteurs qui découvrent gratuitement les auteurs indépendants de mBS ?

Réponse: 

À 23 ans, j’ai en effet cette manie d’utiliser les réseaux sociaux, notamment pour promouvoir mes livres et partager les articles de presse. Suite à mon inscription sur mBS, certains de mes lecteurs ont joué le jeu en se créant un compte pour poster un commentaire. Ce sont des personnes qui me suivent et qui ont lu mes trois romans. En faisant la pub de « mes poissons », j’ai fait connaître la plateforme à beaucoup de monde (plus de 2000 vues sur mes publications LinkedIn), dont la majeure partie a moins de 25 ans. Je connais leur curiosité et je sais qu’ils iront lire d’autres auteurs sur monBestSeller.

Je voulais écrire un livre sur l’importance de ces personnes que l’on croise et qui bouleversent notre équilibre ; ces rencontres « qui marquent le temps, en créant un avant et un après » (E-M Schmidt).

 

Question: 

Vous avez reçu également un commentaire très complet remarquant que votre fresque de personnages est un reflet d’une société gâtée totalement insatisfaite, « comme si l’auteur avait voulu ainsi signer le côté artificiel et amorphe de toute une époque ». Êtes-vous d’accord avec cette remarque ? Est-ce un tableau que vous avez peint en connaissance de cause ? Ou, ces personnages se sont dessinés ainsi au fil du récit ?

Réponse: 

Les personnages de ce roman sont ni plus ni moins les reflets de notre société. Soit ils tombent dans une monotonie implacable, qui les anesthésie et les rend effectivement amorphes ; soit ils tentent d’échapper à l’ennui par tous les moyens, au point de sombrer dans la folie, la névrose, ou de multiplier les excès. Les rencontres que nous faisons ont une influence énorme sur le cours de nos vies. Elles nous font prendre des décisions, elles nous raccrochent ou nous émancipent. Je voulais écrire un livre sur l’importance de ces personnes que l’on croise et qui bouleversent notre équilibre ; ces rencontres « qui marquent le temps, en créant un avant et un après » (E-M Schmidt). La spontanéité et le hasard sont parfois miraculeux. Je n’ai pas voulu dénoncer les travers de notre époque, je ne suis pas moralisateur. J’ai seulement écrit une histoire avec des personnages qui me ressemblent, avec leurs défauts et leurs qualités, leur courage et leurs faiblesses.

Ce roman me ressemble, il est positif, et plein d’espoir.

 

Pierre Manzon-Jolyon sur son bureau
Question: 

C’est aussi un texte léger, gai. Cela vous ressemble-t-il plus que le « vide sidéral de notre société » ?

Réponse: 

Ce roman me ressemble, en effet. Il va à l’essentiel, il n’en fait pas trop, il passe partout. Il est positif, et plein d’espoir. Il ne prend pas la tête et n’est pas difficile. Il a souvent le mot pour rire et je pense qu’avec lui, on passe un moment agréable (rire) !

 

Question: 

Vous découvrez monBestSeller. Qu’avez-vous envie d’en dire ici ?

Réponse: 

J’ai publié Sous l’œil des poissons sur mBS en tant que néophyte et j’ai découvert, au cours de ces dernières semaines, ce microcosme foisonnant d’intellectuels, de lecteurs chevronnés, d’auteurs talentueux et de gens bizarres (rire)… J’ai été amusé de lire certains commentaires au style bien fumeux. J’ai parfois observé des rivalités, des rancœurs, une surenchère de prouesses littéraires aussi soporifiques qu’incongrues. J’ai l’impression que monBestSeller est une grande famille, avec ses doyens, ses « petits nouveaux » et ses vilains canards. Mes « poissons » ont remonté le courant, je vis une aventure formidable et je suis très heureux de faire partie de cette communauté.

 

Question: 

On dit qu’on écrit ce qu’on aime lire. Quels sont les livres sur votre bureau ?

Réponse: 

Je préfère être honnête, contrairement à mes parents, je ne suis pas un grand lecteur. Je lis en vacances ou les jours de pluie, mais je trouve souvent mieux à faire. Malgré tout, j’aime les classiques de Voltaire, le suspens de Douglas Kennedy, l’humour de Jean-Paul Dubois, les paysages de Jack London. En référence à votre première question, j’ai encore sur mes étagères la collection complète d’Astérix, que je trouve intemporelle.

Ce troisième roman montre également mon énergie, ma persévérance, ma passion et ce rêve d’être édité que je poursuis, livre après livre. 

 

Question: 

Le mCL de monBestSeller sélectionne un livre chaque mois qui est ainsi nominé au Prix Concours de l’Auteur Indépendant que nous organisons chaque année. Trois auteurs ont ainsi été repérés par les éditeurs membres du jury 2019. Si vous deviez défendre votre livre devant un jury d’éditeurs, que leur diriez-vous en quelques lignes ?

Réponse: 

Pas facile de vendre son livre sans passer pour un gamin prétentieux (rire) ! En écrivant ce troisième roman, j’ai vraiment senti que je passais un cap. Les lecteurs ont remarqué la progression et le gain de maturité. J’ai pris énormément de plaisir à écrire ce texte, du début à la fin. Je suis rentré à fond dans chaque personnage et ils se sont enchaînés avec fluidité, comme une évidence. J’ai véritablement trouvé mon style et je sais désormais pour quel roman je suis fait. Les lecteurs me demandent souvent, à 23 ans, d’où je sors des histoires pareilles. D’ailleurs, je ne sais pas leur répondre. Sous l’œil des poissons révèle ma polyvalence, ma capacité à faire parler des hommes, des femmes, des jeunes et des vieux, de classes sociales différentes. Je pense que c’est un atout pour la suite, qui me donne la possibilité de varier les contextes, les milieux, les personnages. Il montre également mon aisance à raconter des histoires entraînantes, à inventer des vies, à créer de toute pièce des protagonistes, à les rendre crédibles et profonds, sympathiques et attachants. Ce troisième roman montre également mon énergie, ma persévérance, ma passion et ce rêve d’être édité que je poursuis, livre après livre.  

 

Question: 

Vous avez un 4ème roman en cours ?

Réponse: 

En effet, j’ai en tête la trame d’un prochain roman. J’ai terminé Sous l’œil des poissons depuis maintenant plusieurs mois et je sens monter cette énergie qui me pousse à entreprendre « une 4ème aventure ». J’ai des idées en vracs, des personnages encore flous, mais un fil rouge qui se précise, un squelette qui s’articule. J’ai écrit plusieurs débuts qui ne me conviennent pas encore. Je dois lancer la machine, amorcer l’histoire, pour ensuite pouvoir dérouler. Je cogite beaucoup en ce moment, j’ai du mal à trouver ma voie, à me concentrer sur l’écriture. J’attends un coup du destin qui m’apportera la réponse, peut-être une rencontre qui changera ma vie, comme pour mes personnages. 

 

Merci @Fred Opalka , je savoure en effet cette reconnaissance et ces coups de projecteur sur mon travail. Je serai ravi d'avoir un retour de votre part sur la page des "poissons".
À bientôt,
Pierre.

Publié le 25 Octobre 2020

@Pierre Manzon-Jolyon,

Je n'ai pas encore lu votre Roman. Néanmoins, je voulais vous féliciter pour cette ascension. On ne peut qu'être heureux pour vous et cette fulgurance qui vous accompagne depuis le début. En espérant qu'elle continuera sur cette synergie. Ne pouvant vous souhaiter que de bonnes choses pour la suite, profitez pleinement de ces instants... Félicitations... et à bientôt, je l'espère, sur la page dédiée à votre roman.
Avec ma plus grande sympathie,
Fred Opalka

Publié le 25 Octobre 2020

Un grand merci à toute l'équipe de @monbestseller pour cette sélection et cette interview ! Je suis très honoré de faire partie des finalistes et j'espère que l'aventure ne fait que commencer.
@Michel Canal , merci également du fond du coeur, votre commentaire me touche. J'espère que le roman vous plaira ! Au plaisir d'échanger avec vous. Pierre.

Publié le 24 Octobre 2020

Tout d'abord, sincères félicitations, @Pierre Manzon-Jolyon, pour la sélection d’octobre au Prix Concours monBestSeller, choix mérité.
J'avais eu un aperçu de votre talent lors de la sélection du "Livre le + du 28 septembre", ce qui m'avait amené à aller sur votre page, pour y constater "hélas" que le troll, toujours à l'affût des nouveautés, vous avait souhaité un accueil à sa façon. Heureusement, ses premiers commentaires ont disparu avec la suppression de son pseudo d'alors.
J'ai beaucoup apprécié cette interview. Elle est le reflet de votre jeune talent prometteur et de la pertinence de votre analyse de la plateforme : "... ce microcosme foisonnant d’intellectuels, de lecteurs chevronnés, d’auteurs talentueux et de gens bizarres (rire)… J’ai été amusé de lire certains commentaires au style bien fumeux. J’ai parfois observé des rivalités, des rancœurs, une surenchère de prouesses littéraires aussi soporifiques qu’incongrues. J’ai l’impression que monBestSeller est une grande famille, avec ses doyens, ses « petits nouveaux » et ses vilains canards." C'est bien observé !
Cette fois plus disponible, je me suis empressé de mettre "Sous l'oeil des poissons" dans ma bibliothèque.
Il me semble que je me dois de vous signaler (petit aparté), à toutes fins utiles, que vous avez paramétré les marges gauche et droite avec l'idée de la laisser plus importante côté reliure, mais qu'au final, elle se retrouve du mauvais côté une page sur deux.
Au plaisir de vous lire et de vous retrouver pour un retour de lecteur.
Avec ma plus vive sympathie. MC

Publié le 24 Octobre 2020