Actualité
Le 05 mai 2019

Amazon : le monstre qui nous nourrit en même temps qu’il nous tue

Amazon sauve-t'-il le livre ? On lui fait porter la responsabilité de tous les maux. Mais à y regarder de plus près, si Amazon met en danger un équilibre traditionnel du livre, il est peut-être en train d'en recréer un autre, plus durable.
Amazon : un gentil ou méchant monstreAmazon : un gentil ou méchant monstre

Les ventes de livres s'érodent inéluctablement…Amazon en porte sans doute sa part de responsabilité. Mais dans cette période perturbée, a-t’il amorti ou aggravé une chute commerciale importante. En conduisant les acheteurs de livres à s’orienter vers internet, c'est sûr, il a participé à amortir la dégringolade des ventes.

Amazon  : un coupable trop évident

Faire porter le chapeau exclusivement au groupe américain est une façon de ne pas affronter les vraies questions.
Ce n'est pas Amazon qui est responsable de la fuite des lecteurs. Au contraire il en réduit sans doute l'érosion en facilitant l'accès aux livres. 

En France, le problème n'est pas qu'un problème de distribution. C'est aussi un problème de lecture. Ce n'est pas le nombre de lecteurs qui est critique. Selon IPSOS 91 % des Français déclarent avoir lu un livre en 2018 et  51 % des Français déclarent en avoir acheté un. Mais les grands lecteurs se raréfient, et l’impact sur le commerce est lourd.

Multiplier la publication de livres : remède et poison.

La réponse des éditeurs qui consiste à multiplier les références est à la fois un remède et un poison. Cette stratégie permanente qui consiste à lancer des nouveautés pour tenir une actualité « vive » du livre a pour effet de réduire l’espérance de vie des livres dans les librairies. Les libraires en renvoyant les invendus sur des périodes de plus en plus courtes mettent en danger leur propre trésorerie (décalage entre facturation et remboursement). Les marges de libraires, déjà limite : 38 % en moyenne, s'en trouvent affectées.

Enfin, les pouvoirs publics ont certes protégé les libraires par un prix unique du livre. Mais ils ont, en leur imposant des taxes lourdes (qu'Amazon n'a pas subi) et des quartiers entièrement piétonniers en centre ville, sanctionné le commerce physique. 

Amazon ne nuit pas aux librairies indépendantes.

Selon la Harvard Business School, Amazon n’a pas véritablement délogé les librairies indépendantes aux US dont le nombre s’est accru de 35 % entre 2010 et 2017. En revanche il a considérablement nui aux chaînes de distribution comme Barnes & Noble et Borders qui sont largement affectées, voire mortes. .

En France, d'’après Matthieu de Montchalin, président du Syndicat des Libraires : « il n’y a pas de surmortalité des librairies indépendantes ». Ce sont aussi les chaines qui en subissent les conséquences : feu Virgin ou Chapitre. C’est par les événements, les salons, les signatures, les festivals, les lectures que les libraires attachent et fidélisent. Ceux qui pratiquent une politique de proximité et de fidélisation réussissent généralement.

Du même coup, (stratégie ou alibi ?), Amazon a ouvert ses propres boutiques. Plus de 20 aux USA, à la date d’aujourd’hui. Certes ces grandes librairies de 300/ 400 m2 se concentrent sur les best-sellers, mais elles prônent une forme d’interactivité intéressante pour une librairie : notation de l’enseigne et des lecteurs sur les ouvrages proposés par un système d’attribution d’étoiles.

Avec Amazon Kindle Direct Publishing (KDP), le groupe américain a lancé le principe de l’autoédition : Chacun peut publier son livre sans transiter par une Maison d’édition. Nous sommes tous potentiellement des auteurs. Une révolution.
Fini les longues angoisses liées à l’absence de réponses des Maisons d’édition, les réponses négatives types plus décourageantes encore. Terminé les critères énoncés de ligne éditoriale qui ne sont pas souvent cohérents avec leurs choix définitifs.

Bienvenue à une transparence des rémunérations, au « revival » des livres anciens qui découvrent une nouvelle jeunesse via la vente en ligne.

Amazon : Concentrer les fonctions d'éditeur et de distributeur de manière monopolistique conditionne l'offre

Reste le problème du statut de la profession jusqu'alors différencié : éditeur - distributeur physique- distributeur en ligne. A fusionner ces trois fonctions, via, a fortiori une selection autoritaire des auteurs, on risque de nous imposer à terme du "Prêt à penser"

Les impôts qui imposent aujourd'hui des conditions de concurrence déloyale en France et en Europe aux libraires doivent impérativement rétablir de nouveaux équilibres. Ce doit être un point à traiter en priorité.

Amazon : le monstre nous nourrit en même temps qu’il nous tue.

10 CommentairesAjouter un commentaire

Amazon est le seul moyen, pour un auteur refusant de céder ses droits à un éditeur (au nom de quoi, d'ailleurs ?), pour un auteur qui ne fait pas "l'unanimité du comité de lecture" (Céline aurait-il fait l'unanimité d'un comité de lecture ?), pour un auteur impatient de voir son livre publié, de rencontrer son lectorat. On peut cependant noter l'essor du nombre de librairies qui -enfin- ne méprisent plus les écrivains indépendants.

Publié le 14 Mai 2019

Merci pour tous ces commentaires excellents. Je note la grande lucidité des uns et des autres sur la réalité de la situation. Toutefois, je suis en désaccord avec le fait qu'Amazon offrirait la transparence sur la rémunération des auteurs. Pour discuter régulièrement avec des auteurs nord-américains, c'est malheureusement l'inverse qui est vrai. Amazon abuse de son pouvoir même si ses outils fonctionnent très bien. Il a reproduit une autre forme du déséquilibre entre l'auteur et celui qui l'aide à se publier. D'une part, il monopolise toutes les données des lecteurs à son seul profit et d'autre part des voix de plus en plus nombreuses s'élèvent pour dire que la transparence sur les ventes est loin d'être évidente. C'est un euphémisme. Amazon n'est d'ailleurs pas le seul en cause. C'est pourquoi des solutions comme MBS et d'autres sont essentielles pour les auteurs car elles leur permettent de partager leurs expériences. Amazon comme les grands éditeurs et distributeurs joue sur le fait que l'auteur est bien seul, bien petit et qu'il aura souvent tendance à considérer qu'il n'a pas eu de chance ou qu'il n'a de toutes façon pas le choix pour accéder au grand public. Auteurs de tous les pays, unissez-vous ! Le grand progrès d'internet c'est la mise en réseau des gens et la possibilité de construire enfin des modèles sans intermédiaire entre les auteurs et leurs lecteurs. C'est possible !

Publié le 13 Mai 2019

Amazon ne nous nourrit pas plus qu'il ne nous tue. Ni un monstre qui tel un Moloch ou un Gengis Khan avalerait tout sur son passage ou laisserait derrière lui des terres brûlées, dont les librairies indépendantes. On ne peut nier l'efficacité de services de cette plateforme qui répond à la demande et là où il y a demande, il y a marché. Amazon est la célèbre "Samaritaine" actuelle. On y trouve tout (et aussi n'importe quoi) avec une gamme de qualité qui va du pire au meilleur, bouquin inclus. Au fond, c'est plutôt le public qui nourrit Amazon que l'inverse.
Beaucoup de librairies ont fermé, mais à mon sens, la faute n'en incombe pas, mais si partiellement, à Amazon qui propose et dont nous disposons "librement". Nombre de libraires, il faut l'admettre, sont juste des marchands de papier.
Ils vendent les bouquins que les grosses maisons d'édition (et les médias) leur imposent. Et s'il est vrai qu'il y a quelques années, cela faisait vivre tant bien que mal les librairies, ce n'est plus le cas aujourd'hui. Non seulement,elles sont concurrencées par les grandes surfaces et internet, mais aussi par les sites (nombreux) de vente de livres d'occasion (et les vides-greniers, merci Catarina !), pour un gros lecteur le prix des livres étant prohibitif niveau budget !
Souvent n'ayant pas lu les ouvrages qu'ils proposent par manque de temps ou par "inondation" de nouvelles publications, mais aussi parfois par désintérêt, n'étant pas tous des passionnés, ils ne peuvent conseiller les lecteurs qui se retournent alors vers Amazon (entre autres) et depuis récemment, vers ces "nouvelles librairies".
Peu nombreuses actuellement, elles se multiplient néanmoins sous la forme par exemple de cafés littéraires où lecteurs, libraires et auteurs peuvent échanger. Sur leur vitrine, fleurissent les conseils du libraire. Un modèle de convivialité vers lequel nos sociétés désenchantées et quelque peu déshumanisées, reviennent lentement.
Et puis personne n'a jamais empêché un libraire de refuser ce que les Big ME lui refourgue sans lui demander son avis. Il y en a qui le font.
Et personne n'a jamais empêché non plus les auteurs indés d'ouvrir, sous forme de coopérative, leur propre librairie, (et même leur journal littéraire) court-circuitant ainsi des "mastodontes" que bon nombre d'entre eux critiquent, mais qu'ils utilisent cependant allégrement, non sans incohérence.
L'une des raisons est qu'ils ne sont pas fichus de s'entendre au collectif aux motifs individuels d'ego et d’égoïsme. Au moment de s'impliquer, il ne reste plus grand monde ! La multitude d'initiatives tombées à l'eau à peine ébauchées en témoignent.
Au moins, Amazon est dépourvu d'ego (sauf au moment de payer ses impôts, mais c'est une autre histoire) et comme beaucoup de systèmes économiques actuels, sa pérennité dépend de nous et non l'inverse.
Enfin bref.... Vaste débat !

Publié le 12 Mai 2019

Bonjour, merci pour cet article @monbestseller ! Je ne peux que souscrire au commentaire d'@Hubert Letiers qui fait le tour de la question. Ce sont les libraires et l'édition eux-mêmes qui, par manque de souplesse intellectuelle et bridés par un système d'impression et de distribution archaïque, se tirent une balle dans le pied. A l'heure du développement durable, il va tout de même falloir réfléchir sérieusement à l'impression à la demande et à l'achat sur catalogue plutôt que de continuer à imprimer des millions d'exemplaires que personne n'achètera, qui seront mis au pilon et que le consommateur (lecteur) finit par payer car vingt euros un livre en librairie, excusez-moi, mais il faut être riche pour être un grand lecteur, mais c'est aussi le coût de tout ce gâchis.
Les libraires pourraient ne présenter par exemple que les beaux livres et les livres d'occasion, ainsi qu'une vitrine d'impression de couvertures de livres à imprimer, également sur catalogue et en impression à la demande, disponibles très rapidement, voire même instantanément en cas d'imprimante à livre installée dans la librairie.
Un autre paramètre à revoir est le coût d'envoi d'un livre par la poste, complètement aberrant et qui empêche l'envoi de livres au détail. Dans ces conditions, le monopole des distributeurs actuels à destination des librairies est assuré (et fort cher : répercuté sur le prix final de l'ouvrage).
J'ajouterai qu'en France tout le monde est prêt à défendre la cause des éditeurs et des libraires, par contre personne ne pense à la rétribution des auteurs (à part ces derniers) et personne ne se battrait pour qu'ils aient des revenus décents de leurs œuvres. Le public et le système privilégie donc les intermédiaires au détriment des artistes, et donc préfère les commerçants aux créateurs .. les commerçants continueront donc de vendre du produit de qualité discutable puisque l'auteur est le seul "non professionnel" dans toute cette chaîne, obligé d'avoir un "vrai boulot" à côté.
Et pour ce qui est de la loi sur le prix unique, à qui profite-t-elle je vous le demande ? Pas aux auteurs en tous cas qui ne peuvent faire de promo sur leur livre et favorisent donc l'achat sur internet d'exemplaires d'occasion.
Quant à la prolifération des petits éditeurs que mentionne à très jute titre @Lamish, je pense qu'elle est due d'une part à l'existence d'un certain nombre d'opportunistes qui jouent sur le fait que tout le monde ou presque veut écrire un livre, ce qui fonctionne pas mal pour ces éditeurs autoproclamés, et d'autre part au souhait d'auteurs sincères de promouvoir leur passion et qui eux, ne manquent pas de se faire broyer par le gros système.
Pour finir, voici comment je suis venue à Amazon il y a vingt ans : tout simplement pour acheter les livres scolaires, réclamés par le corps enseignant dans un délai assez court. Considérant que je travaillais et que la librairie fermait à 19h, Amazon m'a donc sauvé la vie en me permettant de commander les livres chez moi le soir quand mes enfants étaient couchés et de les recevoir dans la boîte aux lettres le lendemain ou dans les 2 jours, sans avoir à faire la queue à la librairie. Comme vous le savez, l'emploi du temps des mamans de jeunes enfants est serré : courses, médecin, activités, devoirs, repas, toilette et coucher les petits à 21h maxi, quand on est chez soi à 19h, cela relève de l'exploit ! ... Et c'est peu de le dire ! Je pense que bon nombre de parents ont alors choisi cette solution, qui devient par la suite, une habitude... Que proposer, à part que les commerces ferment plus tard ?
Bien à vous et merci pour ces discussions intéressantes.

Publié le 12 Mai 2019

Avis aux lecteurs qui, sur Amazon, passent commande « à l’unisson »
Son fondateur, lui, se paye en retour en commandant l’alunisseur !
Alors excusez-moi, si je ne prends pas part au voyage :
Je préfère continuer à commander chez mon petit libraire.
Pour gagner la lune, j’ouvre un bon Jules Verne, un vieux Hergé,
Ou encore Cyrano de Bergerac… et c'est très bien.

Publié le 10 Mai 2019

Il me semble que le premier secteur d’activité directement impacté par Amazon est celui de l’imprimerie. Lorsque l’on ne dispose pas d’une entreprise à proximité, ou qu’il y en a une à trois fois le prix proposé par ce géant, la décision est vite prise. Nous sommes nombreux à l’alimenter.
On prétend aussi qu’Amazon aurait sauvé les librairies de livres anciens ou d’occasion d’une mort certaine en les mettant en ligne sur son site, mais cette démarche était déjà possible via Ebay, à qui Amazon dame lentement mais sûrement le pion, en véritable rouleau compresseur.
Paradoxalement, il est intéressant de voir augmenter le nombre des petits éditeurs, comme une réponse à un besoin de proximité inexistant chez Amazon.
Concernant le tort fait aux éditeurs et librairies, les avis sont divers :
Selon le professeur Ryan Raffaelli, de la Harvard Business School, Amazon n’a pas fait de tort aux librairies indépendantes aux États-Unis dont le nombre s’est accru de 35 % entre 2009 et 2015. Ce sont plutôt les chaînes qui ont souffert, comme Borders ou Barnes & Noble. https://www.contrepoints.org/2018/09/13/324942-amazon-a-fait-reapparaitre-la-librairie-independante
Dans une interview, Muriel Beyer indique : « J’aurais tendance à dire qu’aujourd’hui, c’est Amazon qui permet de vendre des livres. Il sera probablement le gagnant de Noël pour plein d’autres secteurs ». Amazon serait donc plutôt une chance pour l’édition. C’est un éditeur qui l’affirme !
https://www.contrepoints.org/2019/01/08/334185-amazon-va-t-il-sauver-le-livre
En France, d’après Matthieu de Montchalin, président du Syndicat des Libraires, qui s’exprimait dans Les Échos, « il n’y a pas de surmortalité des librairies indépendantes ». Ici aussi, ce sont les chaînes qui trinquent, telles Virgin ou Chapitre. Et si les librairies de quartier résistent, c’est parce qu’elles organisent des événements, participent à des festivals, des salons, sont toujours davantage à l’écoute de leurs clients qu’elles fidélisent.
https://www.lesechos.fr/2017/01/matthieu-de-montchalin-il-ny-a-pas-de-surmortalite-des-librairies-independantes-161721
Le vrai problème est que l’édition représente une part infime du chiffre d’affaire d’Amazon, que de ce simple fait, ils peuvent tenir la rue longue, même s’il devient déficitaire.
Du coup, le problème n’est plus de juger de l’impact actuel ou à court terme de ce géant sur les différents prestataires de ce secteur. Il est de se demander à quel moment il se sera suffisamment engraissé pour devenir intouchable. A ce moment-là, malheureusement, il sera trop tard pour constater que nous sommes devenus impuissants, puisque totalement dépendants de lui.
Merci pour cette tribune et bonne journée à tous. Michèle

Publié le 09 Mai 2019

Amazon a deux activités principales: la première est le i-cloud, dont il est numéro 2 mondial, et qui engendre à elle seule la quasi totalité des copieux bénéfices d'exploitation du groupe.
La seconde est la logistique, laquelle inclue la distribution des livres papiers autant que numériques.
Amazon n'est donc pas "le plus grand libraire du monde" comme le mentionne souvent certains articles racoleurs à la solde du syndicat du livre.
Non, Amazon est une plateforme internationale de distribution grand public, métier dans lequel elle est très efficace en terme de services et non pas de conseils littéraires.
Les libraires indépendants apportent encore aujourd'hui cette vraie valeur ajoutée que représente le conseil. Et à cette enseigne, je suis assez d'accord avec l'article de mBS, Amazon n'est en effet pas le parasite "bouc émissaire" qui ruine les librairies indépendantes.
La mise en danger desdites librairies relève aujourd'hui bien plus des stratégie et logistique extrêmement pesantes des distributeurs traditionnels qui régulent, eux en quasi-monopole, la distribution et le stockage entre éditeurs et libraires. Une lourdeur à la française, à laquelle s'ajoute une pesanteur fiscale et sociale qui n'arrange rien.
En démocratisant l'accès aux livres par le biais de l'auto-édition et en offrant un outil comme KDP à tous ceux désireux d'être publiés, Amazon a fait péter un double verrou.
Celui de l'hyper-sélectivité des éditeurs traditionnels, (égratignant au passage un certain lobby). Mais aussi celui de la dépendance à des circuits de distribution fastidieux et souvent fermés à l'auteur lambda.
La mise en place de cette stratégie a pris de vitesse tous les acteurs traditionnels de la chaîne du livre, en particulier en France, pays où les agents littéraires sont presque inexistants, et où la réactivité n'est pas toujours le maître mot.
Je ne sais pas si, comme le mentionne l'article, le nombre de gros lecteurs diminue ou non. Même si, nouvelles générations obligent, je suis tenté de croire que le tempo imposé par une vie moderne et hyper-connectée modifie peu à peu les habitudes et les façons de lire, peut-être aussi certaines attentes d'un lectorat en pleine mutation.
Quant au "prêt-à-penser" pour tous, nos médias s'en chargent déjà.
Je pense, enfin j'espère, qu'il y aura toujours assez de gens lucides pour offrir une alternative intellectuelle à la "fabrique de crétins".
Pour terminer mon propos, je pense que les libraires indépendants ne sont pas programmés pour mourir. Par contre, s'ils ne veulent pas devenir victimes de l'omniprésence d'Amazon... va falloir que l'Etat leur facilite la tâche, mais que eux aussi se montrent moins sectaires vis-à-vis d'une auto-édition qui saura s'imposer certaines règles.

Publié le 06 Mai 2019

Vous semblez ignorer les sites de téléchargement d’œuvres tombées dans le domaine public et surtout, ce qui me hérisse, les téléchargements totalement illégaux d’œuvres très récentes.Vous voulez lire le dernier Musso, pour ne citer que lui, et hop vous le trouvez. Je ne sais par quel procédé, mais c'est un fait que je constate sur certains groupes dédiés à la lecture. Mais ceci ne paraît pas déranger outre mesure les auteurs, après discussion avec l'un d'entre eux. C'est un tout autre débat qui n'a rien à voir avec le thème du jour. A mon avis Amazon n'est pas le seul montre qui nous tue. Cordialement. Fanny

Publié le 06 Mai 2019

@Catarina Viti
Vous avez raison. Les livres sont partout. Même aux arrêts de bus ou on les laisse en dépôt. Les vrais nouveaux modèles viendront d'ailleurs, de nouvelles Start-up, d'idées créatives ; d'autant plus qu'Amazon est déjà légalement bien freiné dans ses élans monopolistiques.

Publié le 06 Mai 2019

Je note systématiquement un grand absent de toutes les études sur le livre, sa diffusion, le chiffre d'affaire du marché.
Cet absent est le vide grenier.
Observation ridicule ? Il suffit de se promener dans un vide grenier pour découvrir le nombre inouï de livres échangés, vendus, achetés. Et pas que de vieux titres, loin de là ! Le vide grenier est certainement le plus gros libraire français.
Dans une société en recherche de nouveau paradigme il est fréquent d'assister à l'écartèlement du modèle : à une des extrémités le géant, le centralisateur, à l'opposé, le petit, l'insignifiant, celui qui, généralement, fait évoluer le système.

Publié le 06 Mai 2019