@SALVADOR Ricardo
Un roman comme j’en lis rarement, peu attirée que je suis par le genre, et pourtant, passée cette “porte étroite du début”, évoquée par votre premier lecteur-commentateur, passé l’effet de surprise provoqué par une gouaille qui fait fi des formules négatives, il m’a littéralement alpaguée dès le deuxième chapitre. M’aurait-il autant alpaguée dans un autre style ? Difficile à dire, car ce style colle aux nombreuses fulgurances qui persillent votre récit. De savoureuses fulgurances à la Michel Audiard… “Avec le type en habit de lumière qui faisait sa danseuse. Lumière mon cul. C’était rien qu’un boucher qui débitait du bovin avec son épée de tarlouze…/ J’en reviens pas. Elle a même pas remarqué que j’étais le petit frère de Quasimodo qui était le plus beau de nous deux…/ Les torgnoles qu’elle a reçues hier ont dû lui fêler le beffroi… / La couleur des dieux, ça varie suivant les pays…/ Aussi optimiste qu’une dinde la veille de Noël…/ La mort, ça passe vite…/ Depuis le Christ, je me méfie des clous…”/// L’épée du torero est le verdugo, au fait ;-) /// Cohérence et montage intelligent rendent votre scenario complexe très accessible. Les infos sont distillées progressivement, toujours au bon moment et à bon escient… Ça fonctionne bien avec le lecteur. De même, vous le laissez faire peu à peu connaissance avec le personnage principal, les secondaires et autres protagonistes, sans le noyer sous de longues descriptions qui respectent la chronologie. Tout cela s’imbrique parfaitement, donnant une fausse impression de facilité… Assez rare pour être salué ;-) /// Quant à l’histoire en elle-même, sur fond de violences conjugales, sujet qui me tient particulièrement à cœur, idem : vous avez su trouver le bon ton et prêter à Corrida, mu en “justicier dans la ville” d’une autre époque, des réflexions d’une rare justesse qui amènent le lecteur à légitimer son action avec facilité. /// Quelques répétitions, oublis et coquilles sinon, mais il est bien difficile de les éradiquer totalement d’un roman de plus de deux cents pages… Je connais la difficulté ;-)… /// Pour conclure, mille mercis pour ce partage auquel vous avez su donner de la profondeur, ce qui manque assez souvent, dans les autres romans du genre. Si quelques étoiles supplémentaires je pouvais ajouter, ce serait bien volontiers ! Merci encore, bonne fin de journée et bonne continuation dans l’écriture. Amicalement, Michèle
Publié le 18 Janvier 2024