Conseil
03 fév 2019

Tribune – À quoi servent les tribunes ?

Longtemps je me suis demandé si les auteurs et les lecteurs de mBS attendaient autre chose des Tribunes que des textes qui se cantonnent à la littérature. Pourquoi j’écris ? Qu’est-ce que l’imagination ? La faute d’orthographe, c’est grave docteur ? Comment doit-on répondre à un commentaire ? Quel est l’avenir de l’écrit ? de la parole !!!! Faut-il lire pour savoir écrire ? Si vous emportiez un seul livre sur une île déserte ou s’il ne fallait en sauver qu’un, quel serait-il ? etc. Durant les mois et années précédentes, il y eut d’autres sujets que nous aurions pu évoquer.
Et oui... A quoi servent-elles quand elles sont vides ?Et oui... A quoi servent-elles quand elles sont vides ?

Je me suis tâté à écrire des tribunes dessus et puis, parce que je n’ai pas foi en l’âme humaine, je me suis abstenu. J’ai dit, autour de moi, qu’il y a parfois plus de coups à recevoir à écrire une tribune que de bonheur à l’écrire. Des attaques d’autres auteurs qui ne comprennent pas… le mépris d’autres qui vous donnent la leçon ou encore le mépris par le silence… car au fond ! compte tenu du nombre de passages de lecteurs, les intervenants sont peu nombreux ! 

Mais mon propos était de me demander s’il était utile d’ouvrir un peu la voix/voie à d’autres genres de tribunes, comme il y en a sur des blogs et des revues littéraires. 

Si l’on considère mBS comme un site intellectuel, culturel et littéraire, vivant dans son époque, je trouve que les auteurs de mBS — je me mets dans le lot — ont été bien silencieux sur les affaires suivantes :

Agression antisémite d’Alain Finkielkraut par un gilet jaune barbu.

Affaire Yann Moix : la littérature doit-elle tout dire, peut-on se cacher derrière le mot « roman », doit-on laver son linge sale familial en public, le livre est-il thérapie ou tribunal public… ? Est-ce qu’il faut associer le livre de Yann Moix à ses dessins antisémites ou au contraire les dissocier : dissocier l’homme de son œuvre ?

Affaire Polanski : l’agression sexuelle par un immense artiste est-elle plus acceptable ou pardonnable que par un petit malfrat sans talent ? Faut-il faire des procès médiatiques ? Ici encore, faut-il dissocier l’homme de son œuvre ?

Affaire Matzneff : sommes-nous sous l’influence des réseaux sociaux ? La pédophilie, il y a encore peu (souvent soutenue par des intellectuels), pourvu qu’elle soit exercée par l’écrivain, par l’artiste, était juste une façon de dire merde à la société puritaine, juste un « art de vivre » que l’on regardait avec simple amusement. N’est-ce pas là la limite de sociétés libertaires ?

Résumée au prêtre pédophile qui endossait à lui seul toute la pédophilie en France alors que la pédophilie est souvent l’œuvre du papa, du tonton, du moniteur de sport ou de colonie de vacances, de l’instituteur, des parents qui offrent des filles prépubères (9-12 ans) à marier… et de l’artiste rebelle intouchable, cette pédophilie comme d’autres choses nous éclate à la gueule via les réseaux sociaux, caisse de résonnance, qui oblige la presse écrite et TV a emboîter le pas.

Pourtant, je l’avais vu cette émission avec Pivot face à Matzneff qui étalait au grand jour son amour des très jeunes filles. Peu s’en offusquèrent.

Si l’on remonte les autres sujets : l’antisémitisme se sent, se ressent ! on pourrait presque le toucher tellement il est palpable. Mais on ferme les yeux dessus, ça n’alerte pas grand monde. On entend les cris, mais personne n’intervient.

Mon propos est donc le suivant : sur tous ces sujets d’antisémitisme, d’islamisation, de territoires perdus, d’enfance battue, de pédophilie, de black-blocs, etc., oui il y a bien des voix qui s’élèvent (puisqu’on en parle aux JT), mais j’ai comme l’impression qu’elles ne sont pas entendues. La différence entre écouter et entendre !

Et ici, sur mBS, alors qu’il y a des milliers de lecteurs et des centaines d’auteurs, pas une tribune politique ou sociétale. Dans les tribunes (je mets de côté les ouvrages eux-mêmes), on est presque hors-sol, hors temporalité, hors époque, hors avis, hors engagement. Comment se dire « écrivain » si l’on ne s’engage pas un peu ?

Question toute bête : est-ce que ce site est aussi un lieu d’idées, de pensées ou bien allons-nous nous entendre dire « n’ouvrons pas la boîte de Pandore » ? En somme, gardons-nous d’aborder les sujets qui fâchent, ainsi on ne risquera pas grand-chose ! Mieux vaut écrire quelques petites tribunes qui ne font de mal à personne sur la syntaxe, l’inspiration ou autre sujet léger.

Ma position, partagée autour de moi, est que les tribunes doivent être aussi des marqueurs de temps : il faut parler, hors ouvrages eux-mêmes, de tous ces sujets… mais ce n’est que ma position et celle de quelques personnes qui m’encouragent à envoyer ce texte, disons… « polémique ? »

 

Philippe De Vos

Bonjour, à peine je prends bien connaissance des différentes tribunes que la proposition de KROUSSAR attire mon attention. Quoi de plus poignant et captivant que cette inspiration pour des thèmes novateurs et qui sans la plume seraient aux oubliettes? Oser, c'est faire différement. Coordialement vôtre PRINCE du #00237#

Publié le 10 Août 2020

@De Vos Philippe, Je partage votre analyse, les membres de MBS maîtrisent mieux les idées et les mots que sur d'autres plates-forme. Mais certains sont d'une telle susceptibilité qu'un seul mot de travers, et la polémique fait rage. Par contre, nous pourrions effectivement élargir le spectre des échanges, aborder des sujets plus d'actualité. C'est une excellente idée à concrétiser. Au risque qu'elle passe aux oubliettes, mais qui ne tente rien n'a rien. Cordialement Jean-Claude.

Publié le 08 Février 2020

@De Vos Philippe,

Bonjour Philippe, je découvre cette tribune qui m'avait échappé. Échappé ou bien était-elle inaccessible !?
Bref, vous avez raison, nous pourrions discuter sur de nombreux sujets. Le risque que je perçois, c'est que les débats d'idées sont vite sclérosés, car si l'on tente la moindre analyse critique, si l'on n'est pas dans le sens du courant de quelques personnes, cela n'aboutit à rien, ou si peut. Mais bon, ceci est vrai sur toutes les plates-formes, et réseaux sociaux. Cordialement Jean-Claude

Publié le 08 Février 2020

Merci Philippe pour cette tribune, qui exprime d'une façon claire un certain nombre de choses que je ressens ou que je découvre au fur et à mesure de mes publications sur mBS.
Par exemple le fait d'être dérouté par certains commentaires... ou par leur absence.
Je pense que ce sont justement les commentaires sur une œuvre qu'on a jeté en pâture sur le site qui font la richesse de ce site.
Car ils permettent à un auteur en herbe -même si cette herbe pousse un peu tard dans la vie de l'auteur, et qu'elle est un peu folle- de se frotter à des opinions, des logiques et des sensibilités différentes, et de découvrir de nouveaux mondes intérieurs.
Et de lire des textes souvent passionnants qu'il doit commenter (et pas seulement applaudir ou noter), afin d'ouvrir un dialogue presque toujours constructif avec d'autres auteurs.
Ce qui donne l'opportunité de faire des rencontres extraordinaires, voire de lier des amitiés, au lieu de rester enfermé dans sa petite bulle perso et ses problèmes quotidiens (et d'y étouffer).
Merci à toutes celles et tous ceux qui ont commenté mes textes et invité à lire leurs œuvres. Notamment @fernand fallou , @lamish , @FANNY DUMOND , et tant d'autres qui m'ont énormément apporté, et pas seulement le plaisir de lire.

Publié le 07 Février 2020

@De Vos Philippe
Certes j'ai été excessive lors de mon intervention de comparer mBS aux réseaux sociaux, mais lorsque quelque chose me chiffonne et m'interpelle comme de constater que votre tribune, qui avait pour mission d'élargir les débats sur la place de l'écrivain dans notre société, est publiée sous le manteau (mise aux oubliettes des archives), je me mobilise sans filtre, dans l'instant présent. Je trouve dommage et interpelant qu'elle ne soit pas visible par tout un chacun - auteurs et lecteurs - qui, nous en sommes certains, sont en demande de tribunes plus sociétales, qui ne tournent pas toujours autour des mêmes thèmes aussi intéressants soient-ils. J'ai voulu, surtout, pointer du doigt le fait que seuls les membres abonnés aux newsletters et les plus curieux d'entre eux ouvriront le lien qui mène à votre tribune. Ma question, mes questions restent toujours les mêmes : pourquoi ??? Et combien de commentaires aurez-vous ????? sachant qu'ils ne sont guère nombreux sur les tribunes mises en avant. Bien cordialement. Patricia...

Publié le 06 Février 2020

bonjour @De Vos Philippe.Effectivement, à quoi servent les tribunes ? Je suis plus qu'interrogative sur cette pratique, voulant ménager la chèvre et le chou, d'avoir placé votre tribune (à laquelle je me suis associée) dans la rubrique "conseils et ateliers d'écriture" ??? Je ne vois pas du tout le rapport avec la choucroute. Par surcroit, pourquoi cette tribune a-t-elle été publiée EN CATIMINI par le biais de la dernière newsletter ? Il m'a fallu fouiller toutes les rubriques du site pour la dénicher. On vous a écouté Philippe, vous l’Écrivain, mais on NE VEUT PAS vous entendre sur cette plateforme que se dit littéraire où l'on ne lit que des tribunes ou interventions stériles qui me font une belle jambe de savoir pourquoi untel écrit, d'où viennent son inspiration, son imagination (propres à chaque auteur soit dit en passant), et tant d'autres interventions qui tournent en rond comme sur les réseaux sociaux et qui ne suscitent aucun débat intellectuel dans toute l'acception du terme. A l'instar de la trilogie sur la SF, où certains s'écharpent allégrement, seriez-vous en avance sur votre temps ? Même pas, car les tribunes devraient être des marqueurs de notre temps et c'est tellement vrai qu'il y a tant d'autres sujets à évoquer. En tout cas, je vous remercie beaucoup d'avoir osé l'écrire aux risques de prendre des coups et dans votre crainte qu'elle soit mise au rebut (je dirais que c'est tout comme et c'est ce qui me chagrine et m'interpelle énormément !). En outre, je sais que vous n'avez pas eu autant de bonheur à la rédiger que lorsque votre plume vous entraîne dans vos textes que je suis toujours autant ravie et impatiente de lire. Le combat est rude, nos maîtres avant nous le savaient et nous ne les remercieront jamais assez d'avoir osé dire et écrire, parfois au péril de leur liberté et de leur vie. Bien cordialement. Fanny

Publié le 06 Février 2020
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