Actualité
Du 08 fév 2021
au 08 fév 2021

Sois érotique (virgule) qu’elle dit (trois points de suspension)

À la question que vous ne m’avez pas posée, je vais répondre ainsi : La ponctuation, je m’en suis battu les flancs l’essentiel de mon existence. Même quand j’ai décidé de me mettre à écrire pour de bon… C’est dire !
Les 49 manières d'utiliser la virguleLes 49 manières d'utiliser la virgule

La ponctuation n’a rien à voir avec ce qu’on a essayé de m’enseigner dans un premier temps et expliqué ensuite.

La ponctuation, c’était des p’tits bouts de truc, des brisures de lettres qu’on m’avait recommandé de coller ici et là, en vertu de règles dont il ne me restait, mais alors, pas l’ombre du plus petit souvenir.

Et puis, pages écrivant, hou-là… l’affaire s’est corsée. Fichtrement, même.

Pendant quelques mois (années ?), je me suis bigornée non seulement avec des fucking virgules, mais également avec ceusses qui me disaient où je pouvais me les mettre, et, la vache, qui avaient raison en plus.

Des jactances jusqu’à plus soif. Sur la virgule, certes, la petite sagouine, jamais là où il faut, et toujours à sauter d’un mot à l’autre. Mais que dire, diantre, du point-virgule son cousin germain capable de vous ruiner la façade s’il arrive au mauvais moment.

Avec le point, ça va. Cool, le point. Une fois qu’on n’a plus rien à dire.

Enfin, trèfle, je ne vais tout de même pas les passer en revue.

Après bien des mois de misère, un beau matin (ou par une belle soirée de printemps, je ne sais plus), enfin, tel Bouddha sous son figuier, la foudre de la révélation m’a sortie de la torpeur plumitive. Alléluia !

Illumination !

La ponctuation n’a rien à voir avec ce qu’on a essayé de m’enseigner dans un premier temps et expliqué ensuite.

La ponctuation est de tous les actes d’écrire le plus érotique.

Une virgule au bon endroit, ou la privation de cette même virgule, à condition que la phrase y consente, n’est rien d’autre qu’une caresse précise. Le point-virgule, un instant de suspension pour freiner l’arrivée du plaisir. Les deux points : cette chemise qu’on entrouvre. Les trois points : une invitation à imaginer le reste de la caresse… Et il en va ainsi des parenthèses, des guillemets et du point (temps de reprendre souffle afin que l’étreinte puisse s’éterniser).

Rien à faire : une ponctuation incertaine est un texte mal aimé. Une ponctuation maladroite, une infinie frustration. Et que dire de la phrase trop courte qui transforme le plaisir en coït lagomorphe ? Et de celle si longue qu’elle fait bailler d’ennui…

La ponctuation est là pour révéler la phrase, faire vibrer ses mots. Ce n’est pas un outil de précision, mais un organe du plaisir.

Le texte né de la fusion du vocabulaire avec la syntaxe, et de ces caresses qui doivent, selon les moments, être furtives ou passionnées, mais toujours respectueuses, attentionnées, empressées.

Une phrase mal fichue ne se laisse pas ponctuer. Elle se refuse. Une ponctuation trop académique peut anéantir toute forme de désir chez la phrase. Il lui faut de la fantaisie, mais pas trop. De l’audace, un peu. La phrase aime être aimée avant toute autre considération.

Ahhhhh……. La ponctuation... Chéri-e-

pass’-moi l’ beurr’ de Normandie !

 

Selon Catarina, autrice d’une thèse mondialement reconnue sur « l’influence du coït lagomorphe dans la littérature occidentale », la ponctuation serait donc à notre système d’écriture ce que le Kamasutra est aux éjaculateurs précoces : un ensemble de règles qui, mal employées, transformeraient toute création littéraire en frustration, voire même en débandade…

Pour ma part, apprenti paraphraseur soucieux de n’alimenter aucune glose scabreuse sur l’érotisme grammatical, à l’instar de Fontenelle, je dirais plutôt que « la ponctuation mène à tout, à condition d’en sortir… par la grande porte, œuf corse »… pouët-pouët Camion !

Cela dit, une chose est certaine. Qu’elle soit lascive ou rébarbative, la ponctuation reste le godemiché le plus masturbatoire de l’écriture ! Le truc qui ne met et ne mettra jamais personne d’accord… Un peu comme le confinement vis-à-vis du Coronavirus et de ses variants… Ben ouais ! à midi, y fait jour. Et alors ?!...

Plus sérieusement, ou presque… La ponctuation n’est-elle pas avant tout un solvant sémantique destiné à rendre les récits plus fluides ou plus toniques ?... Alors, à chaque auteur sa recette. Mais à chaque lecteur sa manière d’apprécier ou non la partition servie… Une ponctuation sans objection, ça n’existe de toute façon pas. Et par ailleurs, des textes figés par le rigorisme d’une ponctuation intolérante, il en existe beaucoup… Respectable ! Admirable ! Certes… mais souvent trop chiant à lire. Isn’t it ?...  

 

Catarina Viti revue et corrigée par Hubert Létiers
Hubert Létiers revu et corrigé par Catarina Viti

 

 

64 CommentairesAjouter un commentaire

Ah... Borris, Borris ( @Boris Phillips ), vaut-il mieux être un écrivain réactionnaire ou un écrivain décadent ascendant crypto-stalinien ? De nos jours, je crois qu'il vaut mieux être un essemessiste en gros... Que sont nos grands écrivains devenus, Tolstoï, ce bon vieux Fiodor, mais aussi ce cher Sergueï Dovlatov dont nous sommes sans nouvelles... Je bois aussi à votre santé, camarade-ami (au fait, vous êtes Russe ? ). Cordialement et également avec humour. Saint Humour prie pour nous. Nous en avons grand besoin.

Publié le 22 Février 2021

Je tiens à vous remercier, @Catarina Viti, de vous être inquiétée à propos de mon absence temporaire.
Un simple coup d’œil sur le lien "Retrouver mon actualité" vous montrera que j'étais quelque peu occupé sur les rives de la Vistule... non pour y "chasser la polonaise à courre", ainsi que certaines mauvaises langues ont pu le prétendre ; mais afin d’exercer la fonction, moquée par les mêmes, de "conseiller littéraire".
Toutefois et puisque je ressens un plaisir non dissimulé à être qualifié "d'écrivain réactionnaire", je me permets de trouver votre épithète "camarade" un tant soit peu osée... je ne vous en tiens pas rigueur et "Я поднимаю бокал за твое здоровье".
Cordialement et avec humour.
Борис Филлипс.

Publié le 22 Février 2021

Vous avez raison @Boris Phillips, les règles de la ponctuation sont emplies de chausse-trappes. Entre virgules incongrues, points agressifs et le « en même temps » du point virgule, tout est difficulté . Et pourtant, sans tout cela, la phrase serait bancale, la mélodie dissonante. Merci Bisous Merci à tous et surtout pour celui ou celle qui se risquera à présenter une tribune sur la concordance des temps.

Publié le 21 Février 2021

Привет товарищ борис ! Camarade @Boris Phillips, bonjour ! Vous nous manquiez ! Ou zé donc que vous zétiez ? Il n'y a pas de spécialistes ici, ils ont tous été fusillés. Il ne reste que des camarades qui veulent faire de leur mieux dans la bonne humeur. Et vive l'Internationale!

Publié le 19 Février 2021

@Catarina Viti, @Hubert LETIERS, @lamish, @Parthemise33, @Michel CANAL, @Jean Benjamin Jouteur... ainsi que toutes celles et ceux qui participèrent, de près comme de loin, à cette "actualité".
Je débarque, chaussé de mes gros sabots et tardivement, afin de donner un avis - que d'ailleurs personne n'avait demandé - quant à la ponctuation. Peut-on penser que je me mêle de ce qui ne me regarde pas ?
Toujours est-il que l'art d'employer les signes marquant les divisions d'un texte est ardu.
La façon dont, nous auteurs, l'employons au quotidien n'a pas grand chose à voir avec les "dictées" qui nous furent laborieusement ânonnées aux lointains temps de l'école primaire !
En faire un exercice "érotique" est un pas que je ne vais pas franchir... quoi que ; caresser la phrase, pénétrer la saveur de chaque ensemble de vocables en soulignant et accentuant leur côté émotionnel, relève d'une évidente sensualité.
Je n'ai pas la prétention de me poser en maître en la matière, loin de là !
Merci de cet article qui ne peut que nous pousser au delà de nos habituelles potentialités d'écriture.
Cordialement et avec humour.
Philippe.

Publié le 19 Février 2021

@ Christian Vial

Pour clore en beauté cet entretien par claviers interposés, je vous propose ce court paragraphe de Victor Hugo, que je cite d’ailleurs dans mon essai sur le théâtre interactif « Des maux en actes ».

« Le théâtre n'est pas le pays du réel : il y a des arbres de carton, des palais de toile, un ciel de haillons, des diamants de verre, de l'or de clinquant, du fard sur la pêche, du rouge sur la joue, un soleil qui sort de dessous terre. C'est le pays du vrai : il y a des coeurs humains dans les coulisses, des cœurs humains dans la salle, des cœurs humains sr la scène. »

A mes yeux, il résume parfaitement la difficulté de définir ce qu’est le théâtre. Mais ce mot de Jouvet est pas mal non plus :

“Le théâtre est une de ces ruches où l'on transforme le miel du visible pour en faire de l'invisible.”

Bonne continuation à vous ! JBJ

Publié le 18 Février 2021

J'apprécie beaucoup la tournure prise par cette tribune. Dans mon esprit, on n'est pas ici pour avoir raison, mais pour chercher ensemble, s'inspirer, se redonner du souffle. Honnêtement, je vous le dis, le reste m'emmerde.
J'aime la rencontre de Vial et Jouteur (par exemple), le petit feu d'artifice qu'elle a provoqué.
Cher @Youssouf Marius Abdoulaye, par le biais d'une autre belle rencontre avec une autrice inspirée, je me retrouve entraînée vers la ponctuation telle qu'on la pratiquait au 18e siècle... Eh bien, vous auriez pu répondre à votre examinateur (en vous inspirant de Monthy Python "Saint Graal" // question sur la vitesse de vol des hirondelles): "La ponctuation, monsieur, vous voulez dire selon l'usage du 21e ou du 18e siècle ?" Je pense que vous l'auriez impressionné.
Tiens, @Jean Benjamin Jouteur, je pense que cela pourrait vous intéresser : "Sur la ponctuation au 18e siècle" -Annette Lorenceau. Que de surprises ! (Goldoni n'est pas loin).

Publié le 17 Février 2021

Plaisante et amusante cette tribune! "Pourquoi dit-on que la ponctuation est la respiration de la phrase"? Question a 5 points, posée par mon enseignant lors d'un examen à l'université (un petit cadeau, certainement). Et parfois ça fait si mal à l'étudiant de se voir griffonner des bics rouges sur sa copie...ajoutant et retirant tel signe: "ça n'a pas de sens"!
Oui, il y a parfois trop de confusion, surtout pour des débutants. J'ai préféré laisser des lignes sans ^ponctuation, pour qu'une professionnelle (que je salue au passage) puisse me les remplir, c'était plus sûr. Etudiant, je peux le dire, la ponctuation nous coûte beaucoup, peut-être même beaucoup trop.

Publié le 17 Février 2021

@Jean Benjamin Jouteur

C’est étrange la vie, je me suis toujours posé quantité de questions, en tout ; la mort m’obsède depuis l’enfance…
Le hasard ! je suis persuadé qu’il n’existe pas ou alors, il s’appelle autrement.
Le dernier « coin » qui me conforte dans cette idée, je n’avais aucune raison de lire Louis Jouvet, rien ne m’y prédestinait. Et je « tombe » sur le « Comédien désincarné » en pleine écriture d'un roman qui raconte la vie d’une femme (une fille de forains, un milieu que je connais très bien j'y ai vévu une partie de ma vie en alternance) depuis son adolescence en 1962, jusqu’à nos jours où elle termine sa vie, star mondiale de cinéma grâce à Cinecitta (que je ne connais pas du tout)… Inutile de préciser que le « Comédien désincarné » est tombé, pile-poil ! Le nom de Louis Jouvet sera dans le roman, oui le metteur en scène c'est moi ! :)
… Hou là, là ! De nouveau à mille lieues de la ponctuation… Courage et bonne chance à vous dans cette abominable période où des… bref… Vous interdisent d’être essentiel…

Tiré du « Comédien désincarné » ( Beaucoup plus qu'un livre sur le théâtre, il y a dedans la vie, nos vies, les âmes, il y a tout) :

« Et les auteurs, pourquoi écrivent-ils ? Ce déchaînement, ces tendresses, ces aveux ? À quoi cela leur sert-il ?… Quel étrange goût d’inventer, de provoquer ? de compliquer encore et d’amplifier.

C’est même goût, même besoin ; nécessité d’exister, de vivre réellement mieux que dans la vie courante, dans une réalité plus haute.

C’est la vocation dramatique commune à tous les hommes, instinct qui les pousse à « dramatiser », se dramatiser eux-mêmes, et dramatiser ce qui les entoure dont ils n’arrivent jamais à atteindre le sens, à « partager » – gêne de communication et de participation et goût aussi de s’expliquer à soi-même et aux autres, et de se comprendre et tout simplement de comprendre pourquoi on aime, on souffre, pourquoi on vit et on meurt dans l’éternel et le sempiternel inexplicable de notre vie. Une façon de vouloir remonter aux causes, de les susciter, de les découvrir, et de donner un aspect ou un visage à ce qu’on appelle le destin. »

Publié le 16 Février 2021

@Christian Vial

Oui, M. Jouvet, un grand homme du théâtre français, pour ne pas dire l’un des plus grands !

"Témoignages sur le théâtre » est une sorte de bible pour le prof que je suis, bible dans laquelle j'emprunte quelques phrases du Maître pour les confier à mes élèves. L’une de mes préférées :

« Mais disons tout de suite que la pensée n'est pas nécessaire au théâtre et qu'elle lui est contraire. J'appelle pensée ce cheminement logique, ces raisonnements qui recouvrent la sensibilité des faits ou des choses au profit de théories ou d'idées, et éteignent ce dont le comédien a besoin: la spontanéité, la vivacité. (Introduction ou le comédien parle page 12)

Publié le 16 Février 2021

Bonsoir, @Jean Benjamin Jouteur, vos commentaires m’y incitent, alors que je ne pensais pas prendre part à cette discussion autour de la ponctuation, cela fait plus que me dépasser. Non, l’envie de rebondir sur vos commentaires m’a été donnée par… Louis Jouvet. J’ai 63 piges, je connaissais le Comédien et l’Acteur par ses pièces, ses films… Quand tout récemment j’ai découvert, l’ÉCRIVAIN. J’ai lu, non j’ai dévoré : « Le comédien désincarné » ! Ensuite, je me suis jeté sur le livre de Leo Lapara : « Dix ans avec Jouvet ».
En ce moment même, je dévore « Témoignages sur le théâtre ». Cet homme devait être le « diable », il m’a ensorcelé… J’en ai même lu les pièces de Molière qu’ils citent… De ses écrits sur le théâtre je puise quantité de choses pour écrire, enfin essayer d’écrire… Voilà, cela n’a pas grand-chose à voir avec le sujet de la ponctuation, mais j’ai a eu envie de vous écrire ces quelques mots. Bonne continuation.

Publié le 15 Février 2021

@Jean Benjamin Jouteur
Je vous rejoins complètement sur ce que vous dites du silence. Au reste, ayant quelque peu pratiqué, dans une autre vie, l'art dramatique, je sais combien, sur scène (comme dans la musique), le silence peut-être une force inouïe. Mais c'est une autre histoire, foutredieu !...

Publié le 15 Février 2021

@suzie fang

Sans rancune aucune, bien sûr, nous causons, chère Dame et Il ne me viendrait pas à l’idée de vous lancer à la figure ce pauvre Vinaver qui, à 90 ans passés, aurait sans doute du mal à tenir le choc.

Cela dit, une pause est bien plus qu’une simple ponctuation. C’est un silence interprété, une respiration dans le texte. Le grand travail du comédien débutant consiste justement à « oublier » la ponctuation du texte écrit afin d’apprendre l’outil silence conjugué à cette respiration qui, donnant vie au texte, influe sur les émotions et les sensations.

Enchanté de cet échange, Morbleu !

Publié le 15 Février 2021

@Jean Benjamin Jouteur
Ne vous fâchez donc pas... Je crois qu'il s'agit d'un simple malentendu : la virgule dans le langage écrit n'a pas nécessairement la même fonction que la pause dans le langage oral... Et ne me jetez pas Vinaver à la figure, parce que je me fous comme de ma première brassière de ce que lui ou un autre a bien pu dire (même grand homme de théâtre ou autre, on peut dire des conneries, car qu'est-ce donc qu'une pause, sinon une ponctuation ?)... Sans rancune, n'est-ce pas ?

Publié le 15 Février 2021

@Kroussar
Si par le biais de mon modeste commentaire, le théâtre a gagné un lecteur tel que vous, je me déclare amplement satisfait. Amicalement. JB

Publié le 15 Février 2021

@suzie fang

La phrase : « lorsque nous parlons, nous ne ponctuons pas » n’est pas de moi, mais de Michel Vinaver, un grand homme de théâtre qui doit savoir de quoi il parle :

- Nomination au Molière de l’auteur, Prix théâtre de la SACD , grand prix du théâtre de l’Académie française, nomination au Molière de l’auteur francophone vivant, grand prix de littérature dramatique, nomination au Molière de l’auteur francophone vivant.

C’est un sacré palmarès qui rendrait la vue à plus d’un aveugle surtout quand ce dernier se couvre lui-même les yeux de ses mains sur son avatar.

Je parlais donc de la ponctuation au théâtre, de la façon de l’utiliser pour un comédien… Un thème que je connais bien également puisque j’enseigne cette discipline dans une école diplômante. En aucun cas, je ne soulevais le thème de la ponctuation dans la littérature.

Un bon truc afin d’éviter cette nescience qui semble tant vous effrayer et accessoirement créer des polémiques qui n’ont guère lieu d’être, lire les commentaires bien à fond et surtout, virgule, tenter de comprendre objectivement les thèmes qu’ils abordent.

Quant au terme « ayatollah » en plus du titre honorifique donné aux chefs religieux de l'islam, virgule, c’est aussi une personne qui use de manière arbitraire et tyrannique des pouvoirs étendus dont elle dispose. L’abus et l’étalement de sa culture peuvent être deux de ces pouvoirs, virgule, à mon sens.

Publié le 15 Février 2021

@Jean Benjamin Jouteur
/n
Derrière le masque, se cache un grand cœur ! Merci JBJ pour cette précision. Une précision très utile, qui nous permettra de mieux juger les récits publiés sous le genre théâtre. Parfois, je me demandais si les phrases à la syntaxe atypique ne cachaient pas quelque chose. Eh ben si ! Il est probable qu'elles cachent la mise en scène et les attitudes des comédiens ; la gestuelle, les regards, l'hésitation... Je vais jeter un œil sur la quarantaine de récits du genre, déjà publiés sous MBS. Amicalement Jean-Claude dit Kroussar.

Publié le 15 Février 2021

@Jean Benjamin Jouteur
Je repasse, because ça me hérisse grave : "cette fameuse syntaxe dont le comédien n’a que faire", "lorsque nous parlons, nous ne ponctuons que très rarement". Comme dirait l'autre, il vaut mieux lire ça que d'être aveugle...

Publié le 15 Février 2021

@Jean Benjamin Jouteur
Je trouve quand même curieux qu'on traite d' "ayatollah " (vous n'êtes pas le premier) qui s'attache à considérer ponctuation et syntaxe (quitte à en jouer, mais cela présuppose qu'on les connaisse) comme faisant intrinsèquement partie de la langue (qu'elle soit écrite ou orale) - je rougis d'énoncer pareil truisme. Maintenant, je reconnais à quiconque le droit de se rendre illisible, mais ce qui me dérange dans tout cela, ce n'est pas tant l'irrespect des règles essentielles, fondamentales de cette langue que l'ignorance que cela révèle. Or, comme dit Bernard-Simon de Traversole, l'invective n'a jamais dédouané personne de sa nescience. Brèfle, cela me semble participer pleinement de la veulerie qui caractérise maintes choses en notre pauvre siècle...

Publié le 15 Février 2021

Ah, mein Lieber @Jean Benjamin Jouteur ! ah... il faudrait qu'on fasse des bébés ensemble, et on ne les noierait pas tous.
Blague dans le coin, ce serait bien de fouiller ça... peut-être avez-vous déjà commencé ?

Publié le 15 Février 2021

C’est le prof de théâtre qui s’y colle. A mes élèves comédiens, je confie souvent des textes sur lesquels j’ai ôté toute ponctuation. Leur exercice consistera à placer leur propre ponctuation selon leurs intentions de jeu.

En effet, sur un plateau de théâtre, la ponctuation revêt une fonction orale et non grammaticale. Ainsi vos fameux petits signes jouissifs, Catarina, en indiquant a quel moment le comédien veut respirer son texte, prennent une valeur de pause jouée.

Les points, virgules et autres signes érotiques, tac, toc, servent le jeu et non cette fameuse syntaxe dont le comédien n’a que faire. Lorsque nous parlons, nous ne ponctuons que très rarement, n’est ce pas ? Point d’interrogation.

Pour exemple, une pause peut se situer entre le sujet et son verbe, (virgule) ou entre le verbe de son complément, (encore virgule) ce qui au niveau littéraire ferait râler n’importe quel ayatollah de la structure syntaxique toujours prêt comme on le sait à crucifier l’auteur coupable du délit de déponcutation.

Le vouloir épargner, est une raillerie (Le Tartuffe)

[…] et je vous conjure encore une fois, de ne me point apporter de raisons pour m’en dissuader. (L’Avare)

On peut également utiliser les signes de ponctuation dans le but d’appuyer un effet dramatique : «  Le scandale du monde, est ce qui fait l’offense, Et ce n’est pas pécher, que pécher en silence ».

Enfin, il peut arriver qu’un personnage retarde un court instant une fin de tirade, ceci afin de révéler une intention. « Si j’étais en sa place, un homme assurément ne m’épouserait pas de force, impunément ».

Comme vous le voyez, si au théâtre on ne caresse pas la langue de la même façon, on peut tout de même jouir, (vous avez vu la virgule ?) tout autant.

Merci pour cet article riche en suspensions. Point final.

Publié le 15 Février 2021

@CatarinaViti
Merci pour la mention de "Textes sans sépulture", commandé tout à l'heure.
L'entonnoir d'argent me va comme un gant. Toutefois, il a du mal à rester sur mon crâne, et je me demande si je l'ai mis dans le bon sens. Ce serait un comble : dans le bon sens !

Publié le 14 Février 2021

@Cararina Viti Merci Bisous Merci pour cette distinction qui restera un immarcescible et burlesque souvenir ;-) . Les jaloux vont jalouser, les moqueurs moquer. Peu me chaut ! Je ferai tout pour être digne de mon entonnoir d’or.

Publié le 14 Février 2021

@Parthemise33. Oh ! Ah ! Continuez donc ainsi, vous êtes sur la bonne voie... pour l'asile où nous vous attendons avec Bébert. D'ici à ce que vous rappliquiez, je vous décerne sans attendre l'entonnoir d'or. Et pourtant, Dieu nous est témoin, @Saint-Bleyras avait lancé loin le cochonnet en bois du Japon. Mais on récompense toujours en priorité l'artisse qui a mouillé sa chemise. Donc Parthémise, dite 33 : Entonnoir d'or, et Saint-Bleyras : Entonnoir d'argent.
Reste... reste... reste l'entonnoir de bronze, et là... j'hésitaçionne... j'm'd'mand' si des fois @Michel CANAL...
Bon, pour ceux qui n'ont rien gagné, il y aura un nouveau jeu bientôt.
Allez, un indice : "Touche pas au grisbi, s... !"
@LadyAutrice1800, restez branchée... il vous sera dédicacé puisque vous attendez avec impatience etc.
Et comme disait ma grand-mère "Si on ne rigole pas, personne ne le fera à notre place" (elle est morte dans son sommeil à 103 ans).

Publié le 14 Février 2021

@Catarina Viti & @Hubert Létiers
Merci Bisous Merci pour cette chronique pleine d’humour. I had a dream. Hier soir j’ai fait un rêve (ou un cauchemar). La ponctuation était une jungle hostile dans laquelle je m’égarais. Tigres inamicaux et chimères boulimiques guettaient mon premier faux pas pour se repaître de mes entrailles.
Ah ! Qui n’a pas redouté le « tut, tut, tut » réprobateur du gardien du temple, pour l’oubli d’une virgule !
À pas de loup, je marchais sur des œufs, lorsque j’écrasais un point qui traversait le sentier devant moi. Le malheureux craqua comme un colimaçon.
La virgule fronça le sourcil, les points de suspension hoquetèrent , les deux points, avec l’inconscience joyeuse de la jeunesse, continuèrent à jouer à saute mouton (aïe ! J’ai oublié le tiret qui unit les deux mots). Le Torquemada de la littérature, pointant sa crosse en point d’interrogation, prononça la sentence : « Coupable !  Comme expiation, tu recopieras en lettres gothique, vingt fois le poème de Maurice Carême sur la ponctuation.
- Je suis innocente, ai-je crié, m’insurgeant contre cette morale rigoriste et ce châtiment inique ; le point ne se trouvait pas à sa place! 
Le point d’interrogation, exécuteur des basses œuvres, s’abattit sur mon dos, comme le bâton du Brigadier sur la tête de Gnafron. Puis, menottée par des guillemets, je partis dans la prison des parenthèses, escortée par des crochets guindés.
À l’accueil, le métronome de mon enfance m’attendait : tac, tac, tac, tac. Tu as voulu ignorer l’harmonie mélodieuse d’une phrase, comme tu as méprisé le tempo musical. Tu vas expier...
Il plut alors, non pas des chiens ou des chats, voire des hallebardes, mais des bémols, dièses, bécarres, accompagnés de points virgules persifleurs. Je me réveillais alors en panique. Sans hésitation, je me jetais sur le Drillon pour une remise à niveau. Je fis une promesse : jamais plus, je n’offenserai les règles de la ponctuation.

Publié le 14 Février 2021

@catarina viti et @Hubert LETIERS Mille mercis pour ce texte plein d’humour ! J’attends avec impatience la suite de vos chroniques. La musique de la phrase et sa compréhension dépendent effectivement de la ponctuation. On imagine mal jouer une symphonie dont les tempi ne seraient pas indiqués…

@Saint-Bleyras Merci pour ce PDF inattendu et ces écrits quasi surréalistes.

Publié le 14 Février 2021

@Voyer
Avec précision, comment ne pas être d'accord avec vous. Maintenant, en ce qui concerne la générosité, je trouve que c'est très discutable. En effet, et pour ne parler que de la virgule, il n'est pas rare de rencontrer dans les parages des textes qui en font un tel abus que les phrases semblent sorties tout droit d'un hachoir pris de démence. Dans le même ordre d'idée, j'ai assez souvent remarqué - chose qui me fait littéralement enrager - des virgules qui viennent se poser entre un sujet et un verbe comme autant de vautours patibulaires, par exemple : "Le train, sifflera trois fois". Non, non, je n'invente rien, malheureusement, et maintes fois, suite à ces odieux attentats au bon sens et à la langue, j'ai sérieusement envisagé de sauter par la fenêtre. "Mais que ne l'avez-vous jamais fait !" entonnent en chœur les nombreux thuriféraires que je possède sur le site...

Publié le 14 Février 2021

@Catarina Viti « quand la ponctuation ne réussit pas à rencontrer naturellement la syntaxe, il vaut mieux mettre la phrase à la poubelle ! » Tout à fait d'accord ! La ponctuation rythme et exprime la pensée. Et comme elle donne tout son goût à la phrase (voir ma fable d'orthographe « les épices » !), je suis attentif à l'utiliser avec générosité et précision ! Je dois avouer un certain penchant pour les points de suspension, qui luttent contre le péremptoire et ouvrent tout le champ des possibles…

Publié le 13 Février 2021

@Voyer, je vais aller lire cette fable sans attendre.
L'idée de cet article m'est venue après avoir aidé un auteur à revoir entièrement son texte.
Je ne suis pas une artiste de la ponctuation (ici, à ma connaissance, seule Fong-Fang-Feng peut se prévaloir de ce titre. Ce qui n'empêche pas de nombreux auteurs d'être calés dans le domaine. Je n'appartiens même pas à cette catégorie ! Mais bon... j'y accorde une très grande importance)
Donc, j'aidais cet auteur et son texte (n'hésitons pas à le dire, calamiteux), quand il m'apparut une évidence (voir Bouddha et son figuier) : il n'y a pas de syntaxe possible sans sa ponctuation destinée, et lycée de Versailles. Il n'est même pas besoin de parler des qualités du texte (bon, pas bon, mauvais), la question n'est pas là. La ponctuation nait (est) en même temps que la syntaxe. Comme le Yin et le Yang, les deux sont indissociables. Et le texte canonique Su Wen le précise en ces termes : "Le Yin et le Yang vont ensemble : c'est la vie. Le Yin et le Yang se séparent : c'est la mort." Alors, bien sûr l'Energétique Traditionnelle Chinoise ne parlera pas à tout le monde, mais il est un fait : quand la ponctuation ne réussit pas à rencontrer naturellement la syntaxe, il vaut mieux mettre la phrase à la poubelle !
Merci d'être passé, Voyer
Alors, elle est pas belle la vie ?

Publié le 13 Février 2021

Personnellement, je n'ai pas vu la ponctuation sous son angle érotique, mais sous son aspect gustatif… ce qui peut peut-être se rejoindre, d'ailleurs ! En effet, parmi mes 75 « fables d'orthographe » j'en ai consacré une précisément à la ponctuation, tant je la trouve, moi aussi, maltraitée, voire délaissée. La fable se nomme « les épices », puisque, me semble-t-il, la ponctuation contribue énormément au goût de la phrase !

Publié le 13 Février 2021

@Kroussar
Merci, cher ami. Je finissais par croire que j'étais tombée de la Lune...

Publié le 13 Février 2021

J'aime bien l'image du Bouddha sous son figuier, c'est très représentatif de notre culture, en Asie. Et votre "que dire, diantre, du point-virgule le cousin germain de la virgule, capable de vous ruiner la façade s’il arrive au mauvais moment.
/n
Pourtant, Victor Hugo écrivait, dans la préface de Cromwell :« Une langue ne se fixe pas. L’esprit humain est toujours en marche, ou, si l’on veut, en mouvement, et les langues avec lui ».
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Deux siècles plus tard, c’est toujours aussi vrai. Notre langue évolue et tend à se simplifier : les phrases se raccourcissent et s’épurent ; les mots s’internationalisent et la grammaire, discipline impopulaire et rébarbative, subit chaque jour de nouvelles offenses. L’une des victimes de cette hyper synthétisation du langage écrit s’appelle le point-virgule. Il y a cinquante ans (oui, je sais, c'était il y a longtemps.), la première page du Monde contenait une bonne vingtaine de points-virgules. Trente ans plus tard, seulement quatre ; cette année, aucun. Ce constat ne se limite pas aux journaux français.
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Beaucoup se méfient de son utilisation. Certains disent qu’il est rarement indispensable, qu’il alourdit le texte, préférant des phrases courtes. De plus, je ne suis pas sûr que le sens de ce signe soit clair pour la majorité des lecteurs. Pourtant, utilisé dans de longues phrases, il se marie fort bien avec des propositions subordonnées ; par ailleurs, le point-virgule s’exprime avec grâce dans l’emploi de phrases juxtaposées. D’immenses écrivains en eurent l’usage : Gustave Flaubert, bien sûr ; Alfred de Musset ; Victor Hugo ; Émile Zola ou encore Léopold Sédar Senghor… Vous l’aviez remarqué : cette « super virgule » est aussi très pratique lorsqu’on énumère.
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Ainsi, @suzie fang a raison en disant ; "Il n'y a pas de bon texte mal ponctué. Ça n'existe pas.". Il ne faut pas confondre la qualité du texte en lui-même et l'histoire qu'il véhicule. Combien d'entre nous, n'ont-ils pas abandonné une lecture pour cause de mauvaise syntaxe ? Se privant d'une histoire qui aurait pu plaire ! À méditer.
Hubert nous rappelle le sketch de Michel Leeb, je vous partage le concerto del la máquina de escribir. Soyez très attentifs à la ponctuation et aux retours à la ligne... c'est très réaliste.
https://www.youtube.com/watch?v=G4nX0Xrn-wo

Publié le 13 Février 2021

@Francois BAUER
Vous avez, je crois, parfaitement raison : sacrifier (délibérément) à la mode du jour n'est jamais une bonne idée. Il n'empêche que, sauf à vouloir faire un pastiche, on est bien obligés d'utiliser la langue telle qu'elle se présente aujourd'hui, sachant que, de toute façon, ses fondations sont les mêmes que celle d'hier ou d'avant-hier. Et quand je parle de fondations, je fais en particulier référence à la grammaire, laquelle, dans ses bases, n'a jamais évolué dans des proportions extraordinaires - et c'est tant mieux, sinon la fameuse langue de Molière ne nous serait plus accessible. Or, je n'ai jamais entendu dire (mais peut-être n'ai-je pas l'ouïe assez fine) qu'elle était une langue morte.

Publié le 13 Février 2021

@Eva Verna
C'est marrant, je ne me souviens pas de vous avoir sonnée.

Publié le 13 Février 2021

Comme la mode, l'écriture d'aujourd'hui ne sera plus celle de demain. Elle a ceci de bien qu'elle traverse les siècles. Ecrire pour être à la mode des littéraires d'aujourd'hui me semble être une erreur pour un écrivain qui veut être lu demain...

Publié le 13 Février 2021

@suzie fang Eh oui, je crains que ce ne soit la première hypothèse, que vous qualifiez vous même de très vraisemblable.
@La Miss6 Je souscris à vos propos. Il y a beaucoup de domaines qui peuvent composer un talent littéraire. La ponctuation est l'une d'elle, mais elle est la résultante d'une discipline pour faciliter et orienter le lecteur, et j'espère que les lecteurs peuvent discerner par-delà son mauvais traitement le brio ou la potentialité d'un auteur. Si elle est innée tant mieux, si elle est améliorée et perfectionnée en cours de correction, c'est parfait aussi.
Certains textes l'exigent, d'autres moins.

Publié le 12 Février 2021

@Hubert LETIERS
"Et par ailleurs, des textes figés par le rigorisme d’une ponctuation intolérante, il en existe beaucoup…", écrivez-vous dans votre dernier paragraphe. Ou je suis complètement conne (ce qui est une hypothèse très vraisemblable), ou j'ai comme qui dirait l'impression qu'il va encore falloir attendre un petit poil pour obtenir mon absolution... Et je réitère : il n'y a pas de bon texte (et non histoire, mon cher monsieur) mal ponctué.

Publié le 12 Février 2021

Eh ben !... @Catarina Viti, vise un peu !... "la ponctuation" devient-elle soudainement source d'inspiration.
Sinon, et en vrac:
- n'en déplaise à @suzie fang et tous ses "clones" (ou "variants", pour faire Covid-langue), je suis assez d'accord avec @Eva Verna: à savoir qu'une bonne histoire mal ponctuée, ça se rattrape. Et ma chère suzie, je partage votre avis au moins sur un point:"Figement", ouais-ouais, c'est phonétiquement très laid. Ensuite, je n'ai pas écrit qu'une ponctuation rigoriste "figeait" un texte, mais qu'elle rendait souvent certains textes chiants à lire... C'est mon avis et je le partage. Cela dit,"rigoureux", je vous l'accorde, eut été plus judicieux, plus conventionnel... Mais dans le mot "rigoriste", j'aimais bien le coté intransigeant qu'il sous-entend... J'attends donc votre absolution séance tenante.
- @Saint-Bleyras j'ai eu un peu de mal à accrocher les wagons, surtout avec votre incipit sur les "troubles nominaux"... Le temps que @Catarina Viti m'explique de vive voix que vous étiez à l'exégèse du phrasé psychiatrique ce que Claude Lévi-Strauss était à la structure du langage... et la lumière fut ! Alors je vous gratifie d'un merci XXXL pour ces commentaires hautement didactiques.
- @Marie Berchoud... Just on word: SO HAPPY TO SEE YOU AGAIN ON mBS !... oui je sais, ça n'a aucun rapport... mais ça vient du fond du cœur.
- @Michel CANAL... Perso, la ponctuation façon Michel Leeb, en livre audio, ça devrait être sympa. Bien amicalement.

Publié le 12 Février 2021

Alexandre Vialatte, auteur que je vénère, écrivait : "La ponctuation, ce n’est pas de l’orthographe, c’est de la pensée"...

Publié le 12 Février 2021

Avis à la popoulassione : Herr Hubert von der Riviera ne vous snobe pas, il est zeulement un tantinet décalé dans ses zoraires. Il reviendra vers vous prochainement.

Publié le 12 Février 2021

Tiens, @Michel CANAL, une idée comme ça, en passant : à l'inverse de ce qui a été pratiqué par certains, comme supprimer tout signe de ponctuation, au contraire ne laisser qu'elle.
ce qui donnerait ceci :
, , , : , , .
Alors ? Qu'en dites-vouvoutes ?

Publié le 12 Février 2021

@Catarina Viti, @Hubert LETIERS, excellente idée d'avoir présenté la ponctuation — très importante pour qui écrit pour se publier — sous ces deux aspects : découverte tardive de son utilité, puis transposée de manière érotique.
Il est normal que ce sujet ait généré de nombreux commentaires, où l'humour est présent et la polémique quasi absente, ce qui est un plus à souligner. Et je partage le point de vue de @suzie fang quand elle exprime : « Car qui disait que qui ponctue mal, c'est qu'il pense mal ?  » et encore : « Il n'y a pas de bon texte mal ponctué. »
Pourquoi ? Si l'on se réfère au BLED (pas un bled des Aurès, celui de E. & O. BLED - Cours supérieur d'orthographe, publié en 1954 — une référence !), dans lequel la ponctuation fait l'objet de la 1ère leçon, que dit-il ? Sous le titre : « La ponctuation précise le sens de la phrase », son développement énonce : « La ponctuation sert à marquer, à l'aide de signes, les pauses et les inflexions de la voix dans la lecture… ».
Le pragmatique et néanmoins pointilleux que je suis avait compris, sans avoir fait d'études littéraires, que la ponctuation pouvait être, sans connaissances particulières, dictée par la lecture. Aussi simple que cela ! Rappelez-vous de cette dictée dont une virgule suggérée avait complètement modifié la compréhension par les élèves : « Les poules s'étaient enfuies, des cons leur avaient ouvert la porte... » Une bonne dictée leur aurait permis d'écrire : « Les poules s'étaient enfuies dès qu'on leur avait ouvert la porte... »
Cette remarque candide me valut un jour la "presque" moquerie d'une normalienne agrégée de lettres ; laquelle cependant, après avoir rappelé que la ponctuation obéit à des règles gravées dans le marbre, en convint.
Devenu bêta-lecteur et correcteur, la ponctuation m'a permis de me faire une opinion sur la personnalité des auteurs qui en usent de manière aléatoire ou qui l'ignorent. Dans la continuité de l'expression : « Ce qui se conçoit bien s'énonce clairement », j'en ai déduit que les uns sont négligents ou que leur esprit est torturé, que les autres la maltraitent consciemment, indisciplinés ou carrément rebelles qu'ils sont.
N'avez-vous jamais souffert, en qualité de lecteur, de phrases trop longues ? Ce sont généralement celles-là où l'on trouve une ponctuation aléatoire qui oblige à revenir en arrière pour comprendre l'articulation de la phrase, ou carrément une absence de ponctuation. J'ai maudit Marguerite Duras pour sa longue phrase qui constituait à elle seule un paragraphe de son roman à succès : L'amant.
Merci pour ce partage.

Publié le 12 Février 2021

Eh, la Marie ! Comment c'est-y qu'ça va ? T'as-t-y point les nougats dan'l'flotte ?
Ank elle est ta news ?
@Marie Berchoud
PS : l'avions trouvée. ça y est. pas de nique.

Publié le 12 Février 2021

@cartarina viti, @hubert letiers, Coucou, commère et compère, j'ai publié ici en nouvelle mon 1er chapitre, avec une fôte dans le titre à "leçons", ça fera parler qui s'ennuie ; merci à ceux et elles qui liront !

Publié le 12 Février 2021

@catarina viti_ Oh la la la Cat et le Hub ! La Cat et, le Hub. La Cat, et le Hub.
Voui, c'est pas pareil. On entrevoit une temporalité avec la respiratiion des tâches partagées, ou entrecroisées, ou post-scriptumées.
Que le dieu de la ponctuation me prenne en pitié, j'ai commis en 2014 une partie de bouquin sur ce sujet, donc je n'en parlerai point : un point pas deux.)
Tiens, m'en vais publier une nouvelle. "Géo je t'aime, leçons clandestines"
Salutations dys-tinguées

Publié le 12 Février 2021

Exact et je m'en réjouis. Au fait, pourquoi avoir oublié un e final à votre pseudo ?

Publié le 12 Février 2021

Je tiens à préciser que je n'ai rien à voir avec l'ahuri trépignant et atrabilaire qui signe La Miss6...

Publié le 11 Février 2021

Saint-Cloud, cher @Saint-Bleyras.
J'y vais.
@Saint-Bleyras : je rajoute un merci (je viens de découvrir et je suis en train de lire maintenant : Textes sans sépulture
Laurent Danon-Boileau) comme dit quelqu'un ici : Merci Bisou Merci

Publié le 11 Février 2021

@Catarina Viti
Je n'étais donc pas entièrement à côté de la plaque pour ce petit partage. J'ai trouvé l'étude des écrits dans les pages 20. Je n'ai pas exploré tout le document qui est aussi consacré à d'autres thèmes, bien sûr.

http://www.gnipl.fr/Recherche_Lacan/wp-content/uploads/CLINIQUE%20ET%20PUBLICATIONS%20ANCIENNES.pdf

Publié le 11 Février 2021

@Saint-Bleyras. ça m'intéresse bigrement vos archives. (est-il nécessaire de préciser que je ne plaisante pas ?). Si ces documents sont visibles, je veux bien savoir comment les consulter.

Publié le 11 Février 2021

@Catarina Viti
Désolé ! Ne vous inquiétez pas (!) pour votre phosphore. J'ai simplement voulu partager mon intérêt intermittent pour la lecture d'archives de psychiatrie, lecture durant laquelle je suis aujourd'hui tombé sur des pages qui abordent les observations médicales sous l'angle des écrits réalisés par les patients.
La phrase '"il met tougne où il faut" m'a, au passage, fait penser à la ponctuation. Voilà tout ! Bonne fin de journée à vous !

Publié le 11 Février 2021

@Saint-Bleyras : D4... coulé.
Serait-ce chez moi une carence en phosphore ? Je ne comprends rien du tout.
*
@La Miss6 : c'est quoi ce coup de calcaire ? Ne vous bilez surtout pas... on va vous sortir tous ces sujets, mais les uns après les autres. On n'a que deux bras (et moi, même pas, en ce moment)! Sauf la vente à millions d'exemplaires. Je vous passe mon tour. Pas ma came.

Publié le 11 Février 2021

Et après la ponctuation, on va ergoter sur la police de caractères ?
Quid de la trame, de la consistance des personnages, des expressions personnelles, porteuses d'images, de l'originalité des histoires proposées, du rythme, de la chute inattendue, mais plausible et de l'imagination tout court ?
Non, ici, c'est "ouais, il manque une virgule ici et là ", donc, vous ne savez pas écrire.
C'est pire que de juger un livre d'après sa couverture.
Bravo les connaisseurs ! Il est vrai que vous avez tous pignon sur rue et que vos œuvres se vendent à des millions d'exemplaires à travers le monde, traduites en plusieurs dizaines de langues.

Publié le 11 Février 2021

Ceci également, peut-être :

"B.– TROUBLES NOMINAUX
Les transformations du sens des mots paraissent voisines des processus d’altération étudiés
par les philologues et les linguistes dans l’évolution de la langue commune. Elles se font
comme ceux-ci par contiguïté de l’idée exprimée et aussi par contiguïté sonore ou plus
exactement parenté musicale des mots ; la fausse étymologie du type populaire résume ces
deux mécanismes : aussi la malade emploie « mièvre » dans le sens qu’a « mesquin ». Elle a
fait une famille avec les mots mairie et marier, d’où elle tire : marri et le néologisme mairir.
Le sens est encore transformé selon le mécanisme normal de l’extension et de l’abstraction,
tels les jarrets [(39) (44) (46), etc.], fréquemment évoqués, mot auquel la malade donne son
sens propre, et « par extension » celui de lutte, marche, force active.
Des mécanismes de dérivation réguliers produisent les néologismes érudir (27) (41),
enigmer, oraie [(22) (47)], formé comme roseraie, et très fréquemment employé dans le sens
d’affaire qui produit de l’or, vendredettes (37), qui désigne ce qui se rapporte à un cours
qu’elle suivait le vendredi, etc.
D’autres mots sont d’origine patoisante, locale ou familiale, voir (28), et encore les
Respans pour les Rameaux (54), le mot « nèche » pour dire méchante, et les mots « tougne »,
d’où dérivent tougnate (23) (25), tougnasse, qui sont des injures désignant toujours sa
principale ennemie, Mlle G…
Enfin noter l’usage de mots truculents : les emmitouflés (52), les encoquinés, etc…"

Ma source : http://www.gnipl.fr/Recherche_Lacan/wp-content/uploads/CLINIQUE%20ET%20PUBLICATIONS%20ANCIENNES.pdf

Publié le 11 Février 2021

A verser, peut-être, au dossier :
"Enfin celle lettre, véritable « art poétique », où la malade dépeint son style :
VI. – Paris, le 10-12-1931 :
« Ce style que j’adresse aux autorités de passage, est le style qu’il faut pour bien former
la besace de Mouléra et de son grade d’officier à gratter. »
Il est ma défense d’Ordre et de Droit.
Il soutient le bien du Droit.
Il rigoureuse la tougne la plus sotte et il se dit conforme aux droits des peintres.
Il cancre la sougne aux oraies de la splendeur, pour la piloter, en menin, dans le tougne
qui la traverse.
Il est Marne et ducat d’ « et tort vous l’avez fait ? ».
(82)Ce m’est inspiré par le grade d’Eux en l’Assemblée maudite Genève et Cie.
Je le fais rapide et biscornu.
Il est final, le plus sage, en ce qu’il met tougne où ça doit être.
Bien-être d’effet à gratter.
Marcel le Crabe.

Publié le 11 Février 2021

Merci @Yannick A. R. FRADIN, @suzie fang, @FANNY DUMOND, @lamish, @Eva Verna.
Peut-on rire de tout et même de la ponctuation (sujet éminemment tragique et parfois même dramatique) ?
C'est à chacun de décider de sa réponse. Pour Bibi, c'est fait. Bébert itou.
Nous, on's poile. Because des raisons de rigoler, on n'en a pas bézef, surtout en ce moment.
Ce qui ne nous empêche pas non plus d'envoyer du bois dans la chaudière de la locomotive écriture. De mouiller nos paletots (devenus idéals).
Miss @suzie fang -feng, fong, fing, floc, monsieur Umberto della Riviera vous répondra de sa blanche main dès qu'il sera en mesure. J'espère que vous tiendrez le coup jusque-là.

Publié le 11 Février 2021

Remise en cause de quoi ?
@Catarina Viti
@Hubert LETIERS
Il y a juste une chose qui me chagrine un tantinet. C'est lorsque vous écrivez "Et par ailleurs, des textes figés par le rigorisme d’une ponctuation intolérante, il en existe beaucoup… " Je ne pense pas qu'une ponctuation "rigoriste" (je ne comprends même pas ce que vous voulez dire) ait jamais figé quelque texte que ce soit. S'il y a figement (ça sonne bizarrement à mon oreille, pas aux vôtres ?), le mal vient assurément d'autre part.

Publié le 11 Février 2021

Les certitudes évitent toute remise en cause, c'est bien.

Publié le 11 Février 2021

Il n'y a pas de bon texte mal ponctué. Ça n'existe pas.

Publié le 11 Février 2021

Un mauvais texte bien ponctué ne vaut pas grand chose. Et c'est définitif.
Un bon texte mal ponctué, c'est réparable.

Publié le 11 Février 2021

Merci à vous pour cette contribution délirante et drôle qui ne manque pas de chien ;-).
Dommage à mes yeux que des auteurs soient tentés d'ignorer l'importance d'une bonne ponctuation ; d'autant plus que ses règles sont simples et accessibles à tous. Pour ce qui est du rythme, la lecture à voix haute est un indicateur d'excès ou de lacunes assez fiable, à condition d'avoir l'oreille, bien sûr, et de ne pas lire sa prose en anticipant. Reste l'option du synthétiseur vocal qui, s'il ne donne pas le ton, tient compte de la ponctuation...
Merci pour cette touche d'humour et bonne journée à vous deux. Amicalement, Michèle

Publié le 11 Février 2021

Allons manger les enfants !
Dans "Belle du seigneur" d'Albert Cohen, au départ j'ai été déroutée par les longs monologues d'Ariane sans aucune ponctuation. Puis, je m'y suis accoutumée. Un bel exercice pour l'esprit !
Cordialement. Fanny

Publié le 11 Février 2021

Tout à fait d'accord sur la dimension humoristico-érotique de la ponctuation... Mais cela ne va-t-il pas plus loin ? Car qui disait que qui ponctue mal, c'est qu'il pense mal ?...

Publié le 11 Février 2021

Bonjour @Catarina et @Hubert. Haha, vous m'avez bien fait rire, mais tout ce que vous dites est au demeurant fort juste. C'est la ponctuation qui donne son rythme et son souffle au récit, et quel plaisir de la choyer comme de la malmener ; pourvu qu'elle parvienne à faire passer les émotions que l'on essaie de faire ressentir !

Publié le 11 Février 2021